Le 22 juin : les Bains au Conseil municipal !

Lettre ouverte aux Conseillers municipaux de Strasbourg à propos des Bains municipaux : 

Mesdames, Messieurs les Conseillers municipaux, 

Vous vous apprêtez à voter pour, voter contre ou vous abstenir, ce lundi 22 juin, lors de la présentation du projet de délibération 26 – attribution d’une étude sur les Bains municipaux à la SPL des Deux Rives – et nous apprenions hier que, sans attendre votre décision, la SPL des Deux Rives a déjà lancé, le 17 juin, un appel d’offres concernant cette même mission (voir l’avis, en pièce jointe).

En plus d’être surprenante, une telle anticipation est-elle légale ? En mettant ainsi « la charrue avant les boeufs », la municipalité n’enfreint-elle pas les règles de la démocratie locale ? Peut-on faire semblant de consulter les élus, alors que les choix ont déjà été faits, que les démarches sont en cours ? En tout cas, ceci démontre : 

1/ que l’exécutif municipal se moque bien de votre avis ;

2/ que la SPL n’a aucun moyen ni compétence propres pour s’occuper de ce dossier puisqu’elle doit, elle-même, solliciter un autre bureau d’études ;

3/ que cette délibération porte en réalité sur un mandat à la SPL pour s’occuper de l’avenir des Bains et non sur une simple étude comme il y est écrit. Pourquoi les services de la Ville ne peuvent-ils se charger de cette étude (35 personnes au service Etudes Construction) ?

Au passage nous découvrons, dans les pièces jointes à cet appel d’offres, l’étude programmatique ISC de 2009 que nous demandons en vain depuis des semaines et qu’on ne vous a probablement jamais communiquée. Un rapide survol montre qu’elle est très complète et on se demande bien ce qu’il était si nécessaire de cacher… en dehors du désir de conserver en petit comité le diagnostic et l’information sur les Bains – le savoir, c’est le Pouvoir !

LA CHARTE

Une charte, définie par le dictionnaire : « un écrit solennel destiné à consigner des droits ou régler des intérêts »

Accompagnant la délibération proprement dite pour confier l’étude a la SPL, on vous demande aussi de voter une « charte » pour la rénovation des Bains. Il y aurait beaucoup à dire, mais l’essentiel est que ce document, bien loin de garantir un bon projet, entérine de fait l’abandon à venir de la majeure partie des Bains au secteur privé, puisqu’il limite l’accès public à une piscine et quelques douches…

LE PROJET DE DELIBERATION

Le rapport de présentation de la délibération, évoque tant de problèmes relatifs à la « vétusté » des Bains municipaux, puis « l’urgence des travaux »… Or, il faut rappeler que, si l’on considère les 25 dernières années (1/4 de siècle, quand même !) de gestion municipale à Strasbourg, 19 ans durant sous la gouvernance des Socialistes, dont 10 ans sous celle de Roland Ries, aucune initiative n’a été prise pour faire évoluer l’établissement de Bains… !

De plus – et de façon tout à fait contradictoire – il affirme que le coût d’exploitation de cet équipement (3 millions d’euros/an ?) est beaucoup plus important que celui d’un « équipement aquatique traditionnel » ; en début du rapport, il est indiqué qu’il « s’agit d’un « ensemble architectural de grande qualité, témoin remarquable du courant Jugendstil (…) inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Les baignoires en faïence, la robinetterie en cuivre et laiton, les carrelages en marbre, les boiseries ainsi que beaucoup d’installations sont ainsi protégées »…

Or, si les mots ont encore un sens il faut savoir définir les Bains municipaux : sont-ils un «équipement aquatique traditionnel » ou bien un « équipement exceptionnel » ?

Le collectif « La Victoire pour tous » considère qu’il s’agit d’un équipement exceptionnel, sans équivalent en France et que sa vocation est celle de rester dans sa totalité un lieu de bain public. Patrimoine de tous les Strasbourgeois, son avenir ne peut pas résulter… d’un non-dit ou d’une confusion verbale ! 

PROPRIETE DE LA VILLE… OU PATRIMOINE IMMOBILIER DE L’EUROMETROPOLE ?

Il ne peut être question d’un démembrement ou de cession à une autre entité publique et, à fortiori, à un opérateur privé. Or, dans le rapport de présentation, il est question de « conserver ce bâtiment d’exception dans le patrimoine immobilier des collectivités Ville de Strasbourg et Eurométropole » ; dans la charte proposée, l’on considère que le projet de rénovation devra «valoriser la dimension patrimoniale exceptionnelle du bâtiment, dont la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg garderont la propriété ». Formulations plutôt étonnantes, car le propriétaire unique de ce patrimoine immobilier est la Ville de Strasbourg. 

Une cession à l’Eurométropole serait-elle envisagée ?

LE DIALOGUE…

Notre Collectif a toujours été ouvert à la discussion sur l’avenir des bains. Et c’est pourquoi nous avons tout fait pour que le débat soit porté dans la cité – ce qui est aujourd‘hui le cas. Nous souhaitons, bien entendu, que la municipalité engage un dialogue avec tous les acteurs sociaux de la ville et les représentants du personnel, ainsi que mentionné dans la charte proposée.

Or, malgré des demandes réitérées et au mépris de ses obligations légales, la Mairie ne nous a toujours pas permis de prendre connaissance des nombreuses et précédentes études réalisées.

