Jour 29 – 14/04/2020 – Et tout le monde s’enferme et pense à l’après confinement

Hier Lundi pascal, le président a parlé : nous sommes confinés jusqu’au 11 mai 2020. Puis, à partir du 11, on se déconfinera pour aller à l’école et au travail. Pas de réouverture de bar, de restaurant, de salles de concerts avant mi-juillet.
Ça sera peut-être plus, ça ne sera pas moins.

Ce matin, j’ai regardé une vidéo qu’une amie m’a partagée : Et tout le monde s’enferme. Une critique humoristique de notre condition qui propose d’envisager l’après. L’arrogant personnage de cette vidéo nous présente ses sources. L’une d’entre elles a attiré mon attention :
Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise
de Bruno Latour
publié le 30-03-2020 sur AOC-media

Bruno Latour est sociologue, anthropologue et philosophe des sciences.
Dans son texte, il s’interroge sur l’après-crise sanitaire.
Que garder de cette expérience de confinement ?
Que rejeter ?

Voici quelques extraits de son analyse :

« la preuve est faite, en effet, qu’il est possible, en quelques semaines, de suspendre partout dans le monde et au même moment, un système économique dont on nous disait jusqu’ici qu’il était impossible à ralentir ou à rediriger. »

« Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause, infléchi, sélectionné, trié, interrompu pour de bon ou au contraire accéléré. L’inventaire annuel, c’est maintenant qu’il faut le faire. A la demande de bon sens : « Relançons le plus rapidement possible la production », il faut répondre par un cri : « Surtout pas ! ». La dernière des choses à faire serait de reprendre à l’identique tout ce que nous faisions avant. »

« En nous posant ce genre de questions, chacun d’entre nous se met à imaginer des gestes barrières mais pas seulement contre le virus : contre chaque élément d’un mode de production dont nous ne souhaitons pas la reprise. »

« C’est que l’injustice ne se limite pas à la seule redistribution des fruits du progrès, mais à la façon même de faire fructifier la planète. Ce qui ne veut pas dire décroître ou vivre d’amour ou d’eau fraîche, mais apprendre à sélectionner chaque segment de ce fameux système prétendument irréversible, de mettre en cause chacune des connections soi-disant indispensable, et d’éprouver de proche en proche ce qui est désirable et ce qui a cessé de l’être. »

« D’où l’importance capitale d’utiliser ce temps de confinement imposé pour décrire , d’abord chacun pour soi, puis en groupe, ce à quoi nous sommes attachés ; ce dont nous sommes prêts à nous libérer ; les chaînes que nous sommes prêts à reconstituer et celles que, par notre comportement, nous sommes décidés à interrompre. »

Amusée par l’exercice de style « fabrique toi-même ton programme politique », j’ai donc décidé de répondre à ce questionnaire et de le partager. Cet écrit est le fruit d’une réflexion personnelle qui a débuté dès les premiers jours de confinement et transcrite en cette journée du 14 avril 2020, anniversaire de l’engloutissement du Titanic.Elle n’est donc pas exhaustive et se dirige peut-être vers l’iceberg ?
Peut-être que certaines réponses paraîtront mauvaises ou naïves,
peut-être insensées, mal-écrites, radicales, abstraites, infaisables ou je n’sais quoi.
C’est un jet.
Un p’tit jet.
C’est une contribution.

Je ne suis pas politicienne. Je n’ai pas toutes les cartes en mes mains. Il me manque des informations, des connaissances. Cet écrit est plus qu’incomplet.
Mais il existe et il a le mérite d’exister.Et si je dis des aberrations, elles seront bien heureusement adoucies par les réponses de chacun et englobées dans un tout. Cela se nomme « l’intelligence collective ».

Nous nous devons d’oser répondre à ce genre de proposition ! Car la politique n’est pas juste l’affaire des politiciens.

