APERO A L’EAU ! – Jeudi 21mai 2015

Le collectif La Victoire Pour Tous dit NON A LA PRIVATISATION et vous attend ce jeudi 21 mai à 18h30, pour sa permanence-apéro de plein-air, sur les marches de notre Grand Etablissement Municipal de Bains.

2015-prochain apéroCe moment convivial sera l’occasion d’échanger et de s’informer sur l’avancement du dossier et sur l’importance qu’il y a à rester mobilisés, si l’on souhaite que la Victoire reste un lieu de bain public au service de tous.

Vos amis, et les amis de vos amis sont aussi cordialement invités.

Chacun peut apporter une bouteille, deux ou trois gobelets, voire quelques trucs à grignoter.

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Les Bains au Conseil Municipal – 18 mai 2015

Lundi, le 18 mai 2015, Jean-Philippe Vetter aura invité une fois de plus les Bains au Conseil Municipal. Voici le texte de son interpellation.

Cependant nous vous invitons vivement à regarder la vidéo de cette interpellation et du débat qui l’a suivi : 15 minutes, mais assez pour se rendre compte de la gêne causée par le sujet dans cette assemblée. Les excellents arguments de l’élu de l’opposition n’ont malheureusement pas retrouvé d’écho auprès de certains membres de la majorité, ceux qui en 2010/2011 manifestaient clairement leur opposition à la privatisation des Bains Municipaux.

Silence vraiment assourdissant… comme l’a très bien signifié Vetter! 

Pour regarder la vidéo, cliquez sur ce lien : CM 18 mai 2015 – interpellation J.P. Vetter

 

CONSEIL MUNICIPAL DU 18 MAI 2015

Interpellation de Monsieur Jean-Philippe VETTER : L’avenir des Bains Municipaux doit être décidé démocratiquement.

 GROUPE STRASBOURG A VOS COTES – UMP, MODEM ET SOCIETE CIVILE

Monsieur le Maire,

Après mon interpellation lors du Conseil municipal du 23 mars 2015 et la mobilisation du collectif « La Victoire pour tous », la question de l’avenir des Bains Municipaux est désormais en débat.

Ce débat pourrait malheureusement ne pas avoir lieu dans cette enceinte jusqu’au bout car vous avez émis le souhait de confier l’avenir des Bains Municipaux à la SPL Deux-rives. Cette procédure vous permet de ne plus avoir à recourir au Conseil municipal pour acter en bonne et due forme  l’éventuelle privatisation d’une partie des bains municipaux.

Pourtant, si en mars 2014, plusieurs dizaines de milliers de Strasbourgeois se sont rendus aux urnes pour voter et élire leurs conseillers municipaux, c’est pour que les sujets importants pour notre ville puissent être débattus démocratiquement. L’avenir des Bains Municipaux, joyau architectural au cœur de la Neustadt en est un.

Le débat est d’autant plus important au sein du Conseil municipal que les perspectives qui se dessinent pour les Bains Municipaux semblent bien floues. Chaque jour dans la presse, nous apprenons de nouvelles hypothèses comme par exemple celle évoquant un hôtel de luxe, que votre adjoint Olivier Bitz ne récuse d’ailleurs pas.

Monsieur le Maire, afin que le débat puisse se poursuivre sereinement et de manière démocratique et ouverte au sein du Conseil municipal, je vous propose de renoncer à confier l’avenir des Bains Municipaux à la SPL Deux-Rives.

Je vous remercie.

 

Rue89 : Bains Municipaux, Olivier Bitz chargé de déminer le dossier – 07/05/2015

POLITIQUE – par Pierre France

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La piscine de la Victoire est classé comme patrimoine historique (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Que va-t-il advenir des Bains Municipaux, ce vaste ensemble doté de piscines, douches, bains romains et d’un sauna boulevard de la Victoire ? La Ville de Strasbourg ne veut plus en assurer seule l’entretien, mais des collectifs d’utilisateurs et de résidents refusent toute concession au secteur privé. Adjoint au maire en charge des dossiers chauds, Olivier Bitz a été envoyé déminer le terrain et donne rendez-vous début 2016.

