Vélo et post-Covid
Pendant qu’à Strasbourg et Paris, certains s’échinent à taper sur le vélo, les gens qui s’y connaissent vraiment phosphorent dur pour l’élaboration des scénarios de sortie de crise !
A notre grande joie, le vélo serait appelé à y jouer un rôle prépondérant, notamment eu égard à la distanciation sociale qu’il permet, contrairement à la marche à pied ou aux transports en commun.
Ainsi, Pierre Serne, ancien vice-président (EELV) de la région chargé des transports, administrateur d’Ile-de-France Mobilités et président du Club des villes et territoires cyclables, vient de se voir confier par la Ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, la tâche d’imaginer des solutions de déplacement où le vélo, moyen de transport permettant facilement la distanciation sociale, jouerait un rôle central.
A retrouver dans cet article intéressant de France Inter et dans le podcast associé, d’une durée de 8 minutes et paru le 15 avril 2020 :
Le Cerema, ensuite, ce dangereux repaire d’activistes du vélo, vient de rendre public le 14 avril 2020 une étude passionnante intitulée « Aménagements cyclables temporaires et confinement: quelles opportunités ? », qui fait le point sur les nombreuses initiatives de villes, de par le monde, qui ont profité de l’effondrement du trafic motorisé (-60 à -90%), pour redonner au vélo la place qui lui revient.
Après avoir rappelé le cadre juridique favorable à ce type d’aménagements, le Cerema propose entre autres la réduction des voies motorisées, l’élargissement des voies cyclables, la modification des plans de circulation et l’utilisation, simple et rapide de matériel de chantier pour le balisage.
Un urbanisme « tactique » entrepris dès le mois de mars, de Berlin à Bogota en passant par New York, et qui a rapidement inspiré Montpellier, ville qui, il y a quelques mois encore, était montrée du doigt pour son retard en la matière. C’est vrai que Montpellier, comme l’a rappelé son Maire, ne comptait, à l’époque, que 2 cyclistes seulement. Bref, une remontada inattendue à prévoir dans le prochain baromètre de la FUB.
Paris et Grenoble ont très vite imité le militantisme héraultais la semaine dernière et nul doute que les cyclistes strasbourgeois·es attendaient des initiatives similaires. Les ami·e·s du CADR67 et du Collectif Réinventons l’avenue des Vosges, ont justement émis des propositions en ce sens, le dernier incluant opportunément les cheminements piétons dans sa réflexion. L’occasion rêvée pour la municipalité en place de redorer son bilan vélo ? On dit : chiche ! ☺
On pourra également lire cette interview, dans le Parisien du 14 avril 2020, de Mathieu Chassignet, ingénieur spécialiste en mobilité durable et l’animateur du blog « Pour une mobilité durable et solidaire », qui nous explique qu’on a le choix entre concentrer les usages (ben oui ! la voiture a déjà tout pris) et contraindre les déplacements, ou alors admettre que la population a des besoins et, dans ce cas, élargir les espaces pour permettre la distanciation sociale.
Il rappelle également la supériorité du vélo sur tous les autres moyens de transport, aux points de vue santé, pollution et économie. Depuis le temps qu’on vous le dit ! 🙂


La première concerne les atermoiements persistants du gouvernement au regard du vélo : vélo autorisé, interdit… Finalement, on peut faire du vélo transport, mais pas de vélo loisir, ou alors, seulement « pour aérer les enfants », suivis par un adulte à pied. Le vélo est confiné, donc, à son statut de jouet. Pour tous les autres sports individuels, pas de soucis, ils restent, eux autorisés. Allez comprendre… Bref, des consignes « question-réponses » très parisiennes, et encore ! on avait pu espérer que depuis les grèves de décembre, le regard de nos gouvernants sur le biclou avait évolué. On s’est trompé·e·s.
Ce qui nous atterre vraiment, par contre, c’est que même dans notre beau département cyclable du Bas-Rhin, on aime taper sur la tête de celles et ceux qui se déplacent quotidiennement à vélo pour aller travailler.
La Vélorution s’est poursuivie à l’ARES, où une centaine de personnes est venue assister à notre soirée. Le collectif y a présenté ses revendications pour une ville cyclable et Olivier Schneider de la FUB a posé aux colistiers présents (ni femme, ni tête de liste, dommage !) 4 questions thématiques (vélo pour tou.te.s, place de la voiture, incivilités, budget).
Vue aérienne de deux carrefours importants de la ville : la couleur rouge symbolise – vous l’aurez deviné – l’emprise de la voiture sur l’espace public, le bleu représente les quelques trottoirs où les piétons sont relégués, et le violet (quand il y en a) la part homéopathique réservée aux vélos.

L’avenue des Vosges est l’un des axes majeurs de Strasbourg et jusqu’en 2019, sur ses 30 mètres de large, 25 étaient phagocytés par les seules automobiles, en circulation ou à l’arrêt. Il fallait avoir le cœur et les poumons bien accrochés pour y rouler à vélo, ou alors avoir un GPS entre les oreilles pour connaître les itinéraires parallèles permettant d’éviter le flot de voitures !







