DNA – Non à la privatisation d’une partie des Bains Municipaux – 09/05/2015

Source : DNA, 09/05/2015 – LA VILLE EN DEBAT

DNA 9 mai

Voici le texte complet de l’article :

« Non à la privatisation d’une partie des bains municipaux »

Dans une tribune, JeanPhilippeVetter (*) s’inquiète du recours à une société publique locale, la SPL DeuxRives, dans la perspective de la rénovation de la piscine du boulevard de la Victoire. Formule qui se traduira logiquement par une mise à l’écart du conseil municipal, regrette l’élu.

« Il y a des décisions qui apparaissent neutres et indolores. Elles révèlent en fait les arrièrepensées du maire de Strasbourg. C’est exactement le cas lorsque Roland Ries décide de confier l’avenir des bains municipaux à une société publique locale, la SPL DeuxRives. Officiellement, il s’agit d’être plus efficace et de transférer la gestion de la rénovation des bains municipaux à une structure “100 % publique”. Officieusement, la raison en est tout autre…

Car si l’on veut vraiment confier la gestion de la rénovation des bains municipaux à une structure 100 % publique, il y en a une toute trouvée : la Ville de Strasbourg. La rénovation des piscines du Wacken et de la Kibitzenau, ou encore la rénovation du Palais des congrès sont assurées avec succès en régie interne. Alors pourquoi le maire s’obstinetil à vouloir passer par une SPL ? Précisément parce qu’avec une SPL, nul besoin de passer par le conseil municipal. En d’autres termes, l’avenir des bains municipaux échappera aux représentants élus des Strasbourgeois. Le maire aura les mains libres pour décider de l’avenir des bains municipaux sans avoir besoin d’en débattre de manière ouverte et démocratique.

Aussi, si contrairement à la piscine du Wacken, Roland Ries choisit de confier la rénovation des bains à une SPL, c’est parce qu’il sait très bien que les décisions qu’il s’apprête à prendre susciteront la polémique auprès des Strasbourgeois et il ne souhaite pas que le conseil municipal s’en empare. Cette polémique, il faut la nommer : c’est la privatisation d’une partie des bains municipaux. C’est éventuellement la création d’un hôtel de luxe, jusquelà niée, mais aujourd’hui évoquée officiellement. C’est la fin du contrôle public de la tarification d’un pan entier des bains municipaux. C’est mettre un terme au statut public d’un établissement d’exception. C’est couper les bains municipaux en deux, avec une partie publique d’un côté et une partie réservée aux plus fortunés de l’autre.

Pour faire simple, si la SPL DeuxRives se drape des oripeaux de la structure publique, c’est pour mieux permettre la privatisation des bains municipaux. C’est un “sas” qui permettra de privatiser in fine une partie des bains municipaux à bas bruit et sans aucun débat.

Soyons clairs : le secteur privé n’est pas un problème en soi. Nous avons besoin du privé et nous estimons que pour bien des projets, le secteur privé est un partenaire important et efficace. Mais nous parlons ici des bains municipaux, un joyau de notre ville en plein coeur de la Neustadt. À travers la défense des bains municipaux, nous défendons une idée simple mais essentielle : l’idée que les Strasbourgeois doivent avoir le droit de continuer de bénéficier du meilleur de Strasbourg. »

(*) JeanPhilippe Vetter (UMP) est conseiller municipal de Strasbourg et conseiller de l’Eurométropole.

Rue89 : Bains Municipaux, Olivier Bitz chargé de déminer le dossier – 07/05/2015

POLITIQUE – par Pierre France

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La piscine de la Victoire est classé comme patrimoine historique (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Que va-t-il advenir des Bains Municipaux, ce vaste ensemble doté de piscines, douches, bains romains et d’un sauna boulevard de la Victoire ? La Ville de Strasbourg ne veut plus en assurer seule l’entretien, mais des collectifs d’utilisateurs et de résidents refusent toute concession au secteur privé. Adjoint au maire en charge des dossiers chauds, Olivier Bitz a été envoyé déminer le terrain et donne rendez-vous début 2016.