De même, si à ce jour notre pétition a déjà récolté plus de 5000 signatures, nous n’avons jamais obtenu l’autorisation de la déposer, pour être signée, à l’intérieur de l’établissement.

Nos relevons également le fait que l’accès à l’établissement, pour une visite en compagnie du collectif, a été récemment refusé à un media local, sous prétexte que nous n’avons pas le même avis que l’autorité municipale !

Il faudra donc que la municipalité commence par mettre ses actes en cohérence avec son discours sur la « démocratie participative » ! Et le dialogue pourra se faire.

L’engagement de ce dialogue public est nécessaire non seulement parce que les Bains municipaux sont le patrimoine commun des Strasbourgeois, mais aussi pour mettre fin aux rumeurs circulant sur l’adossement de cet équipement à des établissements hôteliers et autres…

ET VOUS ?

Si la spoliation qui leur est faite de l’un des équipements emblématiques de l’Histoire sociale de notre ville n’échappe pas aux citoyens, il est clair que tout cela ne saurait être ignoré par les élus – et notamment ceux appartenant à la majorité municipale, socialistes et/ou écologistes.

Bien de Socialistes (des élus, mais aussi des militants) ont manifesté leur désaccord en 2010, lorsque la privatisation des Bains était annoncée par un bail emphytéotique, puis par un PPP. Des écologistes, moins nombreux qu’aujourd’hui dans l’équipe municipale, certes, mais poussés par des militants clairement contraires à la privatisation de ces lieux, avaient également manifesté leur désaccord. En plus de la mobilisation des Strasbourgeois, ces débats au sein de la majorité ont sûrement compté pour que, en 2011, Roland Ries renonce finalement à ce projet.

Or, certains de ces élus sont encore présents dans cette assemblée – et s’apprêtent à voter une délibération qui conduit, inévitablement, à la privatisation de l’établissement !

ENFIN…

Si cette privatisation se confirme – et malgré l’engagement « à coût constant » qui est annoncé – ceux qui bénéficieront des nouvelles conditions d’exploitation des services rénovés des Bains ne seront clairement pas les Strasbourgeois : on ne pourra plus parler d’un patrimoine municipal mais d’un « équipement de prestige », à l’usage d’une minorité.

Est-ce bien cela, le projet que vous voulez cautionner aujourd’hui ?

Tout en restant à l’écoute de vos commentaires et à votre disposition pour en débattre,

Avec nos respectueuses salutations.
Le Collectif « La Victoire pour tous »

_________________________________________

Pour voir les documents joints : 

Lettre recommandée à R. Ries et R. Herrmann – 06/06/2015

Lettre ouverte aux Conseillers municipaux – 22/06/2015

22 juin : Les Bains au Conseil municipal !

Lettre ouverte aux Conseillers municipaux de Strasbourg à propos des Bains municipaux : 

Mesdames, Messieurs les Conseillers municipaux, 

Vous vous apprêtez à voter pour, voter contre ou vous abstenir, ce lundi 22 juin, lors de la présentation du projet de délibération 26 – attribution d’une étude sur les Bains municipaux à la SPL des Deux Rives – et nous apprenions hier que, sans attendre votre décision, la SPL des Deux Rives a déjà lancé, le 17 juin, un appel d’offres concernant cette même mission (voir l’avis, en pièce jointe).

En plus d’être surprenante, une telle anticipation est-elle légale ? En mettant ainsi « la charrue avant les boeufs », la municipalité n’enfreint-elle pas les règles de la démocratie locale ? Peut-on faire semblant de consulter les élus, alors que les choix ont déjà été faits, que les démarches sont en cours ? En tout cas, ceci démontre : 

1/ que l’exécutif municipal se moque bien de votre avis ;

2/ que la SPL n’a aucun moyen ni compétence propres pour s’occuper de ce dossier puisqu’elle doit, elle-même, solliciter un autre bureau d’études ;

3/ que cette délibération porte en réalité sur un mandat à la SPL pour s’occuper de l’avenir des Bains et non sur une simple étude comme il y est écrit. Pourquoi les services de la Ville ne peuvent-ils se charger de cette étude (35 personnes au service Etudes Construction) ?

Au passage nous découvrons, dans les pièces jointes à cet appel d’offres, l’étude programmatique ISC de 2009 que nous demandons en vain depuis des semaines et qu’on ne vous a probablement jamais communiquée. Un rapide survol montre qu’elle est très complète et on se demande bien ce qu’il était si nécessaire de cacher… en dehors du désir de conserver en petit comité le diagnostic et l’information sur les Bains – le savoir, c’est le Pouvoir !

LA CHARTE

Une charte, définie par le dictionnaire : « un écrit solennel destiné à consigner des droits ou régler des intérêts »

Accompagnant la délibération proprement dite pour confier l’étude a la SPL, on vous demande aussi de voter une « charte » pour la rénovation des Bains. Il y aurait beaucoup à dire, mais l’essentiel est que ce document, bien loin de garantir un bon projet, entérine de fait l’abandon à venir de la majeure partie des Bains au secteur privé, puisqu’il limite l’accès public à une piscine et quelques douches…

LE PROJET DE DELIBERATION

Le rapport de présentation de la délibération, évoque tant de problèmes relatifs à la « vétusté » des Bains municipaux, puis « l’urgence des travaux »… Or, il faut rappeler que, si l’on considère les 25 dernières années (1/4 de siècle, quand même !) de gestion municipale à Strasbourg, 19 ans durant sous la gouvernance des Socialistes, dont 10 ans sous celle de Roland Ries, aucune initiative n’a été prise pour faire évoluer l’établissement de Bains… !

