Piscines pour tous – Imposture, déni de la démocratie… – 26/04/2015

Edito du 26 avril 2015 :

IMPOSTURE, DÉNI DE LA DÉMOCRATIE, MENSONGE PLUTÔT QUE VÉRITÉ ! 

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Triste panorama que voilà. La ville de Strasbourg mène sa population en bateau. Bateau ivre, mais hors de sa valeur poétique. Nos élus soutenus par certains de leurs hauts techniciens, dont certains ont eu droit à de jolies primes indûments perçues, se préparent à nous servir un plat des plus indigestes. Ils se comportent comme ces nouveaux convertis qui se présentent alors plus sectaires que les originaux. Ces gens sont fascinés par l’argent, aiment se faire flatter et vont jusqu’à coucher dans le lit du maître. Libre à eux plus tard, pris par leur faute, d’en appeler au pardon et ensuite de  jouir d’un « plus jamais ça ».

Quand la catastrophe aura eu lieu, à savoir quand le maitre dira : fin de la récréation, passez à la caisse, là on sait que le peuple paiera, comme il a l’habitude de le faire.

La piscine de la Victoire va être privatisée suivant un modèle s’apparentant à celui de la piscine Molitor. La ville le nie et aucune discussion n’est possible car tout est décidé. Pour preuve : un « scénario » est déposé et une étude doit le paufiner. Le titre de cette étude : « Mission de maitrise d’oeuvre pour la réalisation d’un diagnostique architectural, patrimonial et urbain de l’établissement des bains municipaux de Strasbourg ».

Le mot « scénario » y est présent plusieurs fois signe qu’il est dans les grandes lignes arrêté. Par exemple, nous citons : « Analyse et approfondissement du scénario envisagé par la maitrise d’ouvrage ». Ou « Les réflexions portent également sur l’évolution envisageable de l’équipement et proposent d’éventuels nouveaux usages pour des publics à identifier ». Ou « vérifier la pertinence du scénario proposé au regard du rapport de diagnostique partagé ».

Un hôtel de grand luxe sera probablement installé – construit  et fera bénéficier ses nouveaux riches clients, mais pas la population du quartier par une belle ségrégation par l’argent, des bains romains, sauna et « frottages ».

Quid du patrimoine strasbourgeois qui appartient aux Strasbourgeois et qui va être offert au maître qui est marié avec le monde de l’argent, se foutant du bien commun, de toute valeur culturelle et qui aime jeter aux orties le travail s’appuyant sur le savoir et les connaissances ?

Imposture donc, au regard des discours viciés que nous offrent les élus et cadres techniciens de la ville de Strasbourg.

Problème, ils sont tombés sur des personnes décidées, au regard des sources qui sont les nôtres, informées et qui iront au plus loin pour faire entendre raison à cet ensemble de personnalités dans le fond animé par une grande lâcheté morale. En 2011, le débat avait lieu, avorté par une concertation-mascarade. Aujourd’hui, les élections municipales passées nos élus s’en redonnent à coeur joie.

Disons le tout net : le bras de fer est engagé. 

Pour acceder au site de l’association : www.piscinespourtous.wordpress.com

 

 

Rue89 : Bains municipaux, toujours la tentation du morcellement – 16/02/2015

Didier Laroche et Liane Zoppas

Tribune : Bains municipaux, toujours la tentation du morcellement

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Bains municipaux de Strasbourg - avril 2012 (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

Si l’avenir des Bains municipaux, situés boulevard de la Victoire dans la Neustadt, a échappé au menu de Noël du conseil municipal, il serait question d’y revenir bientôt et ce, de façon « toujours inquiétante ». C’est en tout cas ce que craignent Didier Laroche et Liane Zoppas, deux architectes qui connaissent le dossier sur le bout des doigts.