Il est des dossiers comme ça qu’on se refile au 9e étage du centre administratif de Strasbourg… La rénovation des Bains Municipaux du boulevard de la Victoire, c’est Robert Herrmann qui en avait hérité durant le mandat précédent, un « cadeau » du maire Roland Ries (PS), qui lui avait déjà confié la gestion du personnel pour faire bonne mesure. Pour se sortir de ce guêpier, rénover les Bains, patrimoine historique, coûterait entre 20 et 30 millions d’euros, le premier adjoint de l’époque propose en 2010 de faire appel à un opérateur extérieur en utilisant la formule du partenariat public-privé (PPP).

Mais l’idée de confier les Bains au secteur privé avait alors provoqué un tollé. Robert Herrmann avait réussi à mobiliser contre cette idée l’opposition de droite et l’aile gauche des socialistes strasbourgeois, plus une série d’usagers et d’habitants. Après une année de polémiques et un « atelier de projet », Robert Herrmann doit reculer fin 2011. Il n’y touchera plus. Pour autant, la rénovation des Bains Municipaux est urgente.

Ce vaste ensemble construit à partir de 1908 et comprenant deux piscines, des bains romains, un sauna et des douches, le tout dans un écrin Art Nouveau, n’a pas subi de travaux depuis plus de trente ans : ses douches fuient, sa tuyauterie est à bout de souffle, sa chaudière de 1971 consomme trop d’énergie et l’isolation est à revoir.

Roland Ries : « il faut partager la charge entre le public et le privé »

[vidéo : voir lien sur le site Rue89, en bas de page]

Fin avril 2015, Roland Ries décide que l’inaction a assez duré sur ce dossier. Robert Herrmann étant devenu depuis président de l’Eurométropole, difficile de l’intéresser avec ces histoires de carrelages qui se déchaussent.

Le maire choisit alors Olivier Bitz, récemment rendu disponible après avoir survécu à l’établissement du budget 2015 de la Ville de Strasbourg. Adjoint en charge de la Krutenau, l’élu a montré qu’il savait naviguer en eaux troubles et glissantes lors du mandat précédent, avec les relations avec les cultes, le dossier de la grande mosquée ou la vente d’Énerest à Électricité de Strasbourg. Sa mission : rénover les Bains et les remettre en service pour les Strasbourgeois avant la fin du mandat, sans cristalliser d’opposition.

Pas de pression

Olivier Bitz mesure la pression :

« C’est un dossier extrêmement important, que nous devons faire aboutir avant les prochaines élections municipales. Il y a donc une urgence à agir. Après avoir reçu les instructions du maire et fait le point avec Robert Herrmann, je rencontre les associations et les structures intéressées par les Bains, afin de définir avec elles leurs attentes. Je pense qu’il faut sortir des positions idéologiques, qui n’ont jamais fait avancer les dossiers. Il y a beaucoup d’irrationnel dans cette histoire, lié à l’histoire de chacun avec l’établissement. »

Du coup, Olivier Bitz a rencontré les Amis du Vieux Strasbourg, l’Association des habitants de la Krutenau (Ahbak), des représentations syndicales des agents de l’Eurométropole et même le collectif « La Victoire pour Tous », qui maintient une pression sur la municipalité après avoir publié une tribune en février sur Rue89 Strasbourg, une pétition en avril qui a déjà réuni plus de 2 400 signatures et qui organise un rassemblement ce jeudi 7 mai devant l’établissement. Liane Zoppas, à l’origine de ce collectif avec Didier Laroche, explique :

« Lorsque nous avons rencontré Olivier Bitz, nous n’avons rien pu savoir des projets de la Ville pour les Bains. Mais c’est normal, car ils veulent toujours privatiser une partie des services disponibles, notamment le sauna et les bains romains. Mais comme ils savent qu’il y a une forte opposition, ils avancent masqués et évoquent des sommes folles pour les rénovations. En réalité, ils ne savent pas quoi faire avec cet ensemble de bâtiments, dont les espaces sont encore largement inoccupés. »

Un « débat citoyen » indispensable, selon l’Ahbak

Du côté de l’Ahbak, Christiane Goetz souhaite aussi plus de transparence de la part de la Ville :

