Rue89, 14/05/2015 : Les Bains, bail emphytéotique ?

Roland Ries, sur Rue89, en réponse aux questions des internautes, dans le cadre de ce qu’il a bien voulu appeler une « intervieuw participative », confirme la privatisation des Bains Municipaux : un BAIL EMPHYTEOTIQUE !

ET SUR LES BAINS ?

À la question « pourquoi vouloir privatiser les bains municipaux un ou deux ans après avoir reculé sur la question ? », Roland Ries a répondu :

« Je suis comme tous les Strasbourgeois très attaché à ce patrimoine d’exception, qui connait hélas les outrages du temps. Le bâtiment des bains municipaux abrite à la fois une activité de piscine, et des activités privées touchant notamment au bien être et aux soins de beauté. J’ai pris un engagement formel, qui est que l’activité piscine soit préservée, que son cadre comme ses moyens techniques (chaufferie, recyclage de l’eau etc..) soient parfaitement réhabilités, et que les conditions d’accès soient semblables à celles des autres piscines publiques. Pour moi, l’activité “piscine” est une activité qui relève du service public, et elle doit le rester. En revanche, pourquoi la Ville ou l’Eurométropole investiraient-elles dans des locaux qui hébergent des activités qui n’ont rien à voir avec le service public ? À moins que vous ne considériez que les massages, les jacuzzis et autres soins de beauté ne relèvent du service public, c’est-à-dire soient financés par l’impôt local, je ne vois pas pourquoi nous investirions nous-mêmes. Tous les travaux qui seront réalisés respecteront bien sûr scrupuleusement le patrimoine. Et il n’y aura pas un transfert de propriété vers le privé, mais seulement un bail emphytéotiqueNous sommes là sur la meilleure, et même l’unique solution possible dès lors que l’on veut réhabiliter l’ensemble du bâtiment. »

Source : Rue89 Strasbourg

 

Lire l’article : www.rue89strasbourg.com/index.php/2015/05/14/politique/interview-participative-les-reponses-de-roland-ries-a-vos-questions/

 

 

 

 

DNA : La CGT défend les bains et le sauna pour tous – 14/05/2015


DNA-CGT-14-maiLa CGT-Eurométropole appelle à un rassemblement symbolique devant les bains municipaux mardi
prochain. Pour dire non à la casse du service public de façon générale et non à la privatisation annoncée d’une partie de la piscine de la Victoire.

Source : Les DNA, 14/05/2015

Les marches des bains municipaux sont très fréquentées ces jours-ci. Après l’apéro jeudi dernier du collectif la Victoire pour tous, fort d’une pétition de plus de 3 600 signatures, et qui s’inquiète d’un possible démantèlement des bains, voici annoncée la manifestation de la CGT Eurométropole, mardi prochain.
L’intérêt du syndicat pour le sujet ne date pas d’hier. Il s’était fortement mobilisé lors qu’unpremier projet de privatisation partielle avait été défendu par Robert Herrmann, alors premier adjoint chargé du dossier de la réhabilitation des bains municipaux.

Usagers et agents dans le même bateau

Aujourd’hui que la SPL des Deux-Rives a été désignée pour porter la rénovation, que l’adjoint Olivier Bitz a été chargé d’accompagner la résolution de l’épineux dossier, avec toujours la possible arrivée d’un partenaire privé, notamment pour le sauna et le bain romain, la CGT l’a mauvaise. Bertrand Blindauer, délégué syndical, ne mâche pas ses mots :
«On nous plante un couteau dans le dos en ressortant ce projet. »
Parce qu’il y a convergence entre les attentes des usagers et celles des agents de la collectivité, la CGT Eurométropole a donc choisi de manifester boulevard de la Victoire.
Sa lutte pour la préservation du service public, l’organisation la conçoit en effet en connexion avec la population :
« Le combat qu’on mène n’est pas destiné à préserver un acquis de fonctionnaire mais à garder un outil de service public. »
Le mouvement s’inscrit dans une journée d’action nationale sur la question de la réforme territoriale et a pour moteur l’opposition à « la casse du service public ». Une grève générale en novembre 2014 portait déjà ces revendications.
S’agissant des bains, que la municipalité ait assuré vouloir garantir l’accès à la piscine et aux douches aux mêmes prix, à défaut de s’engager sur les modalités d’accès au bain romain ou au sauna, fait bondir Bertrand Blindauer : « Le raisonnement nous choque. On vous dit « vous les pauvres, vous pouvez aller à la piscine, le reste sera réservé à ceux qui peuvent se le payer. Nous, on lutte pour l’égalité d’accès, y compris au sauna. »
L’inquiétude, aux bains municipaux ne porte pas sur l’emploi, est-il aussi précisé :
« L’enjeu est celui de l’accès du plus grand nombre à ce service public », réitère Bertrand Blindauer,qui appelle à un rassemblement au-delà des étiquettes.
Objectif, mobiliser de la manière la plus large et la plus durable.