Il est des dossiers comme ça qu’on se refile au 9e étage du centre administratif de Strasbourg… La rénovation des Bains Municipaux du boulevard de la Victoire, c’est Robert Herrmann qui en avait hérité durant le mandat précédent, un « cadeau » du maire Roland Ries (PS), qui lui avait déjà confié la gestion du personnel pour faire bonne mesure. Pour se sortir de ce guêpier, rénover les Bains, patrimoine historique, coûterait entre 20 et 30 millions d’euros, le premier adjoint de l’époque propose en 2010 de faire appel à un opérateur extérieur en utilisant la formule du partenariat public-privé (PPP).

Mais l’idée de confier les Bains au secteur privé avait alors provoqué un tollé. Robert Herrmann avait réussi à mobiliser contre cette idée l’opposition de droite et l’aile gauche des socialistes strasbourgeois, plus une série d’usagers et d’habitants. Après une année de polémiques et un « atelier de projet », Robert Herrmann doit reculer fin 2011. Il n’y touchera plus. Pour autant, la rénovation des Bains Municipaux est urgente.

Ce vaste ensemble construit à partir de 1908 et comprenant deux piscines, des bains romains, un sauna et des douches, le tout dans un écrin Art Nouveau, n’a pas subi de travaux depuis plus de trente ans : ses douches fuient, sa tuyauterie est à bout de souffle, sa chaudière de 1971 consomme trop d’énergie et l’isolation est à revoir.

Roland Ries : « il faut partager la charge entre le public et le privé »

[vidéo : voir lien sur le site Rue89, en bas de page]

Fin avril 2015, Roland Ries décide que l’inaction a assez duré sur ce dossier. Robert Herrmann étant devenu depuis président de l’Eurométropole, difficile de l’intéresser avec ces histoires de carrelages qui se déchaussent.

Le maire choisit alors Olivier Bitz, récemment rendu disponible après avoir survécu à l’établissement du budget 2015 de la Ville de Strasbourg. Adjoint en charge de la Krutenau, l’élu a montré qu’il savait naviguer en eaux troubles et glissantes lors du mandat précédent, avec les relations avec les cultes, le dossier de la grande mosquée ou la vente d’Énerest à Électricité de Strasbourg. Sa mission : rénover les Bains et les remettre en service pour les Strasbourgeois avant la fin du mandat, sans cristalliser d’opposition.

Pas de pression

Olivier Bitz mesure la pression :

« C’est un dossier extrêmement important, que nous devons faire aboutir avant les prochaines élections municipales. Il y a donc une urgence à agir. Après avoir reçu les instructions du maire et fait le point avec Robert Herrmann, je rencontre les associations et les structures intéressées par les Bains, afin de définir avec elles leurs attentes. Je pense qu’il faut sortir des positions idéologiques, qui n’ont jamais fait avancer les dossiers. Il y a beaucoup d’irrationnel dans cette histoire, lié à l’histoire de chacun avec l’établissement. »

Du coup, Olivier Bitz a rencontré les Amis du Vieux Strasbourg, l’Association des habitants de la Krutenau (Ahbak), des représentations syndicales des agents de l’Eurométropole et même le collectif « La Victoire pour Tous », qui maintient une pression sur la municipalité après avoir publié une tribune en février sur Rue89 Strasbourg, une pétition en avril qui a déjà réuni plus de 2 400 signatures et qui organise un rassemblement ce jeudi 7 mai devant l’établissement. Liane Zoppas, à l’origine de ce collectif avec Didier Laroche, explique :

« Lorsque nous avons rencontré Olivier Bitz, nous n’avons rien pu savoir des projets de la Ville pour les Bains. Mais c’est normal, car ils veulent toujours privatiser une partie des services disponibles, notamment le sauna et les bains romains. Mais comme ils savent qu’il y a une forte opposition, ils avancent masqués et évoquent des sommes folles pour les rénovations. En réalité, ils ne savent pas quoi faire avec cet ensemble de bâtiments, dont les espaces sont encore largement inoccupés. »