« L’avenir de ce lieu emblématique mérite un vrai débat citoyen, impliquant les associations et les conseils de quartier, avec des outils permettant de mesurer quelles sont les attentes des Strasbourgeois et ce qu’ils sont prêts à payer. Quand les Bains ont été construits au début du siècle, ils répondaient à un projet social et de santé. La situation a évolué mais ce projet social d’alors fait partie de notre patrimoine immatériel. Quel est le projet social de la Ville aujourd’hui ? Si elle a en tête une opération touristique, qu’elle le dise et on se positionnera. De notre point de vue, il serait dommage de confier au secteur privé lucratif une partie de ce patrimoine, qui pourrait bénéficier à l’économie sociale et solidaire, ce qui serait plus en adéquation avec les buts initiaux des Bains Municipaux. »

Olivier Bitz est prêt à ce débat, promet des rencontres à la rentrée et de rendre disponibles les études qui ont été réalisées :

« Les études sont des documents administratifs auxquels chaque citoyen peut avoir accès, c’est tout à fait normal. Il n’y a rien de caché. On nous fait des procès d’intentions alors que nous n’entrons simplement pas dans le mode de gestion à ce stade, avant de se mettre d’accord sur les finalités. Un service public est une réponse jugée suffisamment importante pour l’intérêt général qu’elle justifie l’engagement de moyens publics. Est-ce qu’un sauna correspond à cette définition ? Je pense qu’on est plus dans les loisirs et le bien-être que dans la santé. Il faut donc en tirer les conclusions : quelques personnes ont pris l’habitude de faire payer à la collectivité leurs séances de sauna. Ça ne peut plus durer. »

Un « trou » de 2 millions d’euros chaque année

Selon les tarifs de la Ville, l’entrée aux bains romains coûte 15€, mais de nombreuses formules d’abonnements existent qui réduisent ce prix. Et en 2014, 9 379 entrées pour les bains romains ont été comptabilisées, 6 823 pour le saunaselon les DNA. À ce jour, Olivier Bitz estime que les Bains creusent le budget de la Ville de 2 millions d’euros chaque année mais il ne connait pas précisément les équilibres des recettes et des charges, qui sont fondues dans le budget de la Ville et qui doivent être précisés par les services.

Pour le collectif « La Victoire pour Tous », l’équilibre budgétaire des Bains est tout à fait possible :

« On peut envisager de louer les locaux vides, aménager les espaces non-bâtis, refaire toute la tarification et évidemment, réaliser des économies de fonctionnement grâce à la rénovation. Nous avons plusieurs pistes à proposer à la Ville mais qui ne semble pas vouloir les entendre. De notre point de vue, cette rénovation à 30 millions d’euros est surévaluée, pour faire accepter aux Strasbourgeois qu’ils doivent s’habituer à perdre leurs bains romains. »

En juin, le conseil de l’Eurométropole devrait voter une délibération confiant la rénovation et la gestion des Bains Municipaux à la société publique locale (SPL) Deux-Rives. Cette société était jusqu’à présent dédiée à mener à bien les aménagements de la ZAC Deux-Rives, qui s’étend du bassin de la Citadelle jusqu’au port-du-Rhin. L’ampleur des dossiers à mener et leur nombre sont déjà très important, aussi la saisie de cette SPL pour les Bains peut surprendre.

« La SPL Deux-Rives ? Savoir-faire et réactivité »

Son directeur, Éric Bazard, explique son rôle :

« Notre société est compétente pour mener des projets sur l’ensemble du territoire de nos actionnaires, c’est-à-dire l’Eurométropole. Si on nous confie la rénovations des Bains, c’est pour notre savoir-faire et notre réactivité. Deux personnes à mi-temps et aux profils complémentaires seront chargées de ce dossier. Une fois notre mission confirmée, nous allons réaliser des diagnostics et proposer aux élus un éventail d’options, fin 2015, début 2016. »

Mais pour Liane Zoppas, la saisie de la SPL vise à préparer l’arrivée du secteur privé dans les Bains :

« Contrairement à une collectivité, une SPL peut négocier directement avec une entreprise privée des marchés, sans passer par le contrôle du conseil municipal. De nombreuses rénovations de piscines ont pu être menées sans avoir recours à une société extérieure, alors pourquoi est-ce nécessaire ici ? On veut faire sortir la rénovation des Bains du débat public. »

Éric Bazard réfute ces arguments et précise que les marchés conclus par la SPL Deux-Rives doivent passer par un appel d’offres et sont soumis au contrôle des finances publiques, tout comme les collectivités.