De plus – et de façon tout à fait contradictoire – il affirme que le coût d’exploitation de cet équipement (3 millions d’euros/an ?) est beaucoup plus important que celui d’un « équipement aquatique traditionnel » ; en début du rapport, il est indiqué qu’il « s’agit d’un « ensemble architectural de grande qualité, témoin remarquable du courant Jugendstil (…) inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Les baignoires en faïence, la robinetterie en cuivre et laiton, les carrelages en marbre, les boiseries ainsi que beaucoup d’installations sont ainsi protégées »…

Or, si les mots ont encore un sens il faut savoir définir les Bains municipaux : sont-ils un «équipement aquatique traditionnel » ou bien un « équipement exceptionnel » ?

Le collectif « La Victoire pour tous » considère qu’il s’agit d’un équipement exceptionnel, sans équivalent en France et que sa vocation est celle de rester dans sa totalité un lieu de bain public. Patrimoine de tous les Strasbourgeois, son avenir ne peut pas résulter… d’un non-dit ou d’une confusion verbale ! 

PROPRIETE DE LA VILLE… OU PATRIMOINE IMMOBILIER DE L’EUROMETROPOLE ?

Il ne peut être question d’un démembrement ou de cession à une autre entité publique et, à fortiori, à un opérateur privé. Or, dans le rapport de présentation, il est question de « conserver ce bâtiment d’exception dans le patrimoine immobilier des collectivités Ville de Strasbourg et Eurométropole » ; dans la charte proposée, l’on considère que le projet de rénovation devra «valoriser la dimension patrimoniale exceptionnelle du bâtiment, dont la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg garderont la propriété ». Formulations plutôt étonnantes, car le propriétaire unique de ce patrimoine immobilier est la Ville de Strasbourg. 

Une cession à l’Eurométropole serait-elle envisagée ?

LE DIALOGUE…

Notre Collectif a toujours été ouvert à la discussion sur l’avenir des bains. Et c’est pourquoi nous avons tout fait pour que le débat soit porté dans la cité – ce qui est aujourd‘hui le cas. Nous souhaitons, bien entendu, que la municipalité engage un dialogue avec tous les acteurs sociaux de la ville et les représentants du personnel, ainsi que mentionné dans la charte proposée.

Or, malgré des demandes réitérées et au mépris de ses obligations légales, la Mairie ne nous a toujours pas permis de prendre connaissance des nombreuses et précédentes études réalisées.

De même, si à ce jour notre pétition a déjà récolté plus de 5000 signatures, nous n’avons jamais obtenu l’autorisation de la déposer, pour être signée, à l’intérieur de l’établissement.

Nos relevons également le fait que l’accès à l’établissement, pour une visite en compagnie du collectif, a été récemment refusé à un media local, sous prétexte que nous n’avons pas le même avis que l’autorité municipale !

Il faudra donc que la municipalité commence par mettre ses actes en cohérence avec son discours sur la « démocratie participative » ! Et le dialogue pourra se faire.

L’engagement de ce dialogue public est nécessaire non seulement parce que les Bains municipaux sont le patrimoine commun des Strasbourgeois, mais aussi pour mettre fin aux rumeurs circulant sur l’adossement de cet équipement à des établissements hôteliers et autres…

ET VOUS ?

Si la spoliation qui leur est faite de l’un des équipements emblématiques de l’Histoire sociale de notre ville n’échappe pas aux citoyens, il est clair que tout cela ne saurait être ignoré par les élus – et notamment ceux appartenant à la majorité municipale, socialistes et/ou écologistes.

Bien de Socialistes (des élus, mais aussi des militants) ont manifesté leur désaccord en 2010, lorsque la privatisation des Bains était annoncée par un bail emphytéotique, puis par un PPP. Des écologistes, moins nombreux qu’aujourd’hui dans l’équipe municipale, certes, mais poussés par des militants clairement contraires à la privatisation de ces lieux, avaient également manifesté leur désaccord. En plus de la mobilisation des Strasbourgeois, ces débats au sein de la majorité ont sûrement compté pour que, en 2011, Roland Ries renonce finalement à ce projet.

Or, certains de ces élus sont encore présents dans cette assemblée – et s’apprêtent à voter une délibération qui conduit, inévitablement, à la privatisation de l’établissement !

ENFIN…

Si cette privatisation se confirme – et malgré l’engagement « à coût constant » qui est annoncé – ceux qui bénéficieront des nouvelles conditions d’exploitation des services rénovés des Bains ne seront clairement pas les Strasbourgeois : on ne pourra plus parler d’un patrimoine municipal mais d’un « équipement de prestige », à l’usage d’une minorité.

Est-ce bien cela, le projet que vous voulez cautionner aujourd’hui ?

Tout en restant à l’écoute de vos commentaires et à votre disposition pour en débattre,

Avec nos respectueuses salutations.
Le Collectif « La Victoire pour tous »

APERO… AVEC TOUS ! – jeudi 28 mai

Pour sauver les Bains, rendez-vous jeudi 28 mai, sur les marches de la Victoire !

Bains escalier fc

Le collectif La Victoire Pour Tous vous attend ce jeudi 28 mai à 18h30, pour un apéro de plein-air, sur les marches de notre Grand Etablissement Municipal de Bains.

