On vous parle de temps en temps de Vélostras, le projet de réseau cyclable à haut niveau de service.
Souvent pour alerter sur son retard (on pense aux pompes publiques annoncées en 2014 et installées à 14 jours du second tour) ou sur des barreaux annoncés comme réalisés sur les prospectus mais pas sur le terrain (contournement de l’ellipse, rocade au nord et axe traversant Lingolsheim par exemple).

Les DNA nous tiennent au courant des extensions dont la réalisation est projetée en 2020 :

  • une liaison entre la rue Mélanie et la piste cyclable actuelle qui mène au parc du Pourtalès (Strasbourg) ;
  • de la rue du Corps-de-Garde (Strasbourg) ;
  • d’une liaison entre la rue de Mundolsheim et le giratoire ouest (Lampertheim) ;
  • d’un tronçon sur la voie verte, le long des voies ferrées à Bischheim ;
  • des rues de La Wantzenau et de Picardie, en direction du complexe sportif de Reichstett ;
  • du passage à niveau et de la route métropolitaine 468, à proximité du golf de La Wantzenau ;
  • de la rue des Lilas et du quai de l’Ill ainsi que de la rue du 23-Novembre à Illkirch-Graffenstaden ;
  • d’un raccordement sur la rue du Noyer à Niederhausbergen ;
  • de la rue des Moulins et des Vignes à Oberhausbergen.

Le journal régional DNA a organisé trois courtes interviews en direct avec les trois candidat·e·s en lice. Si les sujets en ont été nombreux, le média a eu la pertinence d’avoir relayé à chaque interview notre question relative à l’avenir de l’avenue des Vosges.

Cet axe structurant de la ville de Strasbourg, créé en 1881, dispose d’une grande largeur, conçue par les Allemands pour que 13 chevaux puissent y défiler de front. Aujourd’hui, ce sont plutôt les chevaux fiscaux qui l’ont envahie, jusqu’à une mobilisation citoyenne en 2018, expression d’un ras-le-bol d’usagers, de riverains et d’association – dont la vélorution. Après des années d’immobilisme, cette action a permis la réalisation de deux bandes cyclables. Ces voies ont été présentées comme transitoires, en attendant une réflexion plus approfondie sur l’intégration des modes doux – cyclistes mais aussi et surtout piétons ! – à cet axe.

La suppression de cet aménagement a été évoquée par les listes Fontanel et Trautmann, avec un flou savamment entretenu sur « l’après ». Une suppression sèche et le retour à une autoroute urbaine 2×2 voies est, elle, promue par M. Jean-Philippe Vetter, dans une vidéo mémorable. Si cette suppression est illégale au regard de l’article L.228-2 du Code de l’environnement, nous devons reconnaître à Monsieur Vetter, comparé à ces deux derniers candidat·e·s, le mérite de la clarté.

Les propositions relatives à cet aménagement nous semblent un révélateur extrêmement pertinent de l’attention réelle portée aux déplacements cyclables par chacune des trois listes.

Seule la liste de Madame Jeanne Barseghian s’est engagée fortement pour une amélioration. Les deux autres louvoient, tournent autour du pot pour évoquer une suppression sans oser la nommer clairement.

Nous vous proposons un verbatim de ces entretiens, axé sur la question et qui vous permettra de vous faire votre idée, ainsi que notre analyse.

Bonne lecture !

1 – Catherine Trautmann

« DNA – Le collectif Vélorution est revenu plusieurs fois à la charge en vous demandant : on ôte finalement l’aménagement l’avenue des Vosges ou il est maintenu pour les cyclistes en attendant le prochain aménagement ?

Catherine Trautmann – je n’ai pas l’intention de l’ôter en attendant le prochain aménagement parce que j’estime que cette dépense a été faite et qu’elle n’était pas justifiée parce qu’en réalité cet itinéraire n’est pas réellement utilisé. Par contre, je peux dire aussi que pour les riverains des rues adjacentes on a aujourd’hui une circulation, y compris à coté du Contades où les enfants sortent de ce parc et qui est une situation dangereuse et je regrette qu’on ait décidé cet aménagement sans voir quelles étaient les conséquences de circulation pour les habitants de ce quartier et donc moi ce que je préconise c’est chaque fois qu’on propose un aménagement nouveau, on analyse ces conséquences pour les riverains et pour les habitants.