Pour l’instant, l’objectif est de garder la piscine principale, ainsi que les douches, en gestion directe par la Ville. Mais une solution doit être trouvée pour absorber le coût des rénovations, et Roland Ries ne peut pas augmenter tous les ans les impôts. Le reste des options disponibles seront donc l’objet des futures discussions : outre une gestion externalisée des bains romains et du sauna, on parle d’un hôtel dans le bâtiment administratif, d’une piscine extérieure à la place du parking… Rendez-vous début 2016 pour les premières pistes solides, et pour vérifier si Olivier Bitz mérite son casque bleu.

Pour lire l’article sur le site : rue89strasbourg – 2015/05/07

 

 

Communiqué de presse du collectif – 01/05/2015

Collectif 1er MaiRenovation des Bains Municipaux :

La privatisation pour tout horizon ? 

Le collectif LA VICTOIRE POUR TOUS a répondu, samedi dernier, à l’invitation de Olivier Bitz, qui se présente comme étant à la tête d’un comité de pilotage du projet de rénovation des Bains Municipaux, sous l’autorité du maire.

Nous avons précisé à l’adjoint que cette rencontre devrait être pour nous l’occasion d’en savoir plus sur l’état d’avancement de ce dossier et notamment que nous soit présenté le scénario envisagé par la municipalité pour ce projet. Nous savons en effet qu’une étude vient d’être attribuée à un architecte strasbourgeois : un diagnostic architectural, patrimonial et urbain, dont le cahier de clauses techniques particulières fait état, clairement et à plusieurs reprises, d’un « scénario envisagé par la maîtrise d’ouvrage » (la Ville), scénario que cette étude devrait valider, voire enrichir, afin de définir le cahier des charges.

Or, lors de cet entretien, même confrontés à ce document officiel, l’adjoint, tout comme le chef du service concerné, Frédéric Thommen (directeur de la construction) ont systématiquement nié l’existence d’un quelconque scénario préalablement envisagé.

Premier constat : ou bien le document officiel est fautif, ce qui est assez préoccupant ; ou bien l’on nous cache la vérité, ce qui est encore plus préoccupant !

C’est là que gît le lièvre

L’adjoint au maire nous a aussi confirmé la décision, déjà annoncée par le maire, de confier le dossier Bains Municipaux à la SPL Deux Rives, tout en nous expliquant longuement qu’il ne faut pas penser « privatisation », que le projet sera totalement géré par des instances publiques, que la SPL Deux Rives est une structure 100% publique, dont le président est le maire, Roland Ries. Nous lui avons fait remarquer qu’il existe une autre structure 100 % publique et également présidée par le maire : la Ville de Strasbourg.

Or, des dizaines de projets de rénovation ont été conduits récemment à Strasbourg, dont tous ceux relatifs au Plan Piscine, plus la BNU, le Palais de Fêtes, le Palais des Congrès… sans que le besoin d’externaliser se soit posé. Quelle est donc la spécificité des Bains Municipaux, pour que l’on décide d’externaliser le projet, en faisant appel à une SPL qui n’a d’ailleurs aucune relation, ni géographique ni fonctionnelle avec cet équipement ?

Une SPL est une société de droit privé, qui peut être constituée à 100% de capitaux publics au départ mais qui échappe aux règles des marchés publics, qui peut choisir un promoteur, une forme de gestion, etc… à sa guise, sans avoir de compte à rendre ni au conseil municipal, ni aux citoyens. De plus, la SPL Deux Rives dépend à 80% de l’Eurométropole, dont nous connaissons l’opacité des instances de décision.

Alors, dans le cas de la rénovation de nos Bains Municipaux, pourquoi faire appel à la SPL Deux Rives, qui soit dit en passant n’a pas du tout été créée pour cela, sinon pour sortir du débat public et privatiser ?

Une nouvelle invitation nous est arrivée, que nous déclinons, faute d’avoir obtenu un minimum de réponses à nos questions. Notamment : qu’en est-il de ce « scénario », privilégié ou retenu, mentionné dans le dernier appel d’offre ? Car il est temps que vous en informiez les citoyens. Et, si tel scénario n’existe pas encore, qui l’écrira : la Ville, l’Eurométropole, les citoyens, la SPL… ou un autre organisme privé ???