Lançons-nous :

Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?
– la reconsidération du tourisme et l’arrêt du tourisme de masse
– la réduction des transports aériens
– le ralentissement de notre temps et la réduction des heures de travail
– la fermeture des centres commerciaux
– l’arrêt des constructions arbitraires de grandes infrastructures

Question 2 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît nuisible/ superflue/dangereuse/ incohérente ; b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 1.)

  • Fin du tourisme de masse

a) pourquoi cette activité me paraît nuisible/superflue/dangereuse/incohérente ?
De plus en plus, le tourisme devient une activité irréfléchie. Le travailleur en vacances ne souhaite pas s’encombrer des problèmes inhérents au voyage.
Cette facilitation de l’accès nous amène pourtant peu à peu à ne plus réfléchir à notre rapport au voyage dans ces endroits que l’on s’en va découvrir.
Le tourisme de masse détruit peu à peu l’environnement.
Aujourd’hui, nous pouvons faire des séjours en bateau pour aller voir une dernière fois la banquise, ce qui la fragilise d’autant plus. Ou bien, nous pouvons partir à la découverte d’un pays tout en restant enfermés entre les grillages de nos plages propres à côté des plages immondes de détritus laissées aux locaux et aux animaux sauvages.
Depuis le début du confinement, des animaux en voie d’extinction ont élu domicile sur des plages désormais désertes et peuvent se reproduire en toute tranquillité.
De plus, bien souvent, ce tourisme contribue au parcage de l’être humain dans des hôtels all inclusive où il ne faudrait surtout pas qu’ils soient en relation directe avec la culture du pays qu’ils visitent.
Ce type de tourisme contribue donc aussi à l’asservissement de l’être humain qui, peu à peu, se laisse volontairement emprisonné, trop épuisé par le rythme effréné de son travail pour envisager des vacances actives.
Ça a doit être confortable, je n’en doute, pas mais quelle incohérence de voyager ainsi ! Et à part le divertissement pur et simple, quel sens cela a pour nous ?

b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ?
Cet arrêt du tourisme de masse permettrait à ce que d’autres formes de tourismes, à taille humaine, puissent être déployées.
Partir à la rencontre de notre propre culture et histoire, de nos voisins, de ce qu’il y a déjà autour de nous, est un enrichissement parfois bien plus dépaysant que partir dans une contrée lointaine et rester entouré par des gens comme nous.
Pouvoir partir dans d’autres conditions, avec un rapport de proximité aux cultures qui nous accueillent, favoriser les accueils chez soi et les échanges de maisons ou d’appartement sont autant de manières plus humaines d’envisager le voyage.
Il s’agit de repenser le voyage en tant que tel et non la destination.
Nous pourrions envisager le tourisme au travers de la découverte d’activités et de lieux investis de vie sans ces rapports consuméristes bien trop pregnants. Le coachsurfing ou bien le woofing (l’accueil dans des fermes en échange d’une aide), les implications bénévoles dans de petites associations locales, de terroir, de patrimoine etc. sont autant d’idées alternatives de vacances à développer.
Mais cela implique un autre élément non-négligeable : pour qu’un individu puisse envisager l’idée de pouvoir aider durant ses vacances, encore lui faut-il ne pas être éreinté par son emploi.
Cela implique donc un ralentissement dans notre manière d’envisager l’emploi : travailler moins pour l’argent et plus pour des œuvres auxquelles on croit.

  •  Réduction des transports aériens

a) pourquoi cette activité me paraît nuisible/superflue/dangereuse/incohérente ?
Le transport aérien est directement lié au tourisme de masse et aux nombreux voyages sans autre intérêt que de pouvoir dire : « j’ai fait tel ou tel pays » tout en prenant un selfi avec un paysage que certains ne prennent pas le temps de regarder, pour revenir rapidement étaler son incroyable vie à ses copains des réseaux sociaux.Quelle chance avons-nous de pouvoir voyager, nous déplacer vers des contrées lointaines enrichissantes et épanouissantes ! Quel privilège de pouvoir sortir de notre petite coquille culturelle pour découvrir d’autres cultures. Mais quel luxe ! Et à quel prix ?
Sans parler de tous ces voyages d’affaires non-nécessaires et exports non-nécessaires de marchandises.

b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ?
Je renvoie à ma réponse sur le tourisme.
De plus, cet arrêt des transports aériens nous permettrait de favoriser les échanges locaux, ainsi que d’avoir de meilleure connaissances sur la provenance de ce que l’on mange.
Mais attention, le risque serait alors de réserver l’avion à une élite.

