La tirade de Mimir (hommage à E. Rostand)

Il était une fois dans les ruelles de la Krutenau.
Une petite maison intriguant les badauds.
L’un d’entre eux, un peu taquin, décide de lui lancer « un de ces traits » :
« Mimir en travaux ?!!!
Mais Mimir, c’est toujours en travaux !! »

« Toujours. » Répond la maison, gravement .

Le badaud riant : « Ah ! »

Et Mimir demande, imperturbable : « C’est tout ? »

Le badaud : « Mais… »

Elle s’élance alors :
« Ah ! Non ! C’est un peu court jeune homme !
On pouvait dire… Oh ! Dieu !… Bien des choses en somme.
En variant le ton, – par exemple tenez – :

Agressif : Moi, Monsieur, si j’m’en occupais,
Ça ferait bien longtemps que ce serait terminé.
Amical : Ça n’est pas difficile sans finance extérieur ?
Je vous donnerai un euro pour ce dur labeur.
Descriptif : C’est un roc… C’est un pic… C’est un cap ! Que dis-je c’est un cap ?… C’est une péninsule.
Curieux : C’est combien en calculs ?
Mais comment faites-vous pour que les travaux avancent ?
Pléthore de bénévoles ! Il faudrait qu’on y pense !
Gracieux : Aimez-vous à ce point les souris,
Que maternellement vous puissiez vous soucier
De donner un toit à leurs petits bébés ?
Prévenant : sachez vous protéger,
Tête, mains, pieds et toute extrémité.
Tendre : Un câlin aux murs de temps en temps ;
Ils sauront vous le rendre au meilleur moment.
Pédant : Il n’est diantre guère si compliqué
Que de réparer une si p’tite maisonnée !
Emphatique : Oh ! Terrible maison ! Nombreux tu as fait fuir
Devant l’immensité de ton âme à construire.
Dramatique : C’est une montagne ! Gare aux avalanches !
Admiratif : On va pouvoir tant y faire
Projections, expos et quelques bons concerts !
Lyrique : C’est une coquille ?! Seriez-vous des poussins ?
Naïf : Qu’est-ce donc que cette grande maison,
Qui semble être investie par de drôles de lurons ?
Respectueux : Votre travail mérite d’être salué !
Même si la maison n’est pas terminée.
Campagnard : eh beh l’ami. S’rait-il pas s’foutre d’nos poires
Que d’faire croire qu’vous faites aut’chose que d’boire ?
Militaire : Garde à vous ! Marteau sur l’épaule !
Pratique : Marche après marche.

Voilà ce qu’à peu près, de la Maison vous pourriez penser,
Surtout si son seuil, vos pieds n’ont guère foulé
Mais de travaux c’est sûr, elle en a besoin
Et plus encore de bénévoles, c’est certain ! »

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