Coronavirus : le vélo en prend pour son grade !

La France est à l’arrêt, le pays est confiné pour soulager des hôpitaux et des personnels de santé déjà bien mal en point…

Bref. Dans ce bazar mondialisé, deux choses nous font réagir, en rapport direct avec notre vélo chéri :

La première concerne les atermoiements persistants du gouvernement au regard du vélo : vélo autorisé, interdit… Finalement, on peut faire du vélo transport, mais pas de vélo loisir, ou alors, seulement « pour aérer les enfants », suivis par un adulte à pied. Le vélo est confiné, donc, à son statut de jouet. Pour tous les autres sports individuels, pas de soucis, ils restent, eux autorisés. Allez comprendre… Bref, des consignes « question-réponses » très parisiennes, et encore ! on avait pu espérer que depuis les grèves de décembre, le regard de nos gouvernants sur le biclou avait évolué. On s’est trompé·e·s.

Heureusement, Weelz est là pour nous rappeler que, dans le décret, seule base légale de verbalisation, ce tri entre loisirs autorisés et proscrits est inexistant.

Mais bon, ça vient de la « France de l’intérieur », ils n’ont pas la culture vélo, on passe l’éponge.

piste cyclable fermée par le département du Bas-RhinCe qui nous atterre vraiment, par contre, c’est que même dans notre beau département cyclable du Bas-Rhin, on aime taper sur la tête de celles et ceux qui se déplacent quotidiennement à vélo pour aller travailler.

Il en va ainsi de la fermeture de la piste cyclable le long de la piste cyclable de la Bruche gérée par le département, mais également le canal de la Marne au Rhin à partir de Vendenheim, le canal du Rhône au Rhin à partir de Plobsheim.

Fermée à titre préventif par un Conseil départemental qui se revendique « membre fondateur de l’association Vélo & Territoires », la piste du canal de la Bruche est pourtant un axe majeur d’accès à Strasbourg pour les travailleurs et travailleuses à vélo de l’ouest de l’agglomération. Au delà de cette pénalisation injustifiée – l’article des DNA rappelle que, loin de l’image du cycliste indiscipliné, la fréquentation y est actuellement modérée le conseil départemental envoie un signal clair : le vélo n’est pas vu comme un moyen de déplacement efficace, mais uniquement comme un loisir du dimanche ou un passe-temps pour touristes.

Une belle déclinaison locale des inepties décidées au niveau national, complètement à rebours de ce qui se passent dans de nombreuses grandes villes, ou la désertion des voitures a permis l’ouverture de pistes cyclables provisoires : Bogota, New-York, Mexico, Berlin, Calgary… Le but n’est pas d’inciter les gens à sortir de chez eux, mais à donner aux déplacements de première nécessité effectués à vélo, la sécurité légitime qui leur revient.

On a envie de dire : bon courage ! et de faire un gros câlin aux personnes faisant l’effort d’aller travailler à vélo dans cette période difficile, et à qui le département impose désormais, en plus, un détour au milieu des voitures ou la promiscuité des transports en commun, avec les risques que cela comporte dans les deux cas.