MYRIAM AIT-SIDHOUM

Mardi 19 mai à 11h devant les bains municipaux

Pour lire l’article, cliquez sur le lien :  : Page 35-edition-de-strasbourg_20150514

 

LA LETTRE du Collectif – 13 mai 2015

Dessin : Fritz Beblo

Chers amis,

Nous vous remercions de votre soutien au Collectif de défense des Bains municipaux de la Victoire.

Depuis le début de notre mobilisation, nous avons déjà, grâce à l’activité de tous, réussi à recueillir plusieurs milliers de signatures. Notre manifeste a été publié dans la presse, des émissions de radio ont été diffusées et il ne se passe guère de jour où la question ne soit évoquée dans les medias.

Nous nous sommes rencontrés, nombreux, sur les marches de nos Bains, pour un apéro convivial, que nous espérons reconduire dans les semaines à venir.

Dès maintenant, nous tiendrons une petite permanence en plein air au même endroit, devant les Bains Municipaux, chaque jeudi ouvrable de 18h30 à 19h30 ; elle sera l’occasion d’échanger nos points de vue, de vous apporter de nouvelles du dossier et de faire signer la pétition aux usagers.

Nous avons répondu à l’invitation de M. Bitz, adjoint au maire chargé de la question mais aucune réponse n’a été donnée aux questions précises que nous avons posées sur les projets en cours, le rôle de la SPL appelée à gérer l’affaire. Nous sommes toutefois prêts à revenir à une table de discussion si le préalable de la privatisation est levé. Pour l’instant nous nous heurtons à une absence de réponse claire sur ce point. Et il n’est pas question de renoncer à notre principe fédérateur.

Dans l’immédiat, nous tentons d’empêcher que soit adoptée au Conseil municipal de juin la délibération confiant le dossier à la SPL Deux Rives, comme annoncé par le Maire. En effet, après une telle délibération, le dossier serait traité discrètement, sans débat public (ni entre les élus, ni par voie de presse) jusqu’à une possible décision finale de céder les Bains au privé (par un bail emphytéotique ou autre…).

Beaucoup d’entre vous souhaitent continuer à nous soutenir et même à intervenir. Des ateliers s’organisent sur de thèmes divers en rapport avec notre action et, vos questions étant nombreuses sur l’avenir des Bains, des lieux de débat vous seront aussi proposés. Nous prenons des contacts avec toutes les associations qui nous rejoignent sur la base de la rénovation du bâtiment dans le cadre du service public. Il convient en effet d’élargir le mouvement pour mieux nous faire entendre. Nous espérons aboutir dans les prochains jours à l’organisation d’une manifestation de grande ampleur.

La pétition reste très importante ! En plus de la version en ligne, vous êtes nombreux à nous envoyer la version papier, diffusée et signée par vos contacts – et nous vous remercions pour ce soutien actif. A ce jour, nous dépassons largement les 4000 signatures et ce, toutefois, sans avoir obtenu l’autorisation de la déposer dans l’enceinte de l’établissement*. Nous vous demandons par conséquent de continuer à faire circuler la pétition et de vous tenir prêt à une nouvelle mobilisation. Nous vous tiendrons informés des initiatives, des dates et des lieux des prochaines actions. Enfin, nous espérons pouvoir vous annoncer aussi, dans les tout prochains jours, la création d’un site internet dédié au Collectif La Victoire pour tous.

Merci à tous de rester mobilisés.

Le bureau du Collectif LA VICTOIRE POUR TOUS

Strasbourg, le 13 mai 2015

* En 2010, une pétition affichée sur les panneaux et déposée dans le hall d’entrée avait recueilli plus de 3000 signatures contre la privatisation des Bains. Aujourd’hui, malgré nos relances, la municipalité ne nous a toujours pas accordé cette autorisation.