  • le ralentissement de notre temps, réduire les heures de travail

a) pourquoi cette activité me paraît nuisible/superflue/dangereuse/incohérente ?
Pourquoi le travail me paraît nuisible ?
Pourquoi, pourquoi ?
Travailler, c’est bien. C’est important.
Travailler plus, gagner plus !
Le travail nous émancipe.
Travail, famille, patrie.
Arbeit macht frei !

Je dirais que, selon moi, et ça ne tient qu’à moi, la considération actuelle de notre manière de travailler s’apparente davantage à un asservissement qu’à une émancipation.
De plus en plus, il apparaît comme n’ayant aucun sens pour le salarié.
Il y est instauré des politiques de compétitivité saupoudrées d’une hiérarchisation malsaine qui permet que le dur labeur ne profite qu’à ceux qui sont au plus haut de la pyramide.
J’émets pourtant un bémol, le travail peut être une nécessité.
S’ennuyer à la maison est insupportable pour bien d’entre nous (désormais nous en connaissons beaucoup sur ce sujet)

Sauf que se lever le matin pour faire un travail qui n’a pas de sens, pour pouvoir entrer suffisamment d’argent pour payer des factures et pour consommer, consommer, consommer et oublier notre condition, me semble néfaste, néfaste, néfaste à la condition humaine.
Nos métiers doivent avoir du sens !
Notre paresse doit pouvoir être acceptée sans être jugée.
Pour en savoir plus, je recommande une conférence aussi intéressante que divertissante : Éloge de l’oisiveté de Dominique Rongvaux.

b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ?
Réduire notre temps de travail nous permettrait d’être davantage présent pour nous-mêmes et nos proches.
Nous aurions assez de temps pour envisager l’importance de nos vies, nous enrichir de culture, améliorer nos rapports aux autres et être moins pressés devant celui qui demande notre aide et que nous feintons de ne pas voir.
Combien de personnes qui s’ennuient actuellement cherchent à donner du sens à leur journée en apportant leur aide ?
Combien s’inscrivent pour faire du bénévolat ?
Combien fabriquent des masques, des repas pour les pauvres ?…
Le voyage, lui aussi, s’avérerait changé. Il pourrait être plus long. Nous prendrions le temps de regarder autour de nous, de rencontrer ces personnes que nous croisons sur nos chemins.
Le temps et l’ennui sont facilitateurs d’un mouvement psychique interne qui anime la créativité.
Qui était écrivain jadis ?
Qui était penseur ?
Ceux qui avaient les moyens de prendre ce temps pour penser.
Pour sûr, ils n’étaient pas obligé de partir travailler à l’usine ou au champ.
Aujourd’hui, plus que toute autre période, nous sommes nombreux, pauvres, moins pauvres ou bourgeois, à être autorisé à rester chez nous, nous laissant un temps considérable pour penser comme ces bourgeois d’en-temps.

  • les centres commerciaux et, je rajouterais, les supermarchés. Bien qu’ils ne soient pas fermés, ils fonctionnent au ralenti.