Un « débat citoyen » indispensable, selon l’Ahbak

Du côté de l’Ahbak, Christiane Goetz souhaite aussi plus de transparence de la part de la Ville :

« L’avenir de ce lieu emblématique mérite un vrai débat citoyen, impliquant les associations et les conseils de quartier, avec des outils permettant de mesurer quelles sont les attentes des Strasbourgeois et ce qu’ils sont prêts à payer. Quand les Bains ont été construits au début du siècle, ils répondaient à un projet social et de santé. La situation a évolué mais ce projet social d’alors fait partie de notre patrimoine immatériel. Quel est le projet social de la Ville aujourd’hui ? Si elle a en tête une opération touristique, qu’elle le dise et on se positionnera. De notre point de vue, il serait dommage de confier au secteur privé lucratif une partie de ce patrimoine, qui pourrait bénéficier à l’économie sociale et solidaire, ce qui serait plus en adéquation avec les buts initiaux des Bains Municipaux. »

Olivier Bitz est prêt à ce débat, promet des rencontres à la rentrée et de rendre disponibles les études qui ont été réalisées :

« Les études sont des documents administratifs auxquels chaque citoyen peut avoir accès, c’est tout à fait normal. Il n’y a rien de caché. On nous fait des procès d’intentions alors que nous n’entrons simplement pas dans le mode de gestion à ce stade, avant de se mettre d’accord sur les finalités. Un service public est une réponse jugée suffisamment importante pour l’intérêt général qu’elle justifie l’engagement de moyens publics. Est-ce qu’un sauna correspond à cette définition ? Je pense qu’on est plus dans les loisirs et le bien-être que dans la santé. Il faut donc en tirer les conclusions : quelques personnes ont pris l’habitude de faire payer à la collectivité leurs séances de sauna. Ça ne peut plus durer. »

Un « trou » de 2 millions d’euros chaque année

Selon les tarifs de la Ville, l’entrée aux bains romains coûte 15€, mais de nombreuses formules d’abonnements existent qui réduisent ce prix. Et en 2014, 9 379 entrées pour les bains romains ont été comptabilisées, 6 823 pour le saunaselon les DNA. À ce jour, Olivier Bitz estime que les Bains creusent le budget de la Ville de 2 millions d’euros chaque année mais il ne connait pas précisément les équilibres des recettes et des charges, qui sont fondues dans le budget de la Ville et qui doivent être précisés par les services.

Pour le collectif « La Victoire pour Tous », l’équilibre budgétaire des Bains est tout à fait possible :

« On peut envisager de louer les locaux vides, aménager les espaces non-bâtis, refaire toute la tarification et évidemment, réaliser des économies de fonctionnement grâce à la rénovation. Nous avons plusieurs pistes à proposer à la Ville mais qui ne semble pas vouloir les entendre. De notre point de vue, cette rénovation à 30 millions d’euros est surévaluée, pour faire accepter aux Strasbourgeois qu’ils doivent s’habituer à perdre leurs bains romains. »

En juin, le conseil de l’Eurométropole devrait voter une délibération confiant la rénovation et la gestion des Bains Municipaux à la société publique locale (SPL) Deux-Rives. Cette société était jusqu’à présent dédiée à mener à bien les aménagements de la ZAC Deux-Rives, qui s’étend du bassin de la Citadelle jusqu’au port-du-Rhin. L’ampleur des dossiers à mener et leur nombre sont déjà très important, aussi la saisie de cette SPL pour les Bains peut surprendre.

