Une Vélorution circulaire comme on les aime, soutenue par le collectif GCO non merci :

« Le département, aux ordres de Vinci, va fermer la D31 entre Pfettisheim et Pfulgriesheim pour deux mois à partir du mardi 2 juin, pénalisant ainsi de nombreux citoyens, cyclistes et usagers des bus inclus. En complément d’une protestation adressée à Monsieur Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, le collectif vous propose l’action suivante, pour tous celles et ceux qui peuvent se joindre à nous :

Faire des navettes à vélo entre
Pfulgriesheim et Pfettisheim (3km – 13 minutes à vélo)
et ce pendant toute la journée de mardi 2 juin 2020 de 8h à 18h.

Pour ceux qui souhaitent participer même sans vélo, on peut envisager qu’ils stationnent ou arrivent en bus, soit à Pfulgriesheim, soit à Pfettisheim et qu’ils fassent la même chose à pied. Chacun vient quand il peut / veut, pas de rassemblement ou de lieu de RDV, c’est une action qu’on pourrait qualifier de « dynamique » et « aléatoire ». Le but est bien entendu de créer un état d’intranquillité pour Vinci – et si possible garder la route ouverte, au moins pour les cyclistes – et montrer qu’il y a encore des gens qui n’acceptent pas, contrairement à beaucoup d’élus et de décideurs, que Vinci dicte sa loi.

Pas de garantie précise ce que nous pourrons faire ou pas ce jour, il faut accepter le risque que nous serons peut-être bloqués, empêchés, etc… On avisera sur place, dans le respect des mesures de prévention du covid. Mais si notre action les force à déployer un dispositif policier toute la journée pour empêcher le passage et surveiller les panneaux de signalisation de la déviation, ça montrera déjà qu’on existe encore (et à la nouvelle préfète qu’on existe tout court).

Pour la visibilité, ceux qui ont encore des bonnets, casquettes, gilets, pancartes, c’est le moment de leur faire prendre l’air. Le mot d’ordre du jour devrait faire comprendre que nous ne voulons pas d’un monde où, quand « Vinci dicte sa loi, l’état et les grands élus se couchent ». On peut broder autour de ça, on vous fait confiance pour trouver le slogan magique qui résume ce concept en 3 mots percutants. »

Après deux lettres ouvertes multi-associatives et trois réunions en visio (avec les services de la métropole, les élus de quartiers et les associations cyclistes) voici le point, 12 jours après le déconfinement, sur les aménagements cyclables et piétons proposés par la ville et l’Eurométropole de Strasbourg :

  • La grande île en zone de rencontre a été annoncée le 7 mai, pour le 11. Aucune mise en œuvre à ce jour.
  • Une bande cyclable rue de Molsheim a été annoncée et réalisée le 19 mai. Cette bande de 200m a servi de support à un point presse le 20 mai 2020.
  • Des voies de bus vont être créées et partagées avec les vélos sur certains boulevards, D’autres voies de bus existantes vont être autorisées aux vélos. Boulevard Clémenceau et rue Oberlin ( 700m), boulevard  Wilson et rue de Wissembourg (450m).
  • Une voie de circulation de 150m route de Vienne (place de l’Étoile le long du Conservatoire) va être rendue aux cyclistes et aux piétons, pour « éviter les conflits d’usage » sur cet axe très passant.
  • Avenue Jean Jaurès au Neudorf une piste cyclable sera créée à proximité des travaux en cours.

La bande cyclable rue de Molsheim, le seul aménagement en site propre créé à ce jour :

L’image contient peut-être : plein air L’image contient peut-être : plein air

Les vélos auront le droit de rouler avec les bus, comme c’est déjà le cas sur certains axes (ici Boulevards Clémenceau, Poincaré et Wilson). Si cet aménagement peut convaincre les cyclistes les plus aguerri.e.s, il n’est pas de nature à protéger suffisamment les néo-cyclistes et les pousser à franchir le pas :

Le réaménagement du carrefour de la rue de Vienne, devant la Cité de la musique et de la danse, en direction du centre-ville. Un carrefour mal conçu et générateur de conflits d’usage piétons-vélos. Chantier constaté le 28 mai 2020 :

Nous saluons la concertation qui a été proposée par la ville de Strasbourg à l’ensemble des associations mais nous déplorons qu’aucune de nos propositions n’ait été entendue et appliquée (hormis la zone de rencontre qui semblait déjà dans les tuyaux). Encore une fois, les grands axes desservant les quartiers et communes périphériques restent le terrain de jeu incontesté de la voiture.