a) pourquoi cette activité me paraît nuisible/superflue/dangereuse/incohérente ?
La surconsommation contribue à un système qui exploite les gens et leurs territoires.
Des champs de coton ouzbékistanais pour nos vêtements aux mines de coltan congolaises pour nos téléphones.
De l’exploitation des droits du travail dans les pays plus laxistes à l’exploitation des enfants des pays les plus démunis.
Du braconnage à l’exploitation légale, mais non moins dévastatrice, des animaux sauvages amenant de nombreuses nouvelles maladies…
Tous nous participons à une mascarade globale qui détruit non seulement notre environnement mais aussi, et surtout, notre humanité.
De quelle perte d’humanité je cause ?
Au sens littéral, la mort progressive des êtres humains contaminés par de nouvelles maladies, ces zoonoses comme le coronavirus.
Au sens figuré, la perte progressive de notre empathie favorisée par notre individualisme outrancier et la perte progressive de nos relations sociales nous obligeant à considérer de nouvelles relations avec des robots sociaux et cela, jusque dans nos foyers.
Enfin, la surconsommation contribue à la constitution d’un continent entier de déchets plastiques.

b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ?
De plus en plus d’initiatives d’échanges, de troc, de deuxième vie pour nos objets, s’élaborent.
Tant de mobiliers, d’électroménagers, de jouets pour enfants, de vêtements encore en très bon état, ne demandent qu’à être utilisés.
Je ne vois aucune raison d’acheter du neuf alors que nous croulons déjà sous les objets dont nous désirons nous débarrasser aussitôt achetés.
Autant le faire entre nous.
La technologie a du bon dans ces moments là. Il grouille de sites et d’applications internet qui permettent de faire ce genre d’achats et échanges éthiques.

  • la construction arbitraire de grandes infrastructures

a) pourquoi cette activité me paraît nuisible/superflue/dangereuse/incohérente ?
Des aéroports, des autoroutes, des ports, des complexes de loisirs bâtis notamment par le grand Vinci et certainement d’autres copains à lui…
toutes ces infrastructures ne sont pas indispensables.
Pire, elles détruisent l’environnement et la biodiversité et sont souvent le fruit de relations véreuses entre politiques publiques et privée.
Ces pratiques sont souvent cachées bien sûr.
Et si elles ne le sont pas, tout est fait pour qu’on n’y comprenne rien si on n’est pas expert.
Ces échanges dépassent alors assez facilement tout citoyen, le noyant dans un flot d’informations l’empêchant de comprendre les tenants et les aboutissants de telle ou telle démarche.
Alors le citoyen est bien obligé de se garder d’avoir un avis sur le sujet et il préfère laisser les décisions aux personnes qui semblent savoir de quoi elles parlent.

b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ?
Je préférerais privilégier et développer les transports en commun et les rendre gratuits et accessibles : tramways, trains, bus, pistes cyclables etc.
Au lieu de construire des Center parcs, club Merde et autres aberrations,autant privilégier les petites infrastructures d’accueil et la rencontre entre les habitants ou les échanges de maisons. Ceci, je l’ai déjà soulevé pour le tourisme.
Pourquoi ne pas privilégier le local plutôt que les transports maritimes de denrées exotiques dont le goût est infâme ou, au mieux, fade, lorsqu’il arrive à bon port.

Question 3 : Quelles mesures préconisez-vous pour que les ouvriers/ employés/agents/ entrepreneurs qui ne pourront plus continuer dans les activités que vous supprimez se voient faciliter la transition vers d’autres activités ?

  • pour le tourisme de masse

Au lieu de travailler dans les grands complexes, les employés pourraient travailler dans des centres touristiques locaux où il manque de personnel. On pourrait développer davantage d’offices du tourisme, avoir plus de guides dans les musées ou dans des lieux touristiques.
Cela permettrait de surcroît de meilleures connaissances sur l’environnement qui est visité. On pourrait favoriser la communication et la sensibilisation du touriste qui se rend sur ces lieux très fréquentés. Il se sentirait alors impliqué, concerné et non pas un individu lambda de passage considéré alors comme « je-m’en-foutiste ».

  • pour le transports aériens

Si l’on développe davantage les transports en commun, de nombreux postes pourront être pourvu… ?

  • pour la fermeture des centres commerciaux

Pourquoi ne pas proposer aux personnes d’investir des entreprises locales qui ont besoin de personnel mais qui n’ont pas les moyens de se développer ?
Pourquoi ne pas choisir des secteur d’activités qui correspondraient plus à nos aspirations ?
Et donc, pourquoi ne pas envisager le revenu universel ?