Ce moment convivial sera, cette fois-ci, l’occasion de vous faire part d’une démarche unitaire engagée par des associations, des syndicats et des partis politiques qui souhaitent, comme nous, que la Victoire reste un lieu de bain public au service de tous.

Vos amis, et les amis de vos amis sont aussi cordialement invités.

Chacun peut apporter une bouteille, deux ou trois gobelets, voire quelques trucs à grignoter.

Ci-joint, veuillez trouver le texte qui nous rassemble :

Les Bains municipaux en danger !

Non à leur démembrement et leur privatisation !

Oui à leur rénovation dans le cadre du service public !

La municipalité de Strasbourg, qui entend livrer les Bains municipaux de la Victoire à un gestionnaire privé, met tout en œuvre pour justifier et organiser son désengagement. Elle a depuis longtemps commencé à en réduire l’efficacité par manque d’entretien (robinets récalcitrants, peintures qui s’écaillent, crépi qui tombe)  puis a cherché à en ternir l’image par une communication négative systématique (propos sur les piscines trop petites, le déficit, les bains romains « de luxe », mensonge sur les massages, surenchère sur les coûts…). De fait, les Bains municipaux de la Victoire ont été retirés du plan Piscine, dans le but de les privatiser.

C’est sous-estimer la détermination des Strasbourgeois ! La municipalité ne semble pas mesurer leur attachement à ce bien commun, vécu comme appartenant à tous et accessible à tous depuis sa création. Citoyens et usagers l’affirment : ce joyau architectural est notre patrimoine. Nous ne voulons pas nous en laisser spolier au profit d’un hôtel de luxe destiné à une élite à hauts revenus.

Nous ne nous laisserons pas bercer de mots. PPP, SPL, DSP, SESS, bail emphytéotique : au bout du compte tout cela converge vers une gestion privée à but lucratif.

Si le conseil municipal de Strasbourg s’engage dans ce choix politique, cela veut dire qu’il fait le jeu de sociétés privées qui empocheront des bénéfices et demanderont en prime une compensation pour les prix des tickets de piscine consentis aux usagers.

Il faut au contraire, conserver l’esprit des lieux : un complexe d’activités liées à l’eau, ouvert et accessible à tous. C’est la condition de la mixité sociale. C’est une garantie du vivre ensemble.

Il faut concevoir un projet ambitieux de rénovation de l’ensemble, y compris les espaces désaffectés et la cour arrière. Un programme incluant des installations de grande qualité adaptées aux besoins des Strasbourgeois n’implique pas nécessairement des dépenses extravagantes.

Le mouvement unitaire qui est le nôtre se donne pour but de défendre l’intérêt commun d’une ville au riche patrimoine municipal et fière de le mettre à la disposition de tous.

Nous demandons à la ville de Strasbourg de s’engager clairement dans la rénovation et la gestion du service public des Bains municipaux.

Pour affirmer votre mobilisation, venez nombreux JEUDI 28 MAI, à un apéro solidaire* sur les marches de l’établissement, de 18h30 à 20h.

* Chacun peut apporter une bouteille, deux ou trois gobelets, voire quelques trucs à grignoter.

Premiers signataires, le 26 mai 2015 :

AGATE Neuhof – ATTAC Strasbourg – CFDT Eurométropole – CGT Eurométropole – Collectif La Victoire Pour Tous – FSU 67 – NPA 67 – Parti de Gauche 67 – PCF Fédération 67 – PCF Section Centre – Piscines Pour Tous – Solidaires Fonction Publique 67

DNA – Dans le grand bain de la SPL – 20/05/2015

Nous avons relevé un lapsus intéressant dans l’article : 

« Deux ans de débats, conduits par Robert Herrmann, ont abouti à soit une privation, soit une gestion publique… » 

Privation, au lieu de privatisation : lapsus du journaliste… ou de R. Ries ? Et si ce n’était pas un lapsus ?
DNA Dans le grand bain de la SPLPour bien lire l’article, cliquez sur ce lien : DNA-Page 44-20150520

Et pour voir la vidéo de l’interpellation de Jean-Philippe Vetter au Conseil Municipal, cliquez sur ce lien Interpellation JP Vetter – CM 18/05/2015

Les Bains au Conseil Municipal – 18 mai 2015

Lundi, le 18 mai 2015, Jean-Philippe Vetter aura invité une fois de plus les Bains au Conseil Municipal. Voici le texte de son interpellation.

Cependant nous vous invitons vivement à regarder la vidéo de cette interpellation et du débat qui l’a suivi : 15 minutes, mais assez pour se rendre compte de la gêne causée par le sujet dans cette assemblée. Les excellents arguments de l’élu de l’opposition n’ont malheureusement pas retrouvé d’écho auprès de certains membres de la majorité, ceux qui en 2010/2011 manifestaient clairement leur opposition à la privatisation des Bains Municipaux.

Silence vraiment assourdissant… comme l’a très bien signifié Vetter! 

Pour regarder la vidéo, cliquez sur ce lien : CM 18 mai 2015 – interpellation J.P. Vetter

 

CONSEIL MUNICIPAL DU 18 MAI 2015

Interpellation de Monsieur Jean-Philippe VETTER : L’avenir des Bains Municipaux doit être décidé démocratiquement.

 GROUPE STRASBOURG A VOS COTES – UMP, MODEM ET SOCIETE CIVILE

Monsieur le Maire,

Après mon interpellation lors du Conseil municipal du 23 mars 2015 et la mobilisation du collectif « La Victoire pour tous », la question de l’avenir des Bains Municipaux est désormais en débat.

