Cinquième étape : Écrire, soumettre, soutenir, réécrire

Après m’être impliquée dans le quotidien de la maison, après avoir participé à de nombreux événements, avoir dialogué avec de nombreux protagonistes, avoir mené les entretiens, rencontré l’archéologue pour découvrir l’histoire ancienne de la maison et récolté tout le matériau nécessaire, puis enfin, après m’être penchée sur différents ouvrages, je pu débuter la plus longue des étapes : l’écriture. Elle dura approximativement trois ans et elle fut divisée en différents trajets qui s’enchevêtraient.

Tout en continuant à lire, il me fallut commencer à envisager un plan.
Ainsi, pendant presque un an, tout en restant bénévole impliquée et signataire des statuts de l’association en collégiale, j’écrivais mon mémoire. Il fut divisé en quatre grandes parties :

  • une description de la maison Mimir, sa géographie, son histoire et son fonctionnement ;
  • les aspects politiques de l’association ;
  • les enjeux de l’association dont le pouvoir ;
  • la place prépondérante de l’imaginaire.

J’écrivais partout. Partout où je me rendais, mon ordinateur m’accompagnait. Du bureau classique de mon habitat, au travail sur un chantier, en passant par les médiathèques de divers lieux que je visitais, les bars, les bords de piscine, d’étang, de lac, de mer, mon été 2018 fut aussi studieux que vagabond.

Médiathèque de Millau, juillet 2018.

La loco, Millau, Juillet 2018.

Morlaix, Août 2018.

Chantier de Wildersbach, 2019.

Quelque part près d’Angers, Août 2019.

Confinement et aléas du télétravail, 2020.

Je terminai l’écriture dans la petite contrée proche de Millau en Aveyron, sur le parvis d’une yourte entre une et deux heures de la nuit, juste avant la journée du 15 août, date butoir pour envoyer mon mémoire aux professeurs qui évalueraient mon travail.

Dans ce mélange d’intense tension et de jovial soulagement, j’imprimai le mémoire dans une petite boutique millavoise et je demandai à l’imprimeur d’immortaliser l’événement, ma ramette de papier métamorphosée dans les bras (les annexes constituées des entretiens faisaient à elles seules près de 400 pages).

Impression du mémoire, Millau, 2018.

Il me fallut attendre ensuite la soutenance du mois de septembre 2018 pour, armée d’un stylo, attraper toutes les remarques sur les qualités de fond et de forme de mon travail ainsi que soutenir sa réalisation et les choix que j’avais fait. Considérant comme fondamental de restituer mon travail au protagonistes de la maison Mimir, je les invitais à la présentation de mon mémoire. Avec ma famille, ils furent une petite vingtaine à se déplacer pour m’écouter. Les sévères membres du jury me conseillèrent et m’encouragèrent dans ma démarche.

Soutenance Master II « Anthropologie sociale et culturelle » en présence de quelques mimiriens et de ma famille, photo de Jean-Claude, Université de Strasbourg, septembre 2018.

Soutenance Master II « Anthropologie sociale et culturelle », photo de Jean-Claude, Université de Strasbourg, septembre 2018.

Pot de soutenance à la maison Mimir, photo de Jean-Claude, septembre 2018.

L’année 2018-2019 fut destinée à la transformation du mémoire en ouvrage destiné au public. J’ai demandé à pouvoir intégrer le Séminaire d’Analyse des Matériaux Ethnographique (ou SAME) de la Faculté d’Ethnologie. Ce séminaire est destiné aux étudiants qui souhaiteraient retravailler leurs écrits ethnographiques au travers d’un échange collectif. Je pouvais ainsi leur présenter mes textes que nous retravaillions ensemble avec d’autres camarades étudiants en anthropologie sociale et culturelle. L’important pour moi étant de rendre mon texte lisible par tous, un ami anthropologue me conseilla la lecture du livre de Jean Ferreux, De l’écrit universitaire au texte lisible. Ce petit ouvrage accompagna cette nouvelle métamorphose du mémoire au livre.

Les quatre grandes parties préalables se transformaient en six chapitres, développant davantage l’ethnographie mimirienne (le bœuf-bouffe, la bagagerie) et y ajoutant principalement une brève histoire de l’anarchisme et des squats. J’y ajouta également la méthode :

  • chapitre 1 : l’approche ethnologique
  • chapitre 2 : des (H)istoires
  • chapitre 3 : l’univers de Mimir
  • chapitre 4 : le politique et l’association – le contrat social qui fait liant
  • chapitre 5 : les enjeux de l’association
  • chapitre 6 : quand le politique devient poétique – rêver pour ne pas subir le réel

Avant l’heure, je me (pré)-confinais en février 2020 pour un mois de mise en page du livre. Par soucis de cohérence, je fis le choix d’utiliser des logiciels libres de droit, que cela soit pour la mise en page ou pour la retouche des photographies qui illustreraient le livre. Pour la mise en page, j’optais pour le logiciel scribus et pour la retouche des photographies, je choisissais le logiciel gimp.

Bien sûr, il me fallait relire et me faire relire une dernière fois. Je demandais à Renaud, mimirien de la première heure, de relire la partie « histoire » afin d’être certaine qu’elle corresponde aux faits qu’ils ont vécus dans les débuts. Puis je demandais aux plus férus d’orthographe de venir pinailler sur mon travail. Je terminais par la relecture finale d’un professeur d’ethnologie de l’Université de Strasbourg, très intéressé par ma recherche.

À Renaud, Anne, Claudia et Mr Denis Monnerie, il me tient à cœur de leur faire part dès à présent de toute ma reconnaissance.

Enfin, en mars 2020, il advint ce moment où nous nous sommes tous retrouvés confinés, une aubaine pour quelqu’un qui doit se concentrer sur un seul monstrueux objectif : la communication. Le site internet des petits riens naquit ainsi.

L’édition est un métier et il me faut encore tout apprendre. Tout prend donc beaucoup de temps d’apprentissage. Vu l’ampleur de la tâche, depuis la sortie du confinement, je m’entoure d’un réseau d’initiés à l’édition qui m’accompagne dans les différentes étapes, de la conception à la réalisation.

Affaire à suivre…

 

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