On en a déjà parlé ici, dans une vidéo aux airs de querelle entre les anciens et les modernes.

L’avenue des Vosges est l’un des axes majeurs de Strasbourg et jusqu’en 2019, sur ses 30 mètres de large, 25 étaient phagocytés par les seules automobiles, en circulation ou à l’arrêt. Il fallait avoir le cœur et les poumons bien accrochés pour y rouler à vélo, ou alors avoir un GPS entre les oreilles pour connaître les itinéraires parallèles permettant d’éviter le flot de voitures !

Un tiers des cyclistes strasbourgeois·e·s avait alors identifié cet axe comme problématique. C’est peu de dire qu’un aménagement était attendu.

Une action continue du collectif Vélorution au cours de l’année 2019 avait permis d’aboutir à un compromis provisoire et économique en attendant une réflexion plus globale sur le réaménagement de l’avenue, sous la forme de deux bandes cyclables.

Ouf ! Les cyclistes peuvent donc enfin bénéficier d’espaces de circulation matérialisés au sol – en attendant mieux – pour aller rapidement de l’Université à la Place de Haguenau.

Or, si ça nous semble peu, c’en est visiblement déjà trop pour plusieurs listes de candidat·e·s à la mairie, qui semblent à l’unisson trépigner d’impatience à l’idée d’envoyer les services de la ville passer ces beaux marqueurs de liberté à la raboteuse :

On rappellera à nos chers compétiteurs que la voiture ayant horreur du vide, le rétablissement de la 2×2 voies urbaine entraînera le retour des 20 000 voitures quotidiennes et que cet aménagement cyclable était réclamé, non seulement par les excité·e·s de la Vélorution, mais également de nombreuses assos vélo de Strasbourg, la FNAUT Grand Est, ASTUS, Piétons 67,  les lanceurs d’alerte Strasbourg Respire et un collectif d’usagers et riverains de l’Avenue.

La Vélorution reste sur ses revendications : cet aménagement provisoire était attendu et permet de sécuriser et d’optimiser le déplacement des cyclistes.

Si une concertation doit conduire à un réaménagement plus profond donnant une vraie piste en site propre comme sur l’avenue de la Forêt Noire, on applaudit des deux mains, mais la suppression de ces deux minuscules bandes ne saurait être un préalable à la réflexion.

 

Ah ! Des in-ci-vi-li-tés ! Le terme est à la mode cette année dans les programmes de plusieurs candidat·e·s ! A les lire, on croirait Strasbourg une ville en siège, sous la coupe d’extrémistes fous du guidon, roulant comme des poulets sans tête à la recherche frénétique d’un piéton à culbuter dans le caniveau.

Sans occulter la réalité de cohabitations parfois difficiles entre usagers – et ceci quel que soit leur mode de déplacement ! – et des comportements inciviques d’une minorité d’usagers, notre expérience de cyclistes au quotidien nous inspire plusieurs réflexions.

Les aménagements cyclables sont conçus de trop longue date comme une sous-voirie, destinée non pas à permettre un déplacement efficace du vélo, mais pour balayer de la route tous ces parasites à deux roues. La rue doit rester le seul territoire de la voiture. Les discontinuités, inexistantes et inenvisageables pour la voiture, sont la norme pour le cycliste, qui doit souvent bricoler comme il peut pour rejoindre deux bouts de pistes. 10 mètres sur un trottoir ou un passage piétons, c’est 10 mètres de trop, mais on commencera par examiner les environs avant de clouer le pauvre vélo au pilori.

Idem pour les feux, de tous temps conçus et réglés pour optimiser le passage d’un nombre maximum d’automobiles. Piétons et cyclistes, rejetés sur des voies secondaires, subissent la double peine : la temporisation de leurs feux (qui n’existeraient pas sans trafic motorisé) est déséquilibrée en faveur du trafic motorisé et, souvent, quand l’automobiliste a un feu à attendre, le cycliste et le piéton, par exemple pour tourner à gauche, peut en avoir jusque trois ! On n’excusera pas les cyclistes qui passent au rouge, mais on commencerait presque à les comprendre. Dans certains cas, cela peut même leur permettre de se mette en sécurité.