Ce débat pourrait malheureusement ne pas avoir lieu dans cette enceinte jusqu’au bout car vous avez émis le souhait de confier l’avenir des Bains Municipaux à la SPL Deux-rives. Cette procédure vous permet de ne plus avoir à recourir au Conseil municipal pour acter en bonne et due forme  l’éventuelle privatisation d’une partie des bains municipaux.

Pourtant, si en mars 2014, plusieurs dizaines de milliers de Strasbourgeois se sont rendus aux urnes pour voter et élire leurs conseillers municipaux, c’est pour que les sujets importants pour notre ville puissent être débattus démocratiquement. L’avenir des Bains Municipaux, joyau architectural au cœur de la Neustadt en est un.

Le débat est d’autant plus important au sein du Conseil municipal que les perspectives qui se dessinent pour les Bains Municipaux semblent bien floues. Chaque jour dans la presse, nous apprenons de nouvelles hypothèses comme par exemple celle évoquant un hôtel de luxe, que votre adjoint Olivier Bitz ne récuse d’ailleurs pas.

Monsieur le Maire, afin que le débat puisse se poursuivre sereinement et de manière démocratique et ouverte au sein du Conseil municipal, je vous propose de renoncer à confier l’avenir des Bains Municipaux à la SPL Deux-Rives.

Je vous remercie.

 

DNA : La CGT défend les bains et le sauna pour tous – 14/05/2015


DNA-CGT-14-maiLa CGT-Eurométropole appelle à un rassemblement symbolique devant les bains municipaux mardi
prochain. Pour dire non à la casse du service public de façon générale et non à la privatisation annoncée d’une partie de la piscine de la Victoire.

Source : Les DNA, 14/05/2015

Les marches des bains municipaux sont très fréquentées ces jours-ci. Après l’apéro jeudi dernier du collectif la Victoire pour tous, fort d’une pétition de plus de 3 600 signatures, et qui s’inquiète d’un possible démantèlement des bains, voici annoncée la manifestation de la CGT Eurométropole, mardi prochain.
L’intérêt du syndicat pour le sujet ne date pas d’hier. Il s’était fortement mobilisé lors qu’unpremier projet de privatisation partielle avait été défendu par Robert Herrmann, alors premier adjoint chargé du dossier de la réhabilitation des bains municipaux.

Usagers et agents dans le même bateau

Aujourd’hui que la SPL des Deux-Rives a été désignée pour porter la rénovation, que l’adjoint Olivier Bitz a été chargé d’accompagner la résolution de l’épineux dossier, avec toujours la possible arrivée d’un partenaire privé, notamment pour le sauna et le bain romain, la CGT l’a mauvaise. Bertrand Blindauer, délégué syndical, ne mâche pas ses mots :
«On nous plante un couteau dans le dos en ressortant ce projet. »
Parce qu’il y a convergence entre les attentes des usagers et celles des agents de la collectivité, la CGT Eurométropole a donc choisi de manifester boulevard de la Victoire.
Sa lutte pour la préservation du service public, l’organisation la conçoit en effet en connexion avec la population :
« Le combat qu’on mène n’est pas destiné à préserver un acquis de fonctionnaire mais à garder un outil de service public. »
Le mouvement s’inscrit dans une journée d’action nationale sur la question de la réforme territoriale et a pour moteur l’opposition à « la casse du service public ». Une grève générale en novembre 2014 portait déjà ces revendications.
S’agissant des bains, que la municipalité ait assuré vouloir garantir l’accès à la piscine et aux douches aux mêmes prix, à défaut de s’engager sur les modalités d’accès au bain romain ou au sauna, fait bondir Bertrand Blindauer : « Le raisonnement nous choque. On vous dit « vous les pauvres, vous pouvez aller à la piscine, le reste sera réservé à ceux qui peuvent se le payer. Nous, on lutte pour l’égalité d’accès, y compris au sauna. »
L’inquiétude, aux bains municipaux ne porte pas sur l’emploi, est-il aussi précisé :
« L’enjeu est celui de l’accès du plus grand nombre à ce service public », réitère Bertrand Blindauer,qui appelle à un rassemblement au-delà des étiquettes.
Objectif, mobiliser de la manière la plus large et la plus durable.

MYRIAM AIT-SIDHOUM

Mardi 19 mai à 11h devant les bains municipaux

Pour lire l’article, cliquez sur le lien :  : Page 35-edition-de-strasbourg_20150514

 

LA LETTRE du Collectif – 13 mai 2015

Dessin : Fritz Beblo

Chers amis,

Nous vous remercions de votre soutien au Collectif de défense des Bains municipaux de la Victoire.

Depuis le début de notre mobilisation, nous avons déjà, grâce à l’activité de tous, réussi à recueillir plusieurs milliers de signatures. Notre manifeste a été publié dans la presse, des émissions de radio ont été diffusées et il ne se passe guère de jour où la question ne soit évoquée dans les medias.

Nous nous sommes rencontrés, nombreux, sur les marches de nos Bains, pour un apéro convivial, que nous espérons reconduire dans les semaines à venir.

Dès maintenant, nous tiendrons une petite permanence en plein air au même endroit, devant les Bains Municipaux, chaque jeudi ouvrable de 18h30 à 19h30 ; elle sera l’occasion d’échanger nos points de vue, de vous apporter de nouvelles du dossier et de faire signer la pétition aux usagers.