DNA – mais pour l’instant ?

Catherine Trautmann  – Pour l’instant, on ne va pas y toucher mais on va travailler à un aménagement durable mais qui permettra aussi d’être programmé financièrement. »

Notre analyse : Madame Trautmann regrette un aménagement pourtant réclamé de longue date par les associations de riverains. Elle annonce un report des flux automobiles vers les rues adjacentes et, en même temps, regrette que l’absence de mesure de ces flux. Cherchez l’erreur ! Elle annonce enfin un réaménagement à terme, sans s’engager cependant clairement pour une amélioration du cheminement cycliste sur l’axe même. Son discours confirme également que, sur d’autres axes structurants et comme il nous a été indiqué lors de notre entretien de premier tour, les automobiles ne devraient pas être contraints sur les axes structurants. Entre les lignes nous comprenons : les cyclistes par contre, pas de soucis pour les envoyer pédaler ailleurs.
Nous n’oublions pas non plus qu’en n°2 de sa liste, Monsieur Serge Oehler s’est distingué par une diatribe violente et rétrograde contre cet équipement lors du conseil municipal du 16 décembre 2019.
Donc : une vision négative de cet aménagement, et beaucoup de flou pour l’avenir. On se souvient d’une Catherine Trautmann plus audacieuse sur la promotion des modes de déplacements doux. Dommage !

2 – Alain Fontanel

« DNA – On a Vélorution, qui est déjà intervenue hier dans nos débats sur la question de l’avenue des Vosges. Alors est-ce que équipement provisoire sera ôté ? Est-ce qu’on reviendra à une 2×2 voies tout de suite, comme le proposait Jean-Philippe Vetter dans son programme. Ou alors, on la laisse et on attend qu’un autre projet sorte ?

Alain Fontanel – on était deux à proposer ça au premier tour, puisque je proposais aussi de revenir sur l’aménagement. Vous savez, cet aménagement devait résoudre le problème de l’insécurité du piéton sur l’avenue des Vosges. Il marche sur le trottoir, où il était confronté à des cyclistes qui, eux mêmes, pour se protéger des voitures et de la circulation de l’avenue, roulaient sur le trottoir. On a fait cet aménagement qui est un entre-deux, puisqu’on n’a pas touché au stationnement. Et finalement, les cyclistes ne se sentent pas en sécurité sur l’avenue des Vosges et continuent à rouler sur les trottoirs. On n’a gagné, ni d’un côté, ni de l’autre et pourtant, en même temps, on a eu une recrudescence des embouteillages et de la pollution sur l’avenue. Il faut revenir sur cet aménagement. Il faut revenir au… pour défendre la cause du vélo. Moi je suis cycliste, je roule tout le temps à vélo et le vélo est d’ans l’ADN de la ville. Mais il faut que le comportement du cycliste et les aménagements vélo ne nuisent pas à la cause du vélo. Et aujourd’hui, il y a du frottement, des difficultés entre les cyclistes et les piétons. Moi, je suis pour qu’on continue les aménagements vélo, pour qu’on ait un investissement important sur des aménagements, mais des aménagements qui ne nuisent pas aux autres modes de transport et à la voiture et aussi pour qu’on fasse respecter le pied-à-terre en ville aujourd’hui par exemple rue des Grandes-Arcades ou Grand’rue le samedi. Les vélos ne peuvent pas rouler, en plus à grande vitesse quand il y a énormément de piétons. Mais à l’inverse, pour qu’on traverse plus facilement la Grande Île, je suis pour qu’on fasse une contournante le long des quais qui permette, par exemple, d’aller de la place des halles au Pont du Corbeau sans traverser le cœur de ville. C’est cet équilibre qu’il faut rechercher et l’avenue des Vosges c’est un déséquilibre [..] L’avenue des Vosges, l’équilibre on ne le trouve pas, c’est un déséquilibre où on n’a pas protégé le piéton, or le cycliste ne se sent pas en sécurité mais on a compliqué la vie de celui qui prend la voiture. Il faut respecter aussi les contraintes de ceux qui prennent la voiture et de pouvoir trouver des équilibres. L’avenue des Vosges reste un très grand axe. Tant qu’on n’aura pas réglé l’A35, tant qu’on n’aura pas réglé la Place de Haguenau, on a besoin de pouvoir circuler sur l’avenue des Vosges. Et cela doit se faire tout en développant le vélo.