« La SPL Deux-Rives ? Savoir-faire et réactivité »

Son directeur, Éric Bazard, explique son rôle :

« Notre société est compétente pour mener des projets sur l’ensemble du territoire de nos actionnaires, c’est-à-dire l’Eurométropole. Si on nous confie la rénovations des Bains, c’est pour notre savoir-faire et notre réactivité. Deux personnes à mi-temps et aux profils complémentaires seront chargées de ce dossier. Une fois notre mission confirmée, nous allons réaliser des diagnostics et proposer aux élus un éventail d’options, fin 2015, début 2016. »

Mais pour Liane Zoppas, la saisie de la SPL vise à préparer l’arrivée du secteur privé dans les Bains :

« Contrairement à une collectivité, une SPL peut négocier directement avec une entreprise privée des marchés, sans passer par le contrôle du conseil municipal. De nombreuses rénovations de piscines ont pu être menées sans avoir recours à une société extérieure, alors pourquoi est-ce nécessaire ici ? On veut faire sortir la rénovation des Bains du débat public. »

Éric Bazard réfute ces arguments et précise que les marchés conclus par la SPL Deux-Rives doivent passer par un appel d’offres et sont soumis au contrôle des finances publiques, tout comme les collectivités.

Pour l’instant, l’objectif est de garder la piscine principale, ainsi que les douches, en gestion directe par la Ville. Mais une solution doit être trouvée pour absorber le coût des rénovations, et Roland Ries ne peut pas augmenter tous les ans les impôts. Le reste des options disponibles seront donc l’objet des futures discussions : outre une gestion externalisée des bains romains et du sauna, on parle d’un hôtel dans le bâtiment administratif, d’une piscine extérieure à la place du parking… Rendez-vous début 2016 pour les premières pistes solides, et pour vérifier si Olivier Bitz mérite son casque bleu.

Pour lire l’article sur le site : rue89strasbourg – 2015/05/07

 

 

Communiqué de presse du collectif – 01/05/2015

Collectif 1er MaiRenovation des Bains Municipaux :

La privatisation pour tout horizon ? 

Le collectif LA VICTOIRE POUR TOUS a répondu, samedi dernier, à l’invitation de Olivier Bitz, qui se présente comme étant à la tête d’un comité de pilotage du projet de rénovation des Bains Municipaux, sous l’autorité du maire.

Nous avons précisé à l’adjoint que cette rencontre devrait être pour nous l’occasion d’en savoir plus sur l’état d’avancement de ce dossier et notamment que nous soit présenté le scénario envisagé par la municipalité pour ce projet. Nous savons en effet qu’une étude vient d’être attribuée à un architecte strasbourgeois : un diagnostic architectural, patrimonial et urbain, dont le cahier de clauses techniques particulières fait état, clairement et à plusieurs reprises, d’un « scénario envisagé par la maîtrise d’ouvrage » (la Ville), scénario que cette étude devrait valider, voire enrichir, afin de définir le cahier des charges.

Or, lors de cet entretien, même confrontés à ce document officiel, l’adjoint, tout comme le chef du service concerné, Frédéric Thommen (directeur de la construction) ont systématiquement nié l’existence d’un quelconque scénario préalablement envisagé.

Premier constat : ou bien le document officiel est fautif, ce qui est assez préoccupant ; ou bien l’on nous cache la vérité, ce qui est encore plus préoccupant !

C’est là que gît le lièvre

L’adjoint au maire nous a aussi confirmé la décision, déjà annoncée par le maire, de confier le dossier Bains Municipaux à la SPL Deux Rives, tout en nous expliquant longuement qu’il ne faut pas penser « privatisation », que le projet sera totalement géré par des instances publiques, que la SPL Deux Rives est une structure 100% publique, dont le président est le maire, Roland Ries. Nous lui avons fait remarquer qu’il existe une autre structure 100 % publique et également présidée par le maire : la Ville de Strasbourg.

Or, des dizaines de projets de rénovation ont été conduits récemment à Strasbourg, dont tous ceux relatifs au Plan Piscine, plus la BNU, le Palais de Fêtes, le Palais des Congrès… sans que le besoin d’externaliser se soit posé. Quelle est donc la spécificité des Bains Municipaux, pour que l’on décide d’externaliser le projet, en faisant appel à une SPL qui n’a d’ailleurs aucune relation, ni géographique ni fonctionnelle avec cet équipement ?