Selon l’adjoint, une délibération en Conseil Municipal ne doit pas tarder – « avant l’été » (sic) – qui confiera le projet de rénovation des Bains à la SPL Deux Rives. Nous considérons qu’il y a donc urgence et invitons les Strasbourgeois à se mobiliser pour que nos Bains municipaux restent accessibles à tous.

Dans la pétition qui circule et que nous vous invitons à signer, nous demandons à Monsieur le Maire de renoncer à toute action ou procédure qui dessaisirait la Ville de Strasbourg de ce dossier et qui conduirait à une privatisation partielle ou totale des Bains Municipaux. 

A propos, nous vous informons que, malgré notre demande, relancée plusieurs fois, la municipalité qui nous invite à un prétendu dialogue, ne nous a toujours pas accordé l’autorisation d’afficher et de déposer notre pétition dans les locaux des Bains Municipaux. Soucieuse de participation citoyenne et siège du Forum Mondial de la Démocratie, la Ville de Strasbourg avait pourtant accordée cette autorisation à l’association de quartier qui se battait, en 2010, justement, contre la privatisation des Bains Municipaux.

Collectif LA VICTOIRE POUR TOUS

Contact : bm.lavictoirepourtous@gmail.com

La pétition : www.mesopinions.com/petition/defendons-bains-municipaux-strasbourg

Piscines pour tous – Imposture, déni de la démocratie… – 26/04/2015

Edito du 26 avril 2015 :

IMPOSTURE, DÉNI DE LA DÉMOCRATIE, MENSONGE PLUTÔT QUE VÉRITÉ ! 

piscine-de-durham-05

Triste panorama que voilà. La ville de Strasbourg mène sa population en bateau. Bateau ivre, mais hors de sa valeur poétique. Nos élus soutenus par certains de leurs hauts techniciens, dont certains ont eu droit à de jolies primes indûments perçues, se préparent à nous servir un plat des plus indigestes. Ils se comportent comme ces nouveaux convertis qui se présentent alors plus sectaires que les originaux. Ces gens sont fascinés par l’argent, aiment se faire flatter et vont jusqu’à coucher dans le lit du maître. Libre à eux plus tard, pris par leur faute, d’en appeler au pardon et ensuite de  jouir d’un « plus jamais ça ».

Quand la catastrophe aura eu lieu, à savoir quand le maitre dira : fin de la récréation, passez à la caisse, là on sait que le peuple paiera, comme il a l’habitude de le faire.

La piscine de la Victoire va être privatisée suivant un modèle s’apparentant à celui de la piscine Molitor. La ville le nie et aucune discussion n’est possible car tout est décidé. Pour preuve : un « scénario » est déposé et une étude doit le paufiner. Le titre de cette étude : « Mission de maitrise d’oeuvre pour la réalisation d’un diagnostique architectural, patrimonial et urbain de l’établissement des bains municipaux de Strasbourg ».

Le mot « scénario » y est présent plusieurs fois signe qu’il est dans les grandes lignes arrêté. Par exemple, nous citons : « Analyse et approfondissement du scénario envisagé par la maitrise d’ouvrage ». Ou « Les réflexions portent également sur l’évolution envisageable de l’équipement et proposent d’éventuels nouveaux usages pour des publics à identifier ». Ou « vérifier la pertinence du scénario proposé au regard du rapport de diagnostique partagé ».

Un hôtel de grand luxe sera probablement installé – construit  et fera bénéficier ses nouveaux riches clients, mais pas la population du quartier par une belle ségrégation par l’argent, des bains romains, sauna et « frottages ».

Quid du patrimoine strasbourgeois qui appartient aux Strasbourgeois et qui va être offert au maître qui est marié avec le monde de l’argent, se foutant du bien commun, de toute valeur culturelle et qui aime jeter aux orties le travail s’appuyant sur le savoir et les connaissances ?

Imposture donc, au regard des discours viciés que nous offrent les élus et cadres techniciens de la ville de Strasbourg.