Nous avons répondu à l’invitation de M. Bitz, adjoint au maire chargé de la question mais aucune réponse n’a été donnée aux questions précises que nous avons posées sur les projets en cours, le rôle de la SPL appelée à gérer l’affaire. Nous sommes toutefois prêts à revenir à une table de discussion si le préalable de la privatisation est levé. Pour l’instant nous nous heurtons à une absence de réponse claire sur ce point. Et il n’est pas question de renoncer à notre principe fédérateur.

Dans l’immédiat, nous tentons d’empêcher que soit adoptée au Conseil municipal de juin la délibération confiant le dossier à la SPL Deux Rives, comme annoncé par le Maire. En effet, après une telle délibération, le dossier serait traité discrètement, sans débat public (ni entre les élus, ni par voie de presse) jusqu’à une possible décision finale de céder les Bains au privé (par un bail emphytéotique ou autre…).

Beaucoup d’entre vous souhaitent continuer à nous soutenir et même à intervenir. Des ateliers s’organisent sur de thèmes divers en rapport avec notre action et, vos questions étant nombreuses sur l’avenir des Bains, des lieux de débat vous seront aussi proposés. Nous prenons des contacts avec toutes les associations qui nous rejoignent sur la base de la rénovation du bâtiment dans le cadre du service public. Il convient en effet d’élargir le mouvement pour mieux nous faire entendre. Nous espérons aboutir dans les prochains jours à l’organisation d’une manifestation de grande ampleur.

La pétition reste très importante ! En plus de la version en ligne, vous êtes nombreux à nous envoyer la version papier, diffusée et signée par vos contacts – et nous vous remercions pour ce soutien actif. A ce jour, nous dépassons largement les 4000 signatures et ce, toutefois, sans avoir obtenu l’autorisation de la déposer dans l’enceinte de l’établissement*. Nous vous demandons par conséquent de continuer à faire circuler la pétition et de vous tenir prêt à une nouvelle mobilisation. Nous vous tiendrons informés des initiatives, des dates et des lieux des prochaines actions. Enfin, nous espérons pouvoir vous annoncer aussi, dans les tout prochains jours, la création d’un site internet dédié au Collectif La Victoire pour tous.

Merci à tous de rester mobilisés.

Le bureau du Collectif LA VICTOIRE POUR TOUS

Strasbourg, le 13 mai 2015

* En 2010, une pétition affichée sur les panneaux et déposée dans le hall d’entrée avait recueilli plus de 3000 signatures contre la privatisation des Bains. Aujourd’hui, malgré nos relances, la municipalité ne nous a toujours pas accordé cette autorisation.

Signez la pétition du collectif La Victoire Pour Tous : 

http://www.mesopinions.com/bains-municipaux-strasbourg

DNA – Non à la privatisation d’une partie des Bains Municipaux – 09/05/2015

Source : DNA, 09/05/2015 – LA VILLE EN DEBAT

DNA 9 mai

Voici le texte complet de l’article :

« Non à la privatisation d’une partie des bains municipaux »

Dans une tribune, JeanPhilippeVetter (*) s’inquiète du recours à une société publique locale, la SPL DeuxRives, dans la perspective de la rénovation de la piscine du boulevard de la Victoire. Formule qui se traduira logiquement par une mise à l’écart du conseil municipal, regrette l’élu.

« Il y a des décisions qui apparaissent neutres et indolores. Elles révèlent en fait les arrièrepensées du maire de Strasbourg. C’est exactement le cas lorsque Roland Ries décide de confier l’avenir des bains municipaux à une société publique locale, la SPL DeuxRives. Officiellement, il s’agit d’être plus efficace et de transférer la gestion de la rénovation des bains municipaux à une structure “100 % publique”. Officieusement, la raison en est tout autre…

Car si l’on veut vraiment confier la gestion de la rénovation des bains municipaux à une structure 100 % publique, il y en a une toute trouvée : la Ville de Strasbourg. La rénovation des piscines du Wacken et de la Kibitzenau, ou encore la rénovation du Palais des congrès sont assurées avec succès en régie interne. Alors pourquoi le maire s’obstinetil à vouloir passer par une SPL ? Précisément parce qu’avec une SPL, nul besoin de passer par le conseil municipal. En d’autres termes, l’avenir des bains municipaux échappera aux représentants élus des Strasbourgeois. Le maire aura les mains libres pour décider de l’avenir des bains municipaux sans avoir besoin d’en débattre de manière ouverte et démocratique.

Aussi, si contrairement à la piscine du Wacken, Roland Ries choisit de confier la rénovation des bains à une SPL, c’est parce qu’il sait très bien que les décisions qu’il s’apprête à prendre susciteront la polémique auprès des Strasbourgeois et il ne souhaite pas que le conseil municipal s’en empare. Cette polémique, il faut la nommer : c’est la privatisation d’une partie des bains municipaux. C’est éventuellement la création d’un hôtel de luxe, jusquelà niée, mais aujourd’hui évoquée officiellement. C’est la fin du contrôle public de la tarification d’un pan entier des bains municipaux. C’est mettre un terme au statut public d’un établissement d’exception. C’est couper les bains municipaux en deux, avec une partie publique d’un côté et une partie réservée aux plus fortunés de l’autre.