  • pour la construction arbitraire de grandes infrastructures

Pourquoi ne pas investir tout ce temps et cet argent perdu pour le placer dans la rénovation des maisons abandonnées, du patrimoine, des ruines de château et tout ce qui est déjà mal entretenu ?

Question 4 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/ reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement ?
– hébergement des sans abris
– légalisation des sans papiers
– production des produits locaux et circuits courts
– locaux et appartements vides mis à disposition
– revenu universel
– retour au jardinage
– aide aux personnes vulnérables et âgées
– développement et gratuité des transports en commun
– fermeture des ehpad

Question 5 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît positive ; b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez ; et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 4.)

  • hébergement des sans-abris et légalisation des sans papiers

a) pourquoi cette activité vous apparaît positive ?
Parce qu’elle donne à tous un toit, ce qui est un droit, une nécessité et non un privilège, un besoin et non un luxe. De nombreux lieux ont été réquisitionné pour loger des personnes. C’est donc possible.

b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez
Héberger des personnes permet de leur redonner une dignité et de penser au-delà de la survie.
Alors, ce temps peut être investi autrement, dans l’investissement et l’implication dans des activités épanouissantes tout comme la possibilité d’envisager enfin une place dans la société.

c) comment elles permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ?
Celui qui ose tourner le regard vers nos fous, nos vieux, nos prisonniers et nos pauvres, il voit la considération de l’humain dans notre société.
Un frisson lui parcourt alors le dos.
Mieux considérer l’humain, quelque soit son statut, son origine et tous les éléments arbitraires qui marquent sa vie, contribue à une évolution vertueuse de la société.

  • production des produits locaux et circuits courts

a) pourquoi cette activité vous apparaît positive
Elle est meilleure pour la santé, pour l’environnement, pour l’économie locale, pour les petites entreprises…

b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez
Cela facilite les échanges entre les personnes, ça favorise la rencontre, privilégie l’accueil. On mange mieux…
Par cette prise de conscience, on reprend le pouvoir sur notre manière de consommer.

c) comment elles permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ?
Une consommation locale implique une réduction des transports fluviaux, aériens et routiers.

  • locaux et appartements vides mis à disposition

a) pourquoi cette activité vous apparaît positive
Cette solution humaniste ne profite pas qu’à un propriétaire qui ne sait que faire de tous ses appartements, maisons et autres demeures.

b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez
Elle permet à tous d’avoir un toit et de se sentir protégé. Elle permet l’échange, la solidarité et la rencontre. Elle œuvre pour une humanité…

  • revenu universel

a) pourquoi cette activité vous apparaît positive
Le revenu universel permet à chacun de pouvoir avoir un revenu décent et de pouvoir subvenir à ses besoins et à ceux de son foyer.

b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez
Le revenu universel permet d’envisager le travail autrement, de penser différemment que « travailler plus pour gagner plus ». Une charge mentale en moins qui favorise la curiosité, l’envie d’apprendre, la tranquillité d’esprit, la culture, la lecture, le partage…

c) Comment elles permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ?
Le revenu universel lutte contre le profit.
Profit qui ne profite qu’aux profiteurs.
Il permet de ralentir le rythme effréné de nos vie où l’on court sans savoir vers où l’on va. (Raymond Devos le démontre si bien dans la combinaison de ses deux squetchs : Où courent-ils ? et Plaisir des sens)

  • retour individuel au jardinage

a) pourquoi cette activité vous apparaît positive
Il n’y a a pas plus court comme circuit qu’un potager sur sa terrasse ou dans son jardin.

b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ?
Admettons qu’on ait tous quelques plantes chez nous, on pourrait tous échanger les quelques denrées que nous avons, nos plantes, échanger nos boutures avec nos voisins.
Un potager rend indépendant, autonome et moins vulnérable.
Et quelle fierté d’avoir dans son assiette les produits de son jardin !