Problème, ils sont tombés sur des personnes décidées, au regard des sources qui sont les nôtres, informées et qui iront au plus loin pour faire entendre raison à cet ensemble de personnalités dans le fond animé par une grande lâcheté morale. En 2011, le débat avait lieu, avorté par une concertation-mascarade. Aujourd’hui, les élections municipales passées nos élus s’en redonnent à coeur joie.

Disons le tout net : le bras de fer est engagé. 

Pour acceder au site de l’association : www.piscinespourtous.wordpress.com

 

 

Rue89 : Bains municipaux, toujours la tentation du morcellement – 16/02/2015

Didier Laroche et Liane Zoppas

Tribune : Bains municipaux, toujours la tentation du morcellement

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Bains municipaux de Strasbourg - avril 2012 (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

Si l’avenir des Bains municipaux, situés boulevard de la Victoire dans la Neustadt, a échappé au menu de Noël du conseil municipal, il serait question d’y revenir bientôt et ce, de façon « toujours inquiétante ». C’est en tout cas ce que craignent Didier Laroche et Liane Zoppas, deux architectes qui connaissent le dossier sur le bout des doigts.

TribuneFin 2014, nous apprenions que la Ville allait engager des procédures, aux plans technique et administratif, pour avancer dans le dossier des Bains municipaux qui fait figure de « patate chaude ». D’après nos informations, le projet de réhabilitation des Bains sera transféré à l’Eurométropole. Et l’on sait que son actuel président, Robert Herrmann, rêve d’en faire un équipement « prestigieux et d’exception » inscrit dans le rayonnement de Strasbourg Eurométropole, mais bien éloigné… des Strasbourgeois. Le qualificatif « municipaux » des Bains risque de passer au stade de souvenir.

Opacité du processus de décision

De plus, selon les règles de fonctionnement définies pour l’Eurométropole, les décisions peuvent être prises en commission permanente, sans l’aval du conseil municipal, ni de celui de l’Eurométropole. Le silence sur les Bains sera ainsi renforcé par l’opacité du processus de décision.

La SPL (société publique locale), solution miracle pour la gestion des Bains, pourrait être remplacée par une SEMOP (société d’économie mixte à opération unique), nouvelle structure publique-privée rappelant l’ancien projet de PPP. Alors que les Français découvrent le musellement des pouvoirs publics par les clauses draconiennes des concessions autoroutières, perdure localement le mirage de montages financiers qui n’ont qu’un effet : gratifier les générations futures d’ardoises monumentales !

Vendre les Bains par morceaux ?

L’idée maîtresse de la démarche des élus est que l’administration municipale ne serait pas en mesure de traiter ce dossier, dont on répète à satiété qu’il est extrêmement complexe et qu’une réhabilitation implique forcément des investissements trop importants : seule une entité plus ou moins publique – SPL ou SEMOP – pourrait faire face. Comment le miracle aurait-il lieu ? En donnant toute liberté à cet organisme de procéder à des opérations foncières dont on ne dit pas la nature, mais dont on se doute qu’il s’agit de concéder à des opérateurs privés des « morceaux » de l’établissement balnéaire : pourrait-on alors vendre l’aile gauche du bâtiment, la chaufferie… ou la cour arrière ?

Loin d’une opposition de principe à la présence du privé qui peut dans certains projets présenter un intérêt, nous nous inquiétons d’un fonctionnement consistant à envisager d’abord la gestion administrative et financière et à laisser ensuite le soin à l’entité créée d’adapter un programme.

Une expertise pour réinventer le fonctionnement

Il importe au contraire avant tout de concevoir un programme et un cahier des charges, en fonction desquels saisir ensuite la ou les structures adaptées. Cette juste démarche ne rencontre qu’un obstacle : l’absence de volonté de réaliser une réelle expertise du bâtiment, sur laquelle s’appuierait l’étude de faisabilité d’une intervention concernant l’entretien et la réparation, ainsi que son extension en vue de nouvelles activités susceptibles d’enrichir l’offre existante. Au-delà de diagnostics purement techniques, il faudrait soumettre le bâtiment à une expertise programmatique susceptible de réinventer son fonctionnement.