Des aménagements décevants, pas à la hauteur des enjeux actuels qui sont d’accompagner un report modal vers le vélo. Si la longueur ne fait pas tout, avec 2,2 km d’aménagements, on est loin de la réactivité et du pragmatisme de l’urbanisme tactique largement adopté en France. Strasbourg a malheureusement confirmé le sentiment de nombreux.ses cyclistes du quotidien : si son réseau ancien la place parmi les villes françaises les plus accueillantes pour le vélo, elle ronronne et semble avoir perdu sa dynamique et son volontarisme en la matière.

L’Eurométropole a loupé une occasion unique de mettre un coup de pédale supplémentaire en faveur d’un report modal en faveur du vélo, dont elle s’est pourtant fixée comme objectif un doublement d’ici 2030.

Si d’autres aménagements cyclables sont à faire, ce sera à la prochaine équipe municipale de les mettre en œuvre.

A suivre, donc, et d’ici là : Votons vélo !

A lire sur le sujet : Articles de Rue89Strasbourg , des DNA et de 20minutes

Le  18 mai 2020, Strasbourg a annoncé l’installation, courant juin, de trois bornes de réparation vélo, ainsi que d’une pompe à vélo.

Nous saluons l’arrivée de ces équipements, attendus de longue date et déjà présents dans de nombreuses villes en France.

Nous déplorons cependant qu’il ait fallu une crise sanitaire majeure pour obtenir un début d’installation d’équipements qui étaient annoncés dans le plan Vélostras à l’horizon… 2014. Que s’est-il donc passé ces 6 dernières années pour que ce dossier simple n’avance pas ?

On n’insistera pas non plus sur le fait qu’il s’agit d’une seule pompe pour tout Strasbourg, que cette installation est présentée comme « expérimentale », et que mettre à distance outillage et pompe réduit sensiblement l’intérêt de ces équipements (sauf si les bornes d’outils intègrent une pompe, ce qui n’est pas précisé dans la com de l’EMS).

Une station par quartier, et au moins une pompe, nous parait un minimum, compte tenu de l’attractivité limitée de ce type d’équipement : autour d’un kilomètre, comme pour les ateliers d’autoréparation, c’est la distance que l’on peut raisonnablement parcourir avec un vélo en carafe (ces cercles sont matérialisés sur notre carte).

la généralisation de ces équipements fait partie des revendications du collectif Vélorution à destination des candidat·e·s aux municipales.

Un collectif d’associations, initiatrices de propositions visant à sécuriser la pratique cycliste au sortir du confinement, constate ce jour l’insuffisance des réponses données par la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg.

Une tribune co-signée par AHQG (Association des habitants du quartier-gare), Alternatiba Strasbourg, Alsace Nature,
le collectif GCO non merci, Greenpeace groupe local de Strasbourg, le collectif Réinventons l’avenue des Vosges, Schilick Ecologie,
Strasbourg Respire, Vélorution Strasbourg et les ateliers d’auto-réparation vélo : A’Cro du vélo, Bretz’selle, la Schilyclette, le Stick Koenigshoffen.

A retrouver sous forme pdf et en clair ci-dessous.
Bonne lecture !

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Lettre ouverte du 18 mai 2020 au président et aux élus de l’Eurométropole

Ce texte est une réaction citoyenne à un manque de réaction significative suite à notre première lettre ouverte du 22 avril 2020.
Nous vivons une époque exceptionnelle, face à une pandémie globalisée qui doit conduire notre civilisation à repenser nos modes de vie.
Strasbourg et l’Eurométropole passent à côté de l’opportunité unique de développer la résilience en investissant de manière significative le vélo. Malgré les propositions collectives et convergentes des associations des mobilités actives, la Ville ne s’en est pas pleinement saisi.