Signez la pétition du collectif La Victoire Pour Tous : 

http://www.mesopinions.com/bains-municipaux-strasbourg

DNA – Non à la privatisation d’une partie des Bains Municipaux – 09/05/2015

Source : DNA, 09/05/2015 – LA VILLE EN DEBAT

DNA 9 mai

Voici le texte complet de l’article :

« Non à la privatisation d’une partie des bains municipaux »

Dans une tribune, JeanPhilippeVetter (*) s’inquiète du recours à une société publique locale, la SPL DeuxRives, dans la perspective de la rénovation de la piscine du boulevard de la Victoire. Formule qui se traduira logiquement par une mise à l’écart du conseil municipal, regrette l’élu.

« Il y a des décisions qui apparaissent neutres et indolores. Elles révèlent en fait les arrièrepensées du maire de Strasbourg. C’est exactement le cas lorsque Roland Ries décide de confier l’avenir des bains municipaux à une société publique locale, la SPL DeuxRives. Officiellement, il s’agit d’être plus efficace et de transférer la gestion de la rénovation des bains municipaux à une structure “100 % publique”. Officieusement, la raison en est tout autre…

Car si l’on veut vraiment confier la gestion de la rénovation des bains municipaux à une structure 100 % publique, il y en a une toute trouvée : la Ville de Strasbourg. La rénovation des piscines du Wacken et de la Kibitzenau, ou encore la rénovation du Palais des congrès sont assurées avec succès en régie interne. Alors pourquoi le maire s’obstinetil à vouloir passer par une SPL ? Précisément parce qu’avec une SPL, nul besoin de passer par le conseil municipal. En d’autres termes, l’avenir des bains municipaux échappera aux représentants élus des Strasbourgeois. Le maire aura les mains libres pour décider de l’avenir des bains municipaux sans avoir besoin d’en débattre de manière ouverte et démocratique.

Aussi, si contrairement à la piscine du Wacken, Roland Ries choisit de confier la rénovation des bains à une SPL, c’est parce qu’il sait très bien que les décisions qu’il s’apprête à prendre susciteront la polémique auprès des Strasbourgeois et il ne souhaite pas que le conseil municipal s’en empare. Cette polémique, il faut la nommer : c’est la privatisation d’une partie des bains municipaux. C’est éventuellement la création d’un hôtel de luxe, jusquelà niée, mais aujourd’hui évoquée officiellement. C’est la fin du contrôle public de la tarification d’un pan entier des bains municipaux. C’est mettre un terme au statut public d’un établissement d’exception. C’est couper les bains municipaux en deux, avec une partie publique d’un côté et une partie réservée aux plus fortunés de l’autre.

Pour faire simple, si la SPL DeuxRives se drape des oripeaux de la structure publique, c’est pour mieux permettre la privatisation des bains municipaux. C’est un “sas” qui permettra de privatiser in fine une partie des bains municipaux à bas bruit et sans aucun débat.

Soyons clairs : le secteur privé n’est pas un problème en soi. Nous avons besoin du privé et nous estimons que pour bien des projets, le secteur privé est un partenaire important et efficace. Mais nous parlons ici des bains municipaux, un joyau de notre ville en plein coeur de la Neustadt. À travers la défense des bains municipaux, nous défendons une idée simple mais essentielle : l’idée que les Strasbourgeois doivent avoir le droit de continuer de bénéficier du meilleur de Strasbourg. »

(*) JeanPhilippe Vetter (UMP) est conseiller municipal de Strasbourg et conseiller de l’Eurométropole.

Rue89 : Bains Municipaux, Olivier Bitz chargé de déminer le dossier – 07/05/2015

POLITIQUE – par Pierre France

3200 VISITES | 13 COMMENTAIRES

La piscine de la Victoire est classé comme patrimoine historique (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Que va-t-il advenir des Bains Municipaux, ce vaste ensemble doté de piscines, douches, bains romains et d’un sauna boulevard de la Victoire ? La Ville de Strasbourg ne veut plus en assurer seule l’entretien, mais des collectifs d’utilisateurs et de résidents refusent toute concession au secteur privé. Adjoint au maire en charge des dossiers chauds, Olivier Bitz a été envoyé déminer le terrain et donne rendez-vous début 2016.