DNA – Quand vous dites une ceinture autour de la Grande Île, là du coup pour les voitures, il faudra réserver quoi ?

Alain Fontanel – Vous savez que le problème sur l’avenue des Vosges, c’était la largeur et la place du stationnement en épi sur les trottoirs. les quais, aujourd’hui, de la Grande Île, ont déjà très peu de circulation et donc on peut y réserver une voie vélo dans un sens, ce qui permettra de faire ce contournement rapide, c’est ce qu’on proposait au premier tour.

DNA – Et du coup, avenue des Vosges, il y aura un projet pour les cyclistes ?

Alain Fontanel – Il faut apaiser la circulation, reprendre le temps de la concertation. Jean-Philippe Vetter proposait d’utiliser les rues adjacentes. Il faut trouver une solution mais dans l’apaisement et dans le respect de la circulation et de la fluidité à Strasbourg. »

L’analyse de la Vélorution : nous ne nous reconnaissons pas dans la caricature de cycliste agitée par Monsieur Fontanel, roulant sur les trottoirs ou fonçant à toute berzingue Grand’rue le samedi après-midi. Monsieur Fontanel se range au projet de Monsieur Vetter d’une suppression sèche – illégale on le rappelle – de l’aménagement, pour rejeter les cyclistes sur des itinéraires bis moins directs et où ils pourront à loisir se perdre. Voilà qui dévoile enfin ses intentions réelle puisqu’au premier tour, il se prononçait pour un retour à l’état antérieur, puis une réflexion sur un réaménagement.
Mais tout ça, bien évidemment, c’est pour « apaiser », « retrouver un équilibre » et « réduire la pollution ». Dans ses discours, il pointe systématiquement du doigt une friction entre piétons et cyclistes, souvent dues aux manques d’aménagements, sans évoquer une seule seconde les incivilités et les dangers inhérents au trafic motorisé.
« L’équilibre», pour le moment, penche complètement du côté de la voiture. L’équilibre réel, les cyclistes l’attendent.

3 – Jeanne Barseghian

« DNA – Vous avez un exemple, un axe important, où il y a des voitures que vous aimeriez voir déplacées ? Des voitures en stationnement en voirie ?

Jeanne Barseghian – Il y a pas mal de débats sur la question de l’avenue des Vosges. Je pense qu’il faut aller plus loin encore que ce qui a pu être fait aujourd’hui.

DNA – L’avenue des Vosges qui a eu un aménagement temporaire, qui fait polémique. Qu’est-ce que vous en faites de l’avenue des Vosges ?

Jeanne Barseghian – On transforme l’essai avec l’ensemble des riverains et des commerçants. On voit bien qu’il y a un problème de partage de l’espace public et ce qui a été fait, c’est un pas, c’est un jalon mais qui demande encore à être amélioré notamment du point de vue de la sécurité. Sécurité des cyclistes, sécurité des piétons. Donc ça ce sera un débat à avoir. Mais des grands axes sur lesquels on peut retravailler le partage de l’espace public entre les différents usages, je dirais que tous les grands boulevards, les quais, la route du Rhin, on doit pouvoir travailler sur l’ensemble de ces grands axes. mais ça, on y arrivera encore une fois que si, en parallèle, on investit massivement sur les alternatives à la voiture. Il ne s’agit pas que les gens se retrouvent bloqués. Il s’agit de leur proposer des choses qui leur permettent de se déplacer efficacement. »

Notre analyse : une proposition claire d’aller plus loin dans le rééquilibrage du partage de l’espace public. Sur l’avenue des Vosges, comme cela avait été prévu dès le stade de l’aménagement transitoire, mais également sur l’ensemble des grands axes.
Nous n’avons rien à rajouter. Cette liste nous parait à la fois plus claire et la mieux-disante sur cet aménagement.