Une SPL est une société de droit privé, qui peut être constituée à 100% de capitaux publics au départ mais qui échappe aux règles des marchés publics, qui peut choisir un promoteur, une forme de gestion, etc… à sa guise, sans avoir de compte à rendre ni au conseil municipal, ni aux citoyens. De plus, la SPL Deux Rives dépend à 80% de l’Eurométropole, dont nous connaissons l’opacité des instances de décision.

Alors, dans le cas de la rénovation de nos Bains Municipaux, pourquoi faire appel à la SPL Deux Rives, qui soit dit en passant n’a pas du tout été créée pour cela, sinon pour sortir du débat public et privatiser ?

Une nouvelle invitation nous est arrivée, que nous déclinons, faute d’avoir obtenu un minimum de réponses à nos questions. Notamment : qu’en est-il de ce « scénario », privilégié ou retenu, mentionné dans le dernier appel d’offre ? Car il est temps que vous en informiez les citoyens. Et, si tel scénario n’existe pas encore, qui l’écrira : la Ville, l’Eurométropole, les citoyens, la SPL… ou un autre organisme privé ???

Selon l’adjoint, une délibération en Conseil Municipal ne doit pas tarder – « avant l’été » (sic) – qui confiera le projet de rénovation des Bains à la SPL Deux Rives. Nous considérons qu’il y a donc urgence et invitons les Strasbourgeois à se mobiliser pour que nos Bains municipaux restent accessibles à tous.

Dans la pétition qui circule et que nous vous invitons à signer, nous demandons à Monsieur le Maire de renoncer à toute action ou procédure qui dessaisirait la Ville de Strasbourg de ce dossier et qui conduirait à une privatisation partielle ou totale des Bains Municipaux. 

A propos, nous vous informons que, malgré notre demande, relancée plusieurs fois, la municipalité qui nous invite à un prétendu dialogue, ne nous a toujours pas accordé l’autorisation d’afficher et de déposer notre pétition dans les locaux des Bains Municipaux. Soucieuse de participation citoyenne et siège du Forum Mondial de la Démocratie, la Ville de Strasbourg avait pourtant accordée cette autorisation à l’association de quartier qui se battait, en 2010, justement, contre la privatisation des Bains Municipaux.

Collectif LA VICTOIRE POUR TOUS

Contact : bm.lavictoirepourtous@gmail.com

La pétition : www.mesopinions.com/petition/defendons-bains-municipaux-strasbourg

DNA : L’appel du Collectif – 7 avril 2015

La ville en débat

Devenir des Bains municipaux : Un collectif pour défendre le service public

les-bains-municipaux-chers-au-coeur-des-strasbourgeois-photo-archives-dnaUn collectif de défense des Bains municipaux (*) vient de se constituer, sous l’appellation de « La Victoire pour tous ». Son objectif ? « Défendre l’intégrité des bains et le caractère de service public de l’établissement».

Les Bains Municipaux du boulevard de la Victoire à nouveau menacés de privatisation ! Ce n’est plus une rumeur : Roland Ries, Maire de Strasbourg l’a affirmé lundi 23 mars devant le Conseil Municipal.

L’établissement sera coupé en deux, seules des douches et une piscine resteront publiques, tout le reste étant confié pour son développement et sa gestion au secteur privé : la piscine dames, les bains romains, le sauna, les nombreux locaux inoccupés au fil des ans, ainsi que la chaufferie et la cour arrière dont l’importante surface représente un grand potentiel d’extension.

C’est démanteler et dilapider un joyau du patrimoine urbain municipal, inscrit au titre des monuments historiques, qui appartient depuis plus d’un siècle à tous les Strasbourgeois et auquel ils sont très attachés.

Ils l’ont prouvé en 2010 par leur réaction à une première tentative de privatisation par la formule du PPP (Partenariat Public Privé). La Ville avait alors fait machine arrière et assuré que les Bains resteraient publics, la meilleure garantie étant que le projet serait mené avec une Société Publique Locale (SPL), structure à capital 100% public.

Aujourd’hui, c’est bien d’une SPL dont il est question – la SPL Deux Rives – mais sa mission annoncée est d’organiser le démantèlement des Bains et leur privatisation !