Les difficultés se concentrent de manière systématique aux endroits où le politique a fait le choix, parfois par économie, parfois par méconnaissance du vélo, souvent les deux, de mélanger piétons et cyclistes sur une voirie commune, sur un même niveau ou sans délimitation, ou en comptant sur le seul « vivre ensemble» pour espérer que son aménagement fonctionne.

Une grande partie des usagers, et souvent ceux dont le permis de conduire commence à remonter, ignore que le cycliste objet de leur colère est dans son droit lorsqu’il circule sur une piste sur trottoir, pédale au milieu de la chaussée dans une vélorue, tourne à droite à la faveur d’un panneau M12, réclame la priorité sur un passage vélo matérialisé au sol ou se pose devant une file de voitures au feu rouge grâce au sas vélo.

Enfin et surtout, les incivilités systématiques, piétons et cyclistes en sont tous et toutes indifférents victimes une fois sortis de la Grande île, de la part des automobilistes :

  • Stationnement sur les pistes et trottoirs (réponse au choix : « J’en ai pour 5 minutes ! », « Vous n’avez qu’à faire le tour », « Je travaille, MOI »),
  • Refus de priorité (le vélo n’est considéré comme un véhicule lorsqu’il a des devoirs, plus rarement lorsqu’il a des droits),
  • Non respect des distances de dépassement (1m en ville, 1,50m en agglomération),
  • Non respect des limitations de vitesses (on n’évoquera pas par pudeur le réseau départemental, censé être partagé),
  • Non respect de l’arrêt obligatoire au passage piéton, lorsqu’un piéton attend de pouvoir traverser,
  • Et tout ça sans parler de la pollution (olfactive, chimique, visuelle et sonore), qui reste générée même par le plus gentil des automobilistes.

Les cyclistes s’en plaignent-ils dans le courrier des lecteurs des DNA ? Non car ils ont intégré depuis longtemps que ce lot de souffrances faisait partie de la condition de sous-usagers dans laquelle on les cantonne.

Nous déplorons que tou·te·s les candidat·e·s ont, eux, intégré que ces nuisances sont de l’ordre de l’ordinaire et de l’acceptable.

En effet, aucun·e n’évoque ces agressions motorisées au quotidien, dont certaines sont pourtant responsables de la mort de 17 cyclistes en 10 ans à Strasbourg, sans compter les centaines de blessés victimes de violence routière. Tellement plus simple de taper sur la tête des cyclistes !

Nous invitons les candidats à pédaler avec nous à l’heure de pointe, route de Schirmeck, route des Romains, route de Bischwiller, avenue de Colmar, route de Lyon, quai Finkwiller comme nous le faisons quotidiennement, pour découvrir que le Strasbourg cyclable ne s’arrête pas aux portes du centre-ville !

Pour une prise en compte réelle du vélo dans une ville en transition,
« Votons vélo » avec la Vélorution le vendredi 6 mars 2020  !

19h – Nous commencerons les festivités par une vélorution pour laquelle nous vous donnons rendez-vous Place de la gare à Strasbourg. Nous pédalerons jusqu’à l’Esplanade et, sur le chemin, nous passerons devant les locaux de campagne des candidat.e.s, en espérant en cueillir un ou deux 🙂

20h30 –  Plat de résistance avec la soirée de présentation de nos préconisations, animée par Olivier Schneider, président de la FUB, et suivie d’un débat public avec les candidat.e.s. Ça se passera à l’ARES, 10 rue d’Ankara.

Edit du 9 mars : la vidéo du débat est à retrouver par ici !

Strasbourg, 5e ville cyclable européenne selon le palmarès Copenhagenize ? 🤔

Cocorico !

Certes, elle est une des villes françaises les plus « cyclables » (= on peut y faire du vélo) et le baromètre de la FUB nous confirmera dans un mois si elle reste la capitale nationale du vélo, ou pas.