 

 

Billet d’humeur matinal.

Aaah le vélo… comme pour Tintin, la question peut être posée : est-il de droite ou est-il de gauche ?

Individualiste, rentable, super performant, bon pour l’économie… le vélo est de droite !
Économe, égalitaire, féministe, décarboné… le vélo est de gauche !
Équilibré tel un gyroscope,  suffisamment rapide en même temps suffisamment lent… le vélo est centriste !


A Strasbourg, cela fait longtemps que l’on sait que l’équilibre naturel du vélo n’est ni de « gauche, ni de droite ». On se souvient qu’au fil du temps et dans une sorte de consensus tacite, les politiques cyclables ont été portées indifféremment par Pierre Pflimlin, Catherine Trautmann ou Fabienne Keller.

Or, dans cette élection municipale dans la capitale du vélo, une fracture inédite semble s’être dessinée entre une liste – disons de droite – LR-LREM qui s’affiche pro-voiture, pro-vitesse, qui estime que l’usage du vélo devrait être contraint et que les cyclistes devraient se contenter de l’existant, et deux listes – identifiées de gauche – PS et écolo qui ont pris la peine de saupoudrer de vélo leurs programmes respectifs. Et seule la liste Ecologiste et citoyenne ne présente à la fois aucune mesure anti-vélo et pro-voiture.

Les cyclistes strasbourgeois·e·s s’étonneront légitimement qu’une liste LR-LREM, favorite dans cette élection, soit incapable de se saisir de la question du vélo autrement qu’en terme de contraintes, de dogmatisme, d’incivilités, de verbalisation, de suppression de pistes existantes et de pied à terre.

Il ne s’agit pas de décréter qu’un usage n’est plus vertueux qu’un autre : chaque mode de transport a sa raison d’exister. Mais les cyclistes ne demandent pas à être valorisés dans la communication de la ville ou pour enjoliver un programme. Ils et elles aspirent tout simplement, comme les piétons ou les automobilistes, à pouvoir bénéficier d’aménagements réellement sécurisés.

Alors, de droite ou de gauche, le vélo ? Si on n’a toujours pas la réponse, un chiffre intéressera sans doute nos candidat·e·s à la mairie de Strasbourg : plus de 50% des strasbourgeois pratiquent le vélo, et une élection ne se gagnera pas contre les cyclistes mais avec eux. Notre analyse détaillée des programmes sous l’angle du vélo est là pour les informer et leur permettre de voter en connaissance de cause.

A bon entendeur !

Vélorution Votons Vélo, c’est reparti pour un 2e tour ! 🙂

L’image contient peut-être : texte

Après le premier acte du 6 mars, la Vélorution strasbourgeoise se déconfine avant le second tour des municipales. Rejoignez nous pour faire entendre la voix des cyclistes !

Rendez-vous le mercredi 24 juin
au Parc du Contades (vers le kiosque à musique)

à 18h00 pour un départ à 18h20,
direction la Place de la République,
les quais nord, pour finir au musée d’art moderne :

Par ce dernier acte avant les municipales, nous souhaitons faire entendre la voix des cyclistes dans un débat politique qui, cette année, les a singulièrement montré du doigt.
Taxé·e·s d’« irresponsables, démagogiques, sectaires », nous voulons montrer que nous sommes aussi une force de proposition et que notre place sur l’espace public est légitime.
Les cyclistes ne sont pas des poulets sans tête mais des citoyen·nes qui optent pour un mode de transport vertueux à bien des égards, s’affirment sur l’espace public, s’informent, et votent en connaissance de cause.