C’est bien évidemment sur une logique urbaine et non sur la base d’un accommodement administratif qu’il faut fonder le projet ambitieux de rénovation des Bains. Si la Ville veut valoriser la Neustadt, elle doit rester fidèle à l’ambition dont témoignent les grandes opérations urbaines du début du XXème siècle, auxquelles appartient la construction des Bains. Ainsi, cet équipement est voisin du pôle universitaire principal de Strasbourg et jamais les potentialités de cette situation particulière n’ont été envisagées.

Une piscine de natation, construite à l’arrière du bâtiment, ne rendrait en rien la gestion de l’établissement trop « complexe ». En revanche, l’utilisation de cet espace pour y bâtir un hôtel de luxe ou un casino créerait des contraintes de fonctionnement certaines.

Méconnaissance d’une culture balnéaire « santé »

L’argumentation développée pour légitimer le recours au privé a toujours été de dissocier la pratique de la baignade-natation, jugée « publique », de celle des bains romains et du sauna considérée comme un luxe, alors que c’est leur ensemble qui constitue l’originalité de l’établissement. De plus, ces arguments témoignent surtout de la méconnaissance d’une culture balnéaire qui retrouve un public nombreux du fait de son impact sur la santé.

La ville de Strasbourg devrait pourtant être sensible à cette question vu le succès de l’opération « sport santé sur Ordonnance, qui concerne, entre autres, la natation, le water-polo, la gym aquatique et qui gagnerait à s’appuyer sur des structures municipales historiquement engagées dans le domaine. Il faudrait évidemment inclure ces activités dans un projet de réhabilitation qui prendrait en compte toute idée renforçant la cohésion et l’offre des Bains : une clinique de kinésithérapie en annexe ?

Quant aux activités complémentaires, pourquoi la bière, spécificité strasbourgeoise, ne trouverait-elle pas sa place dans un projet où l’eau est à l’honneur : production locale en micro-brasserie, ou création d’un label Bière des Bains ? En son temps, la reconstruction de l’Ancienne Douane ne s’est-elle pas réalisée avec l’appui d’une brasserie-mécène ?

 Une preuve de faiblesse face aux Allemands

Une logique prétendument « patrimoniale », usant de l’ancien pour l’associer au luxe et le réserver à des happy few susceptibles d’en financer le fonctionnement – avec quelques créneaux horaires d’ouverture au public pour adoucir la pilule – serait non seulement une trahison de l’idéal qui a présidé à la construction des Bains, mais une preuve de faiblesse dans le contexte rhénan, où nos voisins allemands ont su dans bien des cas, face au même patrimoine, veiller au maintien de sa vocation publique.

Valoriser le patrimoine, ce n’est plus, comme au XIXème siècle, se limiter à imposer des contraintes au renouvellement des infrastructures ; c’est tirer parti de leur caractère unique, impliquant non seulement le cadre bâti, mais aussi la fonction des lieux. Si la Ville veut faire valoir ses atouts dans le cadre d’un rayonnement européen, elle n’y parviendra pas en confisquant ce lieu aux Strasbourgeois pour en faire bénéficier quelques privilégiés, comme cela s’est produit à la Piscine Molitor à Paris. Il faudra, au contraire, ouvrir les Bains à un public non seulement attiré par le cadre exceptionnel mais par une offre élargie d’activités concernant l’eau et le corps.

100 ans de bons et loyaux services

Contrairement aux piscines plus récentes, les Bains n’ont jamais fait l’objet de rénovation. Or, rares sont les bâtiments qui, après cent ans de bons et loyaux services, peuvent se targuer d’une telle « durabilité » : ceci devrait parler aux élus attachés au développement durable et concernés par une gestion à long terme de notre patrimoine.

Didier Laroche et Liane Zoppas
Architectes

Lien vers l’article : Rue89 Strasbourg – Bains Municipaux 16/02/2015

 

 

DNA : Deux architectes se jettent à l’eau – 04/05/2010

DNA Deux architectes se jettent a l'eauLe 4 mai 2010, suite à la lettre ouverte adressée par les architectes Didier Laroche et Liane Zoppas à Robert Herrmann, adjoint au maire et « pilote en charge » du dossier de privatisation, les DNA publiaient une page concernant ce document et le devenir des Bains Municipaux.

 

Pour lire l’article, cliquez sur le lien : DNA Bains Municipaux 4 mai 2010