Mais on vous conseille de consulter le site de l’European Platform on Mobility Management qui classe les villes européennes en fonction de la part modale du vélo. Surprise, avec ses petits 8% de part des déplacements effectués à vélo, notre ville n’est même pas dans le top 50.

De quoi redonner un peu d’humilité à nos représentant.e.s actuel.le.s et d’ambitions aux futur.e.s élu.e.s !

Quand les élus strasbourgeois parlent de notre collectif, on distingue vite les élus ayant une vision progressiste des mobilités douces et les autres, nostalgiques d’un ancien monde motorisé, biberonné au pétrole.

Dans cette seconde catégorie, on connaissait Robert Herrmann et sa condescendance à l’égard de nos actions.

Mais on a encore mieux à la minute 31 : Serge Oehler qui conseille aux cyclistes de prendre le tram pour que lui puisse circuler tranquillement en voiture. On lui souhaite de recevoir un vélo au pied du sapin. Peut être pourra t-il constater que son bureau de Cronenbourg se situe à 10 minutes de vélo de l’avenue des Vosges…

On retrouve aussi ces belles antiennes chéries des autolâtres : les bandes cyclables sont dangereuses car les voitures ne les respectent pas, il faut donc les supprimer pour la sécurité des cyclistes ! Et il faut laisser les voitures rouler en ville sans entrave, car dans les bouchons elles polluent trop.

Bon visionnage (si vous arrivez à regarder jusqu’au bout) et vivement 2020 !

Avez-vous vécu à Montpellier ? Il y fait beau et chaud, mais ses grands boulevards ne sont pas vraiment un paradis pour les cyclistes.

Alors quand le maire Philippe Saurel, a déclaré l’an dernier qu’on n’allait tout de même pas concevoir d’aménagements cyclables « pour deux cyclistes », les vélos de Montpellier sont illico descendus dans la rue pour dire : « je suis l’un de ces deux ! »

C’était il y a un an, un siècle, une éternité pourrait-on dire, et on va marquer le coup en vélorutionnant partout en France, Grenoble, Lyon, Nantes, Brest, pour faire entendre la voix du vélo et dire que d’autres mobilités sont possibles, efficaces, douces, silencieuses, économiques et durables !

La ville de demain se prépare aujourd’hui !

Rendez-vous Place Kléber à Strasbourg, dimanche 10 novembre 2019 à 14h45 !


Le Cadr67 et la Vélorution Strasbourg appellent à une manifestation de protestation à la suite du décès d’une cycliste de 37 ans, mère de deux enfants, qui se rendait à son travail, lundi 30 septembre à Schiltigheim : ce décès fait suite à ceux de 16 autres cyclistes depuis 10 ans. Trop c’est trop !

« Comme un symbole ! Il y a presque 45 ans, le CADR se réunissait place de Haguenau suite à un accident mortel sur cette même place. Nous demandions alors aux politiques et administrations des aménagements cyclables sécurisés. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous vous appelons à ce nouveau rassemblement le :

vendredi 4 octobre 2019 à 17h30
place de Haguenau à Strasbourg
au droit de la rue Adèle Riton

Nous roulerons direction Schiltigheim, Route de Bischwiller, rue Sainte Charles et retour par la route du Général de Gaulle pour manifester notre profond mécontentement devant l’absence de politique cohérente d’aménagements, par l’Eurométropole de Strasbourg, d’itinéraires cyclables continus et sécurisés sur l’ensemble des communes et quartiers. »

Meilleures salutations associatives,
Vélorution – Cadr67

Le 21 septembre 2019 est prévue une Marche pour le climat à Strasbourg, pour dénoncer l’inaction politique face au réchauffement climatique et aux atteintes à l’environnement.

Le collectif Vélorution vous invite à défiler en fin de cortège sur votre biclou préféré.

Rendez-vous samedi 21 septembre 2019 à 14:00, place de la République à Strasbourg.

N’oubliez pas vos panneaux anti-GCO, les écocides, c’est pas beau, les autoroutes y’en a de trop !