Il est des dossiers comme ça qu’on se refile au 9e étage du centre administratif de Strasbourg… La rénovation des Bains Municipaux du boulevard de la Victoire, c’est Robert Herrmann qui en avait hérité durant le mandat précédent, un « cadeau » du maire Roland Ries (PS), qui lui avait déjà confié la gestion du personnel pour faire bonne mesure. Pour se sortir de ce guêpier, rénover les Bains, patrimoine historique, coûterait entre 20 et 30 millions d’euros, le premier adjoint de l’époque propose en 2010 de faire appel à un opérateur extérieur en utilisant la formule du partenariat public-privé (PPP).

Mais l’idée de confier les Bains au secteur privé avait alors provoqué un tollé. Robert Herrmann avait réussi à mobiliser contre cette idée l’opposition de droite et l’aile gauche des socialistes strasbourgeois, plus une série d’usagers et d’habitants. Après une année de polémiques et un « atelier de projet », Robert Herrmann doit reculer fin 2011. Il n’y touchera plus. Pour autant, la rénovation des Bains Municipaux est urgente.

Ce vaste ensemble construit à partir de 1908 et comprenant deux piscines, des bains romains, un sauna et des douches, le tout dans un écrin Art Nouveau, n’a pas subi de travaux depuis plus de trente ans : ses douches fuient, sa tuyauterie est à bout de souffle, sa chaudière de 1971 consomme trop d’énergie et l’isolation est à revoir.

Roland Ries : « il faut partager la charge entre le public et le privé »

[vidéo : voir lien sur le site Rue89, en bas de page]

Fin avril 2015, Roland Ries décide que l’inaction a assez duré sur ce dossier. Robert Herrmann étant devenu depuis président de l’Eurométropole, difficile de l’intéresser avec ces histoires de carrelages qui se déchaussent.

Le maire choisit alors Olivier Bitz, récemment rendu disponible après avoir survécu à l’établissement du budget 2015 de la Ville de Strasbourg. Adjoint en charge de la Krutenau, l’élu a montré qu’il savait naviguer en eaux troubles et glissantes lors du mandat précédent, avec les relations avec les cultes, le dossier de la grande mosquée ou la vente d’Énerest à Électricité de Strasbourg. Sa mission : rénover les Bains et les remettre en service pour les Strasbourgeois avant la fin du mandat, sans cristalliser d’opposition.

Pas de pression

Olivier Bitz mesure la pression :

« C’est un dossier extrêmement important, que nous devons faire aboutir avant les prochaines élections municipales. Il y a donc une urgence à agir. Après avoir reçu les instructions du maire et fait le point avec Robert Herrmann, je rencontre les associations et les structures intéressées par les Bains, afin de définir avec elles leurs attentes. Je pense qu’il faut sortir des positions idéologiques, qui n’ont jamais fait avancer les dossiers. Il y a beaucoup d’irrationnel dans cette histoire, lié à l’histoire de chacun avec l’établissement. »

Du coup, Olivier Bitz a rencontré les Amis du Vieux Strasbourg, l’Association des habitants de la Krutenau (Ahbak), des représentations syndicales des agents de l’Eurométropole et même le collectif « La Victoire pour Tous », qui maintient une pression sur la municipalité après avoir publié une tribune en février sur Rue89 Strasbourg, une pétition en avril qui a déjà réuni plus de 2 400 signatures et qui organise un rassemblement ce jeudi 7 mai devant l’établissement. Liane Zoppas, à l’origine de ce collectif avec Didier Laroche, explique :

« Lorsque nous avons rencontré Olivier Bitz, nous n’avons rien pu savoir des projets de la Ville pour les Bains. Mais c’est normal, car ils veulent toujours privatiser une partie des services disponibles, notamment le sauna et les bains romains. Mais comme ils savent qu’il y a une forte opposition, ils avancent masqués et évoquent des sommes folles pour les rénovations. En réalité, ils ne savent pas quoi faire avec cet ensemble de bâtiments, dont les espaces sont encore largement inoccupés. »

Un « débat citoyen » indispensable, selon l’Ahbak

Du côté de l’Ahbak, Christiane Goetz souhaite aussi plus de transparence de la part de la Ville :