Venez masqué·e·s et muni·e·s de vos plus beaux slogans vélectoraux !

En attendant, retrouvez notre analyse des propositions vélo des trois listes LR-EM, PS et EELV sur http://velorution-strasbourg.fr/

 

Pour les candidat·e·s aux municipales et leurs équipes, il est facile de se déclarer pro-vélo, de s’afficher sur une bicyclette le temps d’une campagne et de promettre des aménagements éloignés des foyers d’habitation (tronçons Vélostras, comme le long du canal, par exemple).

Par contre, aménager et sécuriser des voies cyclables dans des rues ou des routes en prenant de la place à la voiture est un acte fort pour lequel peu se sont engagés durant cette campagne. Nous l’avons constaté lorsqu’ont été proposés des aménagements transitoires en mai afin d’accompagner la sortie du confinement. Que ce soit dans le quartier de l’Avenue des Vosges (allée de la Robertsau), au Neudorf ou à Cronenbourg, les maires de quartier respectifs ont montré une résistance certaine, voire un refus catégorique des projets évoqués.

C’est d’autant plus vrai pour des axes structurants. L’un d’entre eux cristallise les débats depuis 2 ans, il s’agit évidemment de l’avenue des Vosges, sur laquelle des bandes cyclables ont été enfin installées suite à une mobilisation citoyenne.

  • Voici le point de vue de Serge Oehler, maire du quartier Cronenbourg et N°2 de la liste de Catherine Trautmann. A l’entendre, la voiture semble d’une nécessité absolue pour des trajets entre Cronenbourg et l’avenue des Vosges (pour rappel : 10 minutes à vélo…), les cyclistes ne seraient que danger et inconscience, et le tram une sanction inacceptable.

 

  • Voici la formidable proposition d’un retour au tout voiture, début mars, de Jean-Philippe Vetter,  N°3  de la liste d’alliance d’Alain Fontanel et président probable de l’Eurométropole en cas de victoire de sa liste :

On précisera, à toutes fins utiles, que cette proposition est illégale au regard de l’article 228-2 de code de l’environnement, défini par la loi Laure en 1996 puis renforcée par la LOM (Loi d’orientation des mobilités) en 2019.

Des propositions rétrogrades et caricaturales, que l’on aurait jamais imaginé entendre dans la « capitale du vélo ».

N’oubliez pas, le 28 juin, votez vélo 😉

Une Vélorution circulaire comme on les aime, soutenue par le collectif GCO non merci :

« Le département, aux ordres de Vinci, va fermer la D31 entre Pfettisheim et Pfulgriesheim pour deux mois à partir du mardi 2 juin, pénalisant ainsi de nombreux citoyens, cyclistes et usagers des bus inclus. En complément d’une protestation adressée à Monsieur Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, le collectif vous propose l’action suivante, pour tous celles et ceux qui peuvent se joindre à nous :

Faire des navettes à vélo entre
Pfulgriesheim et Pfettisheim (3km – 13 minutes à vélo)
et ce pendant toute la journée de mardi 2 juin 2020 de 8h à 18h.

Pour ceux qui souhaitent participer même sans vélo, on peut envisager qu’ils stationnent ou arrivent en bus, soit à Pfulgriesheim, soit à Pfettisheim et qu’ils fassent la même chose à pied. Chacun vient quand il peut / veut, pas de rassemblement ou de lieu de RDV, c’est une action qu’on pourrait qualifier de « dynamique » et « aléatoire ». Le but est bien entendu de créer un état d’intranquillité pour Vinci – et si possible garder la route ouverte, au moins pour les cyclistes – et montrer qu’il y a encore des gens qui n’acceptent pas, contrairement à beaucoup d’élus et de décideurs, que Vinci dicte sa loi.