Strasbourg a subi depuis les années 1950, comme la plupart des villes européennes, une urbanisation fondée autour de l’utilisation massive de la voiture. Elle s’est cependant distinguée, sous l’impulsion des mobilisations citoyennes et associatives depuis près de 40 ans, en redonnant, petit à petit, un peu plus de place aux modes doux : la marche à pied et le vélo.

La capitale alsacienne affiche une vision globale de la mobilité urbaine, visant à accompagner l’abandon de la voiture personnelle. Elle s’est ainsi fixé l’objectif de doubler la part modale du vélo, de 8% à 16%, à l’horizon 2030, en mettant l’accent notamment sur les quartiers périphériques, grands oubliés de la politique cyclable. Il s’agit ainsi de traduire en actes les orientations du Grenelle des Mobilités, du Contrat Local de Santé et du plan Climat, au bénéfice de la santé, de l’environnement et de la qualité de vie.

Si on ne regarde que les chiffres, les 700 km d’aménagements cyclables de l’agglomération permettent à Strasbourg de s’auréoler du titre de capitale française du vélo.

Ces aménagements sont pourtant encore insatisfaisants à de nombreux égards :

  • pistes trop souvent tracées sur les trottoirs sans démarcation claire, engendrant des conflits d’usage avec les piétons,
  • discontinuités (impasses cyclables),
  • carrefours complexes, dangereux,
  • absence de bandes ou pistes sur certaines voies sans alternative possible,
  • synchronisation des feux à l’avantage des seuls véhicules motorisés,
  • signalisation peu efficiente,
  • signalisation inadaptée pendant les travaux (« mettez pied à terre »).

Le déconfinement annonce un report modal en défaveur des transports en commun. En effet il est difficile d’y maintenir les gestes barrières pourtant nécessaires. La CTS n’est actuellement pas en capacité d’accueillir l’ensemble de ses usagers habituels. Ce report modal ne doit pas se faire en faveur de la voiture. C’est pourquoi le vélo participe des solutions : efficace, rapide, agréable, peu cher, sain et facile à mettre en œuvre pour les collectivités. Cette période constitue une opportunité unique d’accompagner les citoyen.ne.s vers l’usage du vélo, un mode de transport dont l’efficacité en zone urbaine, l’économie d’entretien, la lutte contre la sédentarité et le stress, l’absence de production de pollution tant aérienne, sonore qu’auditive et la préservation de l’espace public sont des atouts majeurs pour la ville d’aujourd’hui et de demain.

Mais ce développement ne peut se faire qu’à deux conditions : des axes continus et sécurisés.

Cet accompagnement des néo-cyclistes doit se faire à la condition d’assurer leur sécurité afin de lever un frein important à la pratique du vélo et ainsi de l’encourager. Plus particulièrement pour les collégiens et lycéens, qui sont parmi les principaux usagers des transports en commun, l’aménagement de pistes cyclables en site propre est une mise en sécurité. Les mettre en selle dès leur plus jeune âge est un enjeu d’avenir : un enjeu de santé publique et de citoyenneté (respect du code de la route et autonomie). Les services de l’EMS (SIRAC) et les associations (CADR67, ateliers d’auto-réparation) sont en mesure d’accompagner cette politique si elle était affichée.

De nombreuses villes se saisissent de l’enjeu que représentent les pistes cyclables transitoires, en lançant sans délai l’étude et la réalisation d’aménagements cyclables : Lyon +56 km, Paris +50 km, Bordeaux +25 km, Grenoble +18 km. Même des villes réputées hostiles aux cyclistes s’y sont mises : Marseille +23 km, Aix +13 km, Montpellier +15 km. Même Nice s’y met avec 60 km.

Et Strasbourg ? 5,4 km partagés avec des bus et des voitures.

Dès le 22 avril 2020, un collectif d’associations solidaires a présenté à la ville et àl’agglomération de Strasbourg des axes identifiés par notre expertise d’usage comme les plus dangereux pour les cyclistes. Une grande partie d’entre eux se situent en périphérie, dans les quartiers et communes depuis longtemps ignorés par une politique cyclable qui s’est focalisée sur un centre-ville, servant de vitrine. Une première réunion avec la Ville a permis d’étudier quelques pistes.