« L’avenir de ce lieu emblématique mérite un vrai débat citoyen, impliquant les associations et les conseils de quartier, avec des outils permettant de mesurer quelles sont les attentes des Strasbourgeois et ce qu’ils sont prêts à payer. Quand les Bains ont été construits au début du siècle, ils répondaient à un projet social et de santé. La situation a évolué mais ce projet social d’alors fait partie de notre patrimoine immatériel. Quel est le projet social de la Ville aujourd’hui ? Si elle a en tête une opération touristique, qu’elle le dise et on se positionnera. De notre point de vue, il serait dommage de confier au secteur privé lucratif une partie de ce patrimoine, qui pourrait bénéficier à l’économie sociale et solidaire, ce qui serait plus en adéquation avec les buts initiaux des Bains Municipaux. »

Olivier Bitz est prêt à ce débat, promet des rencontres à la rentrée et de rendre disponibles les études qui ont été réalisées :

« Les études sont des documents administratifs auxquels chaque citoyen peut avoir accès, c’est tout à fait normal. Il n’y a rien de caché. On nous fait des procès d’intentions alors que nous n’entrons simplement pas dans le mode de gestion à ce stade, avant de se mettre d’accord sur les finalités. Un service public est une réponse jugée suffisamment importante pour l’intérêt général qu’elle justifie l’engagement de moyens publics. Est-ce qu’un sauna correspond à cette définition ? Je pense qu’on est plus dans les loisirs et le bien-être que dans la santé. Il faut donc en tirer les conclusions : quelques personnes ont pris l’habitude de faire payer à la collectivité leurs séances de sauna. Ça ne peut plus durer. »

Un « trou » de 2 millions d’euros chaque année

Selon les tarifs de la Ville, l’entrée aux bains romains coûte 15€, mais de nombreuses formules d’abonnements existent qui réduisent ce prix. Et en 2014, 9 379 entrées pour les bains romains ont été comptabilisées, 6 823 pour le saunaselon les DNA. À ce jour, Olivier Bitz estime que les Bains creusent le budget de la Ville de 2 millions d’euros chaque année mais il ne connait pas précisément les équilibres des recettes et des charges, qui sont fondues dans le budget de la Ville et qui doivent être précisés par les services.

Pour le collectif « La Victoire pour Tous », l’équilibre budgétaire des Bains est tout à fait possible :

« On peut envisager de louer les locaux vides, aménager les espaces non-bâtis, refaire toute la tarification et évidemment, réaliser des économies de fonctionnement grâce à la rénovation. Nous avons plusieurs pistes à proposer à la Ville mais qui ne semble pas vouloir les entendre. De notre point de vue, cette rénovation à 30 millions d’euros est surévaluée, pour faire accepter aux Strasbourgeois qu’ils doivent s’habituer à perdre leurs bains romains. »

En juin, le conseil de l’Eurométropole devrait voter une délibération confiant la rénovation et la gestion des Bains Municipaux à la société publique locale (SPL) Deux-Rives. Cette société était jusqu’à présent dédiée à mener à bien les aménagements de la ZAC Deux-Rives, qui s’étend du bassin de la Citadelle jusqu’au port-du-Rhin. L’ampleur des dossiers à mener et leur nombre sont déjà très important, aussi la saisie de cette SPL pour les Bains peut surprendre.

« La SPL Deux-Rives ? Savoir-faire et réactivité »

Son directeur, Éric Bazard, explique son rôle :

« Notre société est compétente pour mener des projets sur l’ensemble du territoire de nos actionnaires, c’est-à-dire l’Eurométropole. Si on nous confie la rénovations des Bains, c’est pour notre savoir-faire et notre réactivité. Deux personnes à mi-temps et aux profils complémentaires seront chargées de ce dossier. Une fois notre mission confirmée, nous allons réaliser des diagnostics et proposer aux élus un éventail d’options, fin 2015, début 2016. »

Mais pour Liane Zoppas, la saisie de la SPL vise à préparer l’arrivée du secteur privé dans les Bains :

« Contrairement à une collectivité, une SPL peut négocier directement avec une entreprise privée des marchés, sans passer par le contrôle du conseil municipal. De nombreuses rénovations de piscines ont pu être menées sans avoir recours à une société extérieure, alors pourquoi est-ce nécessaire ici ? On veut faire sortir la rénovation des Bains du débat public. »

Éric Bazard réfute ces arguments et précise que les marchés conclus par la SPL Deux-Rives doivent passer par un appel d’offres et sont soumis au contrôle des finances publiques, tout comme les collectivités.