  • l’aide aux personnes vulnérables et âgées

a) pourquoi cette activité vous apparaît positive
La solidarité, l’entre-aide combat la solitude. Nous courons tous vers la vieillesse et la mort. Comment ne pas l’envisager avant que ça nous arrive ?

b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ?
Si nous avons le temps, que nous travaillons moins, que nous avons un revenu décent, alors nous n’avons plus cette charge mentale qui nous empêche de penser à quiconque d’autre que nous-mêmes.
Alors on arrêterait peut-être de parquer nos vieux dans des mouroirs.

  • développement et gratuité des transports en commun

a) pourquoi cette activité vous apparaît positive
Le développement des transports en commun nous donnerait la possibilité de nous déplacer, gratuitement et elle désengorgerait les routes bien trop fréquentées.

b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez
Elle facilite les déplacements et donc le fait d’aller au travail, d’aider autrui, de nous rendre disponibles, de ne plus être stressés dans les embouteillages…

c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ?
Le développement et la gratuité des transports en commun évite la construction de routes inutiles.

  • Fermeture des ehpad

a) pourquoi cette activité vous apparaît positive
Fermer les ehpad permettrait de renouer avec ceux qui sont le plus à même de transmettre.
Les ehpad sont désinvestis par les soignants.
On les considère comme des mouroirs.
Il est trop facile de mettre des gens dans une jolie cage et de les oublier parce qu’on a mieux à faire.
Force est de constater qu’il en va de même pour nos fous.

b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ?
Moins d’argent sera dépensé dans ces institutions privées qui font leur profit sur la vie humaine.
Il serait possible d’investir dans d’autres possibilités à destination des personnes « âgées dépendantes » :
de plus petites demeures, qui ne seraient pas investies uniquement par des personnes âgées, mais aussi des enfants, à côté de crèches.

Question 6 : Quelles mesures préconisez-vous pour aider les ouvriers/ employés/agents/entrepreneurs à acquérir les capacités/ moyens/ revenus/ instruments permettant la reprise/ le développement/ la création de cette activité ?
Le revenu universel serait une solution.
Envisageons la possibilité d’un parrainage entre des individus mais aussi la contribution des associations, services et différents secteurs qui proposeraient des stages et des formations dans tous les domaines, notamment ceux du social.
Car si chacun a la possibilité d’envisager le travail autrement alors, je suis persuadée qu’il prendra autant de plaisir à transmettre.

Voici mon programme, mon humble contribution au cahier de doléances.
J’espère qu’elle permettra l’émergence d’autres idées pour envisager un changement de nos rapports à ce qu’on appelle, sans trop savoir ce que c’est,« la vie ».

Pour aller plus loin…

« Trouvez ensuite un moyen pour comparer votre description avec celle d’autres participants. La compilation puis la superposition des réponses devraient dessiner peu à peu un paysage composé de lignes de conflits, d’alliances, de controverses et d’oppositions. »

Toi aussi tu peux faire cet exercice.
Jouer le jeu. Et partager tes réponses sur le site internet qui les répertorie.

Tu as le temps.
Tu as l’esprit.
Tu as la pensée.
Taïaut !

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1 réponse à Jour 29 – 14/04/2020 – Et tout le monde s’enferme et pense à l’après confinement

  1. Cath dit :

    J’ai fini par lire ton article sans commencer ma propre contribution. Mais la tienne résume pleins de choses qui me semblent essentielles et c’est beaucoup mieux écrit que si je l’avais fait. J’essaierai quand même de me prendre à l’exercice, mais en tout cas merci pour cette réflexion. ça soulève des tas de questions, notamment sur notre façon de consommer et de considérer notre temps/travail. A chacun maintenant d’ajouter sa pierre en mettant en place toutes ces belles idées.. Promis je n’irai plus en voyage en prenant l’avion 6 fois sur un mois, promis j’essaierai d’aller moins au supermarché. Promis j’essaierai de ne plus acheter des kinder pinguis.

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