Aucune de nos revendications n’a été entendue. A ce jour, seuls sont annoncés la réouverture progressive des boutiques Vel’Hop, le passage du centre ville en zone de rencontre et la possibilité d’emprunter les quelques couloirs de bus qui étaient encore interdits aux cyclistes.

Ce n’est pas suffisant ! Ces quelques mesures ne sont véritablement pas à la hauteur des enjeux. Elles viennent confirmer le sentiment d’un décalage persistant entre les attentes des cyclistes et les réalisations sur le terrain.
Tous les aménagements transitoires, proposés en France comme ailleurs dans le monde, se font en réduisant la place dédiée aux les véhicules motorisés. La voirie déjà existante (places de stationnement, ou une des voies de circulation) est convertie pour l’usage exclusif des mobilités actives.

Le refus catégorique d’aménagements transitoires confirme l’incompréhension face à l’urgence de la situation et à la nécessité d’encourager le vélo et la marche pour cette période de déconfinement.

Nous appelons la Ville et l’Eurométropole à se saisir avec enthousiasme de ces propositions.

Ensemble, nous pouvons enfin faire de la capitale du vélo, la capitale des cyclistes !

Après deux mois enfermés dans nos terriers, l’heure est venue de pointer le museau à l’air libre et, pour nombre d’entre nous, retrouver le chemin du travail.

Alors que les transports en commun vont redémarrer au ralenti, avec de très nombreuses restrictions (masque, distanciation, vélos interdits), nombre d’entre nous pourront être tentés de troquer leur bus ou leurs pieds pour la voiture ou le vélo afin de se protéger.

Le frein le plus souvent cité pour l’utilisation du vélo, c’est l’insécurité des cyclistes dans le trafic motorisé. Afin d’éviter un report modal massif vers la voiture, il est important que la rue soit en mesure d’accueillir de manière sécurisée ces néo-cyclistes, notamment sur les axes de desserte des faubourgs, qui sont les plus roulants.

C’est ce qu’ont compris de très nombreuses villes de par le monde, avec la mise en place de pistes temporaires. Ainsi, en France, Lyon +56 km, Paris +50 km, Bordeaux +25 km, Grenoble +18 km. Même des villes peu hospitalières pour le vélo s’y sont mises : Marseille +9 km, Aix  +13 km, Montpellier « un-des-deux » +15 km. Même Nice s’y met ! Avec 60 km.

Dans l’agglomération strasbourgeoise, des propositions d’un collectif d’associations ont été présentées à l’Eurométropole, avec des identifications précises d’axes connus depuis longtemps comme devant être sécurisés.

Après arbitrage du Maire, seule a été décidé le passage de la grande ile en zone de rencontre, une mesure certes bienvenue pour les piétons, mais peu incitative pour les cyclistes. Quelques couloirs de bus ouverts aux cyclistes, parmi les rares qui ne l’étaient pas encore, pourront convaincre les plus aguerris de la pédale mais sont absolument insuffisants pour pousser des cyclistes potentiels de franchir le cap.

Nous ne sommes pas en mesure d’entendre les arguments qui nous sont présentés, et que nous avons trop entendus :

« 700 km de pistes cyclables, estimez vous heureux ! » est l’arbre qui cache une forêt d’aménagement datés, illisibles ou sur trottoir, générant des conflits avec nos amis piétons.

« Pas de temporaire, on ne veut que du permanent », résonne comme un appel à ne surtout rien faire, alors que les axes cités, souvent des autoroutes urbaines où l’espace public est phagocyté par la voiture, sont connus depuis des années comme étant hostiles aux modes doux.

Le compte n’y est pas et nous appelons la mairie et l’Eurométropole à l’action. Pour que la capitale des vélos devienne la capitale des cyclistes, il faut agir vite, ici et maintenant !

Le vélo, c’est facile, le vélo, c’est rapide et adapté à toutes et tous !
Un aperçu, en une carte, dans l’agglomération strasbourgeoise :