Pour l’instant, l’objectif est de garder la piscine principale, ainsi que les douches, en gestion directe par la Ville. Mais une solution doit être trouvée pour absorber le coût des rénovations, et Roland Ries ne peut pas augmenter tous les ans les impôts. Le reste des options disponibles seront donc l’objet des futures discussions : outre une gestion externalisée des bains romains et du sauna, on parle d’un hôtel dans le bâtiment administratif, d’une piscine extérieure à la place du parking… Rendez-vous début 2016 pour les premières pistes solides, et pour vérifier si Olivier Bitz mérite son casque bleu.

Pour lire l’article sur le site : rue89strasbourg – 2015/05/07

 

 

Communiqué de presse du collectif – 01/05/2015

Collectif 1er MaiRenovation des Bains Municipaux :

La privatisation pour tout horizon ? 

Le collectif LA VICTOIRE POUR TOUS a répondu, samedi dernier, à l’invitation de Olivier Bitz, qui se présente comme étant à la tête d’un comité de pilotage du projet de rénovation des Bains Municipaux, sous l’autorité du maire.

Nous avons précisé à l’adjoint que cette rencontre devrait être pour nous l’occasion d’en savoir plus sur l’état d’avancement de ce dossier et notamment que nous soit présenté le scénario envisagé par la municipalité pour ce projet. Nous savons en effet qu’une étude vient d’être attribuée à un architecte strasbourgeois : un diagnostic architectural, patrimonial et urbain, dont le cahier de clauses techniques particulières fait état, clairement et à plusieurs reprises, d’un « scénario envisagé par la maîtrise d’ouvrage » (la Ville), scénario que cette étude devrait valider, voire enrichir, afin de définir le cahier des charges.

Or, lors de cet entretien, même confrontés à ce document officiel, l’adjoint, tout comme le chef du service concerné, Frédéric Thommen (directeur de la construction) ont systématiquement nié l’existence d’un quelconque scénario préalablement envisagé.

Premier constat : ou bien le document officiel est fautif, ce qui est assez préoccupant ; ou bien l’on nous cache la vérité, ce qui est encore plus préoccupant !

C’est là que gît le lièvre

L’adjoint au maire nous a aussi confirmé la décision, déjà annoncée par le maire, de confier le dossier Bains Municipaux à la SPL Deux Rives, tout en nous expliquant longuement qu’il ne faut pas penser « privatisation », que le projet sera totalement géré par des instances publiques, que la SPL Deux Rives est une structure 100% publique, dont le président est le maire, Roland Ries. Nous lui avons fait remarquer qu’il existe une autre structure 100 % publique et également présidée par le maire : la Ville de Strasbourg.

Or, des dizaines de projets de rénovation ont été conduits récemment à Strasbourg, dont tous ceux relatifs au Plan Piscine, plus la BNU, le Palais de Fêtes, le Palais des Congrès… sans que le besoin d’externaliser se soit posé. Quelle est donc la spécificité des Bains Municipaux, pour que l’on décide d’externaliser le projet, en faisant appel à une SPL qui n’a d’ailleurs aucune relation, ni géographique ni fonctionnelle avec cet équipement ?

Une SPL est une société de droit privé, qui peut être constituée à 100% de capitaux publics au départ mais qui échappe aux règles des marchés publics, qui peut choisir un promoteur, une forme de gestion, etc… à sa guise, sans avoir de compte à rendre ni au conseil municipal, ni aux citoyens. De plus, la SPL Deux Rives dépend à 80% de l’Eurométropole, dont nous connaissons l’opacité des instances de décision.

Alors, dans le cas de la rénovation de nos Bains Municipaux, pourquoi faire appel à la SPL Deux Rives, qui soit dit en passant n’a pas du tout été créée pour cela, sinon pour sortir du débat public et privatiser ?

Une nouvelle invitation nous est arrivée, que nous déclinons, faute d’avoir obtenu un minimum de réponses à nos questions. Notamment : qu’en est-il de ce « scénario », privilégié ou retenu, mentionné dans le dernier appel d’offre ? Car il est temps que vous en informiez les citoyens. Et, si tel scénario n’existe pas encore, qui l’écrira : la Ville, l’Eurométropole, les citoyens, la SPL… ou un autre organisme privé ???