Quelle ville en France peut se vanter de posséder un aussi bel ensemble au service de tous ? Un luxe, le sauna ? Un luxe les bains romains ? Si oui, tant mieux puisqu’il est accessible à tous, indépendamment de la classe sociale et de l’âge. C’était bien l’ambition sociale et la réussite des élus municipaux en 1908, qui souhaitaient que le meilleur soit à la portée de chacun et pas seulement des plus aisés : cela n’est-il plus le cas aujourd’hui ?

Le prétexte à cette privatisation, c’est que la rénovation coûte trop cher, que la Ville n’a pas d’argent et que, selon le Maire, les activités « relevant notamment des soins, du bien être et de la beauté » (sic) n’ont pas vocation à être gérées par la collectivité. Ces arguments ne sont pas pertinents.

Tout se passe comme si, après trente ans de laisser aller, de quasi abandon, de dégradation progressive des locaux et des installations, la Ville de Strasbourg n’avait qu’une seule préoccupation : « comment s’en débarrasser ? », cherchant depuis des années quel pourrait bien être l’opérateur – ou la structure – à qui on pourrait refiler le bébé : PPP, DSP, SPL, SEM…

Pour pallier ce désintérêt et empêcher cette spoliation du bien public, nous avons constitué un Collectif de défense des Bains Municipaux de Strasbourg appelé « La Victoire pour tous ».

Il vise à défendre l’intégrité des Bains et le caractère de service public de l’établissement dans l’esprit qui a présidé à sa construction : un complexe de piscines, baignoires, sauna, bains romains, activités corporelles et soins par l’eau ouvert à tous, au cœur de la ville.

Il se donne pour tâche d’organiser une vraie réflexion et un authentique débat public, tout d’abord en documentant la « question des Bains » : le legs historique, la situation actuelle des bains, le potentiel de développement, les nouvelles orientations souhaitables et possibles : que veut-on et peut-on faire ? En bonne logique, le « comment faire ? » viendra ensuite.

Nous prendrons contact avec les établissements similaires dans notre région (Mulhouse), mais aussi en Allemagne (Halle, Karlsruhe, Mannheim, Hambourg, Berlin…) et dans d’autres pays pour échanger les expériences et éventuellement envisager des actions collectives dans un cadre européen.

Nous mènerons toutes actions utiles en vue de conserver ce patrimoine commun dans le giron municipal et de maintenir l’unité du site et de l’établissement qui peut (re)devenir un joyau culturel et touristique majeur de Strasbourg. Il s’agit de sauvegarder l’existant et de développer de nouvelles fonctions socialement utiles en garantissant l’accessibilité à tous et pas seulement aux plus fortunés.

Nous sommes certains qu’il est possible d’imaginer un projet sérieux, réaliste, soucieux de l’intérêt général et des finances publiques.

Nous participerons bien entendu au débat souhaité par Monsieur le Maire, mais pas sous la forme de « l’atelier de projet » qui a montré son inutilité en 2010 : un tel débat n’est utile en effet que si la Municipalité met à disposition les études et données en sa possession et surtout si elle n’a pas au préalable déjà fait les choix principaux, ne laissant à la concertation que des détails.

Nous invitons toutes les personnes intéressées, particuliers, associations, élus, usagers des Bains et/ou citoyens de Strasbourg et de l’Eurométropole à se mobiliser, à nous rejoindre et à nous communiquer leurs remarques, avis et suggestions.

Strasbourg, le 31/03/15

Pour le Collectif « La Victoire pour tous »,

Bernard Aghina, Anne Froesch, Joël Henry, Fréderic Kosman, Alexandre Kostka, Didier Laroche, Jean-Daniel Moussay, Myriam Niss, Françoise Olivier-Utard, Thierry Rouault, Maurice Schaeffer, Liane Zoppas

Pour nous contacter :
bm.lavictoirepourtous@gmail.com
06 62 83 97 48

Lien vers l’article : http://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/2015/04/07/un-collectif-pour-defendre-le-service-public