Pour faire simple, si la SPL DeuxRives se drape des oripeaux de la structure publique, c’est pour mieux permettre la privatisation des bains municipaux. C’est un “sas” qui permettra de privatiser in fine une partie des bains municipaux à bas bruit et sans aucun débat.

Soyons clairs : le secteur privé n’est pas un problème en soi. Nous avons besoin du privé et nous estimons que pour bien des projets, le secteur privé est un partenaire important et efficace. Mais nous parlons ici des bains municipaux, un joyau de notre ville en plein coeur de la Neustadt. À travers la défense des bains municipaux, nous défendons une idée simple mais essentielle : l’idée que les Strasbourgeois doivent avoir le droit de continuer de bénéficier du meilleur de Strasbourg. »

(*) JeanPhilippe Vetter (UMP) est conseiller municipal de Strasbourg et conseiller de l’Eurométropole.

Rue89 : Bains Municipaux, Olivier Bitz chargé de déminer le dossier – 07/05/2015

POLITIQUE – par Pierre France

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La piscine de la Victoire est classé comme patrimoine historique (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Que va-t-il advenir des Bains Municipaux, ce vaste ensemble doté de piscines, douches, bains romains et d’un sauna boulevard de la Victoire ? La Ville de Strasbourg ne veut plus en assurer seule l’entretien, mais des collectifs d’utilisateurs et de résidents refusent toute concession au secteur privé. Adjoint au maire en charge des dossiers chauds, Olivier Bitz a été envoyé déminer le terrain et donne rendez-vous début 2016.

Il est des dossiers comme ça qu’on se refile au 9e étage du centre administratif de Strasbourg… La rénovation des Bains Municipaux du boulevard de la Victoire, c’est Robert Herrmann qui en avait hérité durant le mandat précédent, un « cadeau » du maire Roland Ries (PS), qui lui avait déjà confié la gestion du personnel pour faire bonne mesure. Pour se sortir de ce guêpier, rénover les Bains, patrimoine historique, coûterait entre 20 et 30 millions d’euros, le premier adjoint de l’époque propose en 2010 de faire appel à un opérateur extérieur en utilisant la formule du partenariat public-privé (PPP).

Mais l’idée de confier les Bains au secteur privé avait alors provoqué un tollé. Robert Herrmann avait réussi à mobiliser contre cette idée l’opposition de droite et l’aile gauche des socialistes strasbourgeois, plus une série d’usagers et d’habitants. Après une année de polémiques et un « atelier de projet », Robert Herrmann doit reculer fin 2011. Il n’y touchera plus. Pour autant, la rénovation des Bains Municipaux est urgente.

Ce vaste ensemble construit à partir de 1908 et comprenant deux piscines, des bains romains, un sauna et des douches, le tout dans un écrin Art Nouveau, n’a pas subi de travaux depuis plus de trente ans : ses douches fuient, sa tuyauterie est à bout de souffle, sa chaudière de 1971 consomme trop d’énergie et l’isolation est à revoir.

Roland Ries : « il faut partager la charge entre le public et le privé »

[vidéo : voir lien sur le site Rue89, en bas de page]

Fin avril 2015, Roland Ries décide que l’inaction a assez duré sur ce dossier. Robert Herrmann étant devenu depuis président de l’Eurométropole, difficile de l’intéresser avec ces histoires de carrelages qui se déchaussent.

Le maire choisit alors Olivier Bitz, récemment rendu disponible après avoir survécu à l’établissement du budget 2015 de la Ville de Strasbourg. Adjoint en charge de la Krutenau, l’élu a montré qu’il savait naviguer en eaux troubles et glissantes lors du mandat précédent, avec les relations avec les cultes, le dossier de la grande mosquée ou la vente d’Énerest à Électricité de Strasbourg. Sa mission : rénover les Bains et les remettre en service pour les Strasbourgeois avant la fin du mandat, sans cristalliser d’opposition.

Pas de pression

Olivier Bitz mesure la pression :

« C’est un dossier extrêmement important, que nous devons faire aboutir avant les prochaines élections municipales. Il y a donc une urgence à agir. Après avoir reçu les instructions du maire et fait le point avec Robert Herrmann, je rencontre les associations et les structures intéressées par les Bains, afin de définir avec elles leurs attentes. Je pense qu’il faut sortir des positions idéologiques, qui n’ont jamais fait avancer les dossiers. Il y a beaucoup d’irrationnel dans cette histoire, lié à l’histoire de chacun avec l’établissement. »

Du coup, Olivier Bitz a rencontré les Amis du Vieux Strasbourg, l’Association des habitants de la Krutenau (Ahbak), des représentations syndicales des agents de l’Eurométropole et même le collectif « La Victoire pour Tous », qui maintient une pression sur la municipalité après avoir publié une tribune en février sur Rue89 Strasbourg, une pétition en avril qui a déjà réuni plus de 2 400 signatures et qui organise un rassemblement ce jeudi 7 mai devant l’établissement. Liane Zoppas, à l’origine de ce collectif avec Didier Laroche, explique :

« Lorsque nous avons rencontré Olivier Bitz, nous n’avons rien pu savoir des projets de la Ville pour les Bains. Mais c’est normal, car ils veulent toujours privatiser une partie des services disponibles, notamment le sauna et les bains romains. Mais comme ils savent qu’il y a une forte opposition, ils avancent masqués et évoquent des sommes folles pour les rénovations. En réalité, ils ne savent pas quoi faire avec cet ensemble de bâtiments, dont les espaces sont encore largement inoccupés. »