Selon l’adjoint, une délibération en Conseil Municipal ne doit pas tarder – « avant l’été » (sic) – qui confiera le projet de rénovation des Bains à la SPL Deux Rives. Nous considérons qu’il y a donc urgence et invitons les Strasbourgeois à se mobiliser pour que nos Bains municipaux restent accessibles à tous.

Dans la pétition qui circule et que nous vous invitons à signer, nous demandons à Monsieur le Maire de renoncer à toute action ou procédure qui dessaisirait la Ville de Strasbourg de ce dossier et qui conduirait à une privatisation partielle ou totale des Bains Municipaux. 

A propos, nous vous informons que, malgré notre demande, relancée plusieurs fois, la municipalité qui nous invite à un prétendu dialogue, ne nous a toujours pas accordé l’autorisation d’afficher et de déposer notre pétition dans les locaux des Bains Municipaux. Soucieuse de participation citoyenne et siège du Forum Mondial de la Démocratie, la Ville de Strasbourg avait pourtant accordée cette autorisation à l’association de quartier qui se battait, en 2010, justement, contre la privatisation des Bains Municipaux.

Collectif LA VICTOIRE POUR TOUS

Contact : bm.lavictoirepourtous@gmail.com

La pétition : www.mesopinions.com/petition/defendons-bains-municipaux-strasbourg

Piscines pour tous – Imposture, déni de la démocratie… – 26/04/2015

Edito du 26 avril 2015 :

IMPOSTURE, DÉNI DE LA DÉMOCRATIE, MENSONGE PLUTÔT QUE VÉRITÉ ! 

piscine-de-durham-05

Triste panorama que voilà. La ville de Strasbourg mène sa population en bateau. Bateau ivre, mais hors de sa valeur poétique. Nos élus soutenus par certains de leurs hauts techniciens, dont certains ont eu droit à de jolies primes indûments perçues, se préparent à nous servir un plat des plus indigestes. Ils se comportent comme ces nouveaux convertis qui se présentent alors plus sectaires que les originaux. Ces gens sont fascinés par l’argent, aiment se faire flatter et vont jusqu’à coucher dans le lit du maître. Libre à eux plus tard, pris par leur faute, d’en appeler au pardon et ensuite de  jouir d’un « plus jamais ça ».

Quand la catastrophe aura eu lieu, à savoir quand le maitre dira : fin de la récréation, passez à la caisse, là on sait que le peuple paiera, comme il a l’habitude de le faire.

La piscine de la Victoire va être privatisée suivant un modèle s’apparentant à celui de la piscine Molitor. La ville le nie et aucune discussion n’est possible car tout est décidé. Pour preuve : un « scénario » est déposé et une étude doit le paufiner. Le titre de cette étude : « Mission de maitrise d’oeuvre pour la réalisation d’un diagnostique architectural, patrimonial et urbain de l’établissement des bains municipaux de Strasbourg ».

Le mot « scénario » y est présent plusieurs fois signe qu’il est dans les grandes lignes arrêté. Par exemple, nous citons : « Analyse et approfondissement du scénario envisagé par la maitrise d’ouvrage ». Ou « Les réflexions portent également sur l’évolution envisageable de l’équipement et proposent d’éventuels nouveaux usages pour des publics à identifier ». Ou « vérifier la pertinence du scénario proposé au regard du rapport de diagnostique partagé ».

Un hôtel de grand luxe sera probablement installé – construit  et fera bénéficier ses nouveaux riches clients, mais pas la population du quartier par une belle ségrégation par l’argent, des bains romains, sauna et « frottages ».

Quid du patrimoine strasbourgeois qui appartient aux Strasbourgeois et qui va être offert au maître qui est marié avec le monde de l’argent, se foutant du bien commun, de toute valeur culturelle et qui aime jeter aux orties le travail s’appuyant sur le savoir et les connaissances ?

Imposture donc, au regard des discours viciés que nous offrent les élus et cadres techniciens de la ville de Strasbourg.

Problème, ils sont tombés sur des personnes décidées, au regard des sources qui sont les nôtres, informées et qui iront au plus loin pour faire entendre raison à cet ensemble de personnalités dans le fond animé par une grande lâcheté morale. En 2011, le débat avait lieu, avorté par une concertation-mascarade. Aujourd’hui, les élections municipales passées nos élus s’en redonnent à coeur joie.

Disons le tout net : le bras de fer est engagé. 

Pour acceder au site de l’association : www.piscinespourtous.wordpress.com