Pas de garantie précise ce que nous pourrons faire ou pas ce jour, il faut accepter le risque que nous serons peut-être bloqués, empêchés, etc… On avisera sur place, dans le respect des mesures de prévention du covid. Mais si notre action les force à déployer un dispositif policier toute la journée pour empêcher le passage et surveiller les panneaux de signalisation de la déviation, ça montrera déjà qu’on existe encore (et à la nouvelle préfète qu’on existe tout court).

Pour la visibilité, ceux qui ont encore des bonnets, casquettes, gilets, pancartes, c’est le moment de leur faire prendre l’air. Le mot d’ordre du jour devrait faire comprendre que nous ne voulons pas d’un monde où, quand « Vinci dicte sa loi, l’état et les grands élus se couchent ». On peut broder autour de ça, on vous fait confiance pour trouver le slogan magique qui résume ce concept en 3 mots percutants. »

Après deux lettres ouvertes multi-associatives et trois réunions en visio (avec les services de la métropole, les élus de quartiers et les associations cyclistes) voici le point, 12 jours après le déconfinement, sur les aménagements cyclables et piétons proposés par la ville et l’Eurométropole de Strasbourg :

  • La grande île en zone de rencontre a été annoncée le 7 mai, pour le 11. Aucune mise en œuvre à ce jour.
  • Une bande cyclable rue de Molsheim a été annoncée et réalisée le 19 mai. Cette bande de 200m a servi de support à un point presse le 20 mai 2020.
  • Des voies de bus vont être créées et partagées avec les vélos sur certains boulevards, D’autres voies de bus existantes vont être autorisées aux vélos. Boulevard Clémenceau et rue Oberlin ( 700m), boulevard  Wilson et rue de Wissembourg (450m).
  • Une voie de circulation de 150m route de Vienne (place de l’Étoile le long du Conservatoire) va être rendue aux cyclistes et aux piétons, pour « éviter les conflits d’usage » sur cet axe très passant.
  • Avenue Jean Jaurès au Neudorf une piste cyclable sera créée à proximité des travaux en cours.

La bande cyclable rue de Molsheim, le seul aménagement en site propre créé à ce jour :

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Les vélos auront le droit de rouler avec les bus, comme c’est déjà le cas sur certains axes (ici Boulevards Clémenceau, Poincaré et Wilson). Si cet aménagement peut convaincre les cyclistes les plus aguerri.e.s, il n’est pas de nature à protéger suffisamment les néo-cyclistes et les pousser à franchir le pas :

Le réaménagement du carrefour de la rue de Vienne, devant la Cité de la musique et de la danse, en direction du centre-ville. Un carrefour mal conçu et générateur de conflits d’usage piétons-vélos. Chantier constaté le 28 mai 2020 :

Nous saluons la concertation qui a été proposée par la ville de Strasbourg à l’ensemble des associations mais nous déplorons qu’aucune de nos propositions n’ait été entendue et appliquée (hormis la zone de rencontre qui semblait déjà dans les tuyaux). Encore une fois, les grands axes desservant les quartiers et communes périphériques restent le terrain de jeu incontesté de la voiture.

Des aménagements décevants, pas à la hauteur des enjeux actuels qui sont d’accompagner un report modal vers le vélo. Si la longueur ne fait pas tout, avec 2,2 km d’aménagements, on est loin de la réactivité et du pragmatisme de l’urbanisme tactique largement adopté en France. Strasbourg a malheureusement confirmé le sentiment de nombreux.ses cyclistes du quotidien : si son réseau ancien la place parmi les villes françaises les plus accueillantes pour le vélo, elle ronronne et semble avoir perdu sa dynamique et son volontarisme en la matière.

L’Eurométropole a loupé une occasion unique de mettre un coup de pédale supplémentaire en faveur d’un report modal en faveur du vélo, dont elle s’est pourtant fixée comme objectif un doublement d’ici 2030.

Si d’autres aménagements cyclables sont à faire, ce sera à la prochaine équipe municipale de les mettre en œuvre.

A suivre, donc, et d’ici là : Votons vélo !

A lire sur le sujet : Articles de Rue89Strasbourg , des DNA et de 20minutes