Un « débat citoyen » indispensable, selon l’Ahbak

Du côté de l’Ahbak, Christiane Goetz souhaite aussi plus de transparence de la part de la Ville :

« L’avenir de ce lieu emblématique mérite un vrai débat citoyen, impliquant les associations et les conseils de quartier, avec des outils permettant de mesurer quelles sont les attentes des Strasbourgeois et ce qu’ils sont prêts à payer. Quand les Bains ont été construits au début du siècle, ils répondaient à un projet social et de santé. La situation a évolué mais ce projet social d’alors fait partie de notre patrimoine immatériel. Quel est le projet social de la Ville aujourd’hui ? Si elle a en tête une opération touristique, qu’elle le dise et on se positionnera. De notre point de vue, il serait dommage de confier au secteur privé lucratif une partie de ce patrimoine, qui pourrait bénéficier à l’économie sociale et solidaire, ce qui serait plus en adéquation avec les buts initiaux des Bains Municipaux. »

Olivier Bitz est prêt à ce débat, promet des rencontres à la rentrée et de rendre disponibles les études qui ont été réalisées :

« Les études sont des documents administratifs auxquels chaque citoyen peut avoir accès, c’est tout à fait normal. Il n’y a rien de caché. On nous fait des procès d’intentions alors que nous n’entrons simplement pas dans le mode de gestion à ce stade, avant de se mettre d’accord sur les finalités. Un service public est une réponse jugée suffisamment importante pour l’intérêt général qu’elle justifie l’engagement de moyens publics. Est-ce qu’un sauna correspond à cette définition ? Je pense qu’on est plus dans les loisirs et le bien-être que dans la santé. Il faut donc en tirer les conclusions : quelques personnes ont pris l’habitude de faire payer à la collectivité leurs séances de sauna. Ça ne peut plus durer. »

Un « trou » de 2 millions d’euros chaque année

Selon les tarifs de la Ville, l’entrée aux bains romains coûte 15€, mais de nombreuses formules d’abonnements existent qui réduisent ce prix. Et en 2014, 9 379 entrées pour les bains romains ont été comptabilisées, 6 823 pour le saunaselon les DNA. À ce jour, Olivier Bitz estime que les Bains creusent le budget de la Ville de 2 millions d’euros chaque année mais il ne connait pas précisément les équilibres des recettes et des charges, qui sont fondues dans le budget de la Ville et qui doivent être précisés par les services.

Pour le collectif « La Victoire pour Tous », l’équilibre budgétaire des Bains est tout à fait possible :

« On peut envisager de louer les locaux vides, aménager les espaces non-bâtis, refaire toute la tarification et évidemment, réaliser des économies de fonctionnement grâce à la rénovation. Nous avons plusieurs pistes à proposer à la Ville mais qui ne semble pas vouloir les entendre. De notre point de vue, cette rénovation à 30 millions d’euros est surévaluée, pour faire accepter aux Strasbourgeois qu’ils doivent s’habituer à perdre leurs bains romains. »

En juin, le conseil de l’Eurométropole devrait voter une délibération confiant la rénovation et la gestion des Bains Municipaux à la société publique locale (SPL) Deux-Rives. Cette société était jusqu’à présent dédiée à mener à bien les aménagements de la ZAC Deux-Rives, qui s’étend du bassin de la Citadelle jusqu’au port-du-Rhin. L’ampleur des dossiers à mener et leur nombre sont déjà très important, aussi la saisie de cette SPL pour les Bains peut surprendre.

« La SPL Deux-Rives ? Savoir-faire et réactivité »

Son directeur, Éric Bazard, explique son rôle :

« Notre société est compétente pour mener des projets sur l’ensemble du territoire de nos actionnaires, c’est-à-dire l’Eurométropole. Si on nous confie la rénovations des Bains, c’est pour notre savoir-faire et notre réactivité. Deux personnes à mi-temps et aux profils complémentaires seront chargées de ce dossier. Une fois notre mission confirmée, nous allons réaliser des diagnostics et proposer aux élus un éventail d’options, fin 2015, début 2016. »

Mais pour Liane Zoppas, la saisie de la SPL vise à préparer l’arrivée du secteur privé dans les Bains :

« Contrairement à une collectivité, une SPL peut négocier directement avec une entreprise privée des marchés, sans passer par le contrôle du conseil municipal. De nombreuses rénovations de piscines ont pu être menées sans avoir recours à une société extérieure, alors pourquoi est-ce nécessaire ici ? On veut faire sortir la rénovation des Bains du débat public. »

Éric Bazard réfute ces arguments et précise que les marchés conclus par la SPL Deux-Rives doivent passer par un appel d’offres et sont soumis au contrôle des finances publiques, tout comme les collectivités.

Pour l’instant, l’objectif est de garder la piscine principale, ainsi que les douches, en gestion directe par la Ville. Mais une solution doit être trouvée pour absorber le coût des rénovations, et Roland Ries ne peut pas augmenter tous les ans les impôts. Le reste des options disponibles seront donc l’objet des futures discussions : outre une gestion externalisée des bains romains et du sauna, on parle d’un hôtel dans le bâtiment administratif, d’une piscine extérieure à la place du parking… Rendez-vous début 2016 pour les premières pistes solides, et pour vérifier si Olivier Bitz mérite son casque bleu.

Pour lire l’article sur le site : rue89strasbourg – 2015/05/07