« Cette porte symbolise les deux dimensions que je fréquente, c’est à dire le Babylone et le Zaïon » – Flo – 2016

Le 17 avril 2016, j’ai retrouvé Flo à la Maison Mimir, au premier étage, dans la pièce qu’il s’était improvisé comme chambre.
Il a habité la maison à partir de 2010. Il est parti, puis revenu.
Au moment de notre entrevu, la maison avait fermé ses portes au public. Il y habitait toujours, malgré les travaux.

Flo : La photo (…) représente encore une photo ratée. Encore une fois, je n’ai pas mis le flash.

Je voulais prendre l’entrée de la maison Mimir. On peut reconnaître la porte d’entrée de la maison Mimir et, à côté, le futur bar, qui est complètement plongé dans le noir.

C’est toute la symbolique de la porte d’entrée et de la porte de sortie.
C’est la PORTE !
Cette porte symbolise les deux dimensions que je fréquente, c’est à dire le Babylone et le Zaïon, la société moderne extérieure qui casse les couilles, enfin qui me casse le couilles hein (je ne sais pas si elle casse les couilles à tout le monde) et Mimir.
Mimir, c’est pas que ça casse pas les couilles, mais ça les casse différemment. Ça les broie plutôt. Ça les casse pas, c’est menu. Ça prend plus de temps.

Donc ouais, je me rappelle la première fois que j’ai passé cette porte. C’était après le 2 octobre. C’était le jeudi après le 2 octobre 2010. Je suis rentré. C’est Thibaut qui m’a ouvert la porte : « Bienvenu à la maison Mimir ! »
La première fois que je suis rentré dans cette maison, ça me faisait penser à la fabrique de savon de Pepperstreet qu’il y a dans Fight Club, où tout le monde est en train de faire un truc de son côté, sans trop savoir ce qui se passe à côté, mais tout le monde savait qu’on allait vers un truc précis.

C’est vrai que les premières heures que j’ai passées à Mimir, c’est comme si j’étais devenu mon propre Tyler Dordun. Je sortais de mon petit truc. J’étais un travailleur social. Il fallait bosser, il fallait cotiser, il fallait payer et il fallait avoir un loyer. Il fallait avoir un appart’, il fallait avoir une voiture, il fallait avoir un permis pour être quelqu’un de bien, d’intégré, qui a du sens : « J’existe pour ça. »
Et à peine à la période où je commençais à trouver des réponses, j’ai rencontré Mimir, j’ai passé cette porte…
Et puis j’ai tout foutu à plat.
Je suis arrivé à Mimir en octobre 2010.
En juin 2011, j’arrêtais de bosser et depuis juin 2011, je n’ai pas recherché de travail, de salariat en tout cas. Ça, je l’ai mis derrière moi.

Il y a plein de choses que je ne veux plus faire, que je ne peux plus faire ou que je ne veux plus faire, comme payer un loyer. Je me demande comment les gens ils font. Ils bossent pour la banque. La banque paye leur loyer… Pffffff !

Je conseille à ces gens de passer cette porte au moins une fois dans leur vie et pas juste passer la porte pour aller-venir, voir une soirée à Mimir ou non. Rentrer dans le lieu, voir comment ça marche, se dire que si tous les bâtiments vides de Strasbourg étaient des Mimirs en puissance, je pense que ce serait une véritable révolution culturelle sociale… Ouais…
La porte d’entrée…
C’est vachement plus classe de passer par l’entrée.

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