TribuneFin 2014, nous apprenions que la Ville allait engager des procédures, aux plans technique et administratif, pour avancer dans le dossier des Bains municipaux qui fait figure de « patate chaude ». D’après nos informations, le projet de réhabilitation des Bains sera transféré à l’Eurométropole. Et l’on sait que son actuel président, Robert Herrmann, rêve d’en faire un équipement « prestigieux et d’exception » inscrit dans le rayonnement de Strasbourg Eurométropole, mais bien éloigné… des Strasbourgeois. Le qualificatif « municipaux » des Bains risque de passer au stade de souvenir.

Opacité du processus de décision

De plus, selon les règles de fonctionnement définies pour l’Eurométropole, les décisions peuvent être prises en commission permanente, sans l’aval du conseil municipal, ni de celui de l’Eurométropole. Le silence sur les Bains sera ainsi renforcé par l’opacité du processus de décision.

La SPL (société publique locale), solution miracle pour la gestion des Bains, pourrait être remplacée par une SEMOP (société d’économie mixte à opération unique), nouvelle structure publique-privée rappelant l’ancien projet de PPP. Alors que les Français découvrent le musellement des pouvoirs publics par les clauses draconiennes des concessions autoroutières, perdure localement le mirage de montages financiers qui n’ont qu’un effet : gratifier les générations futures d’ardoises monumentales !

Vendre les Bains par morceaux ?

L’idée maîtresse de la démarche des élus est que l’administration municipale ne serait pas en mesure de traiter ce dossier, dont on répète à satiété qu’il est extrêmement complexe et qu’une réhabilitation implique forcément des investissements trop importants : seule une entité plus ou moins publique – SPL ou SEMOP – pourrait faire face. Comment le miracle aurait-il lieu ? En donnant toute liberté à cet organisme de procéder à des opérations foncières dont on ne dit pas la nature, mais dont on se doute qu’il s’agit de concéder à des opérateurs privés des « morceaux » de l’établissement balnéaire : pourrait-on alors vendre l’aile gauche du bâtiment, la chaufferie… ou la cour arrière ?

Loin d’une opposition de principe à la présence du privé qui peut dans certains projets présenter un intérêt, nous nous inquiétons d’un fonctionnement consistant à envisager d’abord la gestion administrative et financière et à laisser ensuite le soin à l’entité créée d’adapter un programme.

Une expertise pour réinventer le fonctionnement

Il importe au contraire avant tout de concevoir un programme et un cahier des charges, en fonction desquels saisir ensuite la ou les structures adaptées. Cette juste démarche ne rencontre qu’un obstacle : l’absence de volonté de réaliser une réelle expertise du bâtiment, sur laquelle s’appuierait l’étude de faisabilité d’une intervention concernant l’entretien et la réparation, ainsi que son extension en vue de nouvelles activités susceptibles d’enrichir l’offre existante. Au-delà de diagnostics purement techniques, il faudrait soumettre le bâtiment à une expertise programmatique susceptible de réinventer son fonctionnement.

C’est bien évidemment sur une logique urbaine et non sur la base d’un accommodement administratif qu’il faut fonder le projet ambitieux de rénovation des Bains. Si la Ville veut valoriser la Neustadt, elle doit rester fidèle à l’ambition dont témoignent les grandes opérations urbaines du début du XXème siècle, auxquelles appartient la construction des Bains. Ainsi, cet équipement est voisin du pôle universitaire principal de Strasbourg et jamais les potentialités de cette situation particulière n’ont été envisagées.

Une piscine de natation, construite à l’arrière du bâtiment, ne rendrait en rien la gestion de l’établissement trop « complexe ». En revanche, l’utilisation de cet espace pour y bâtir un hôtel de luxe ou un casino créerait des contraintes de fonctionnement certaines.

Méconnaissance d’une culture balnéaire « santé »

L’argumentation développée pour légitimer le recours au privé a toujours été de dissocier la pratique de la baignade-natation, jugée « publique », de celle des bains romains et du sauna considérée comme un luxe, alors que c’est leur ensemble qui constitue l’originalité de l’établissement. De plus, ces arguments témoignent surtout de la méconnaissance d’une culture balnéaire qui retrouve un public nombreux du fait de son impact sur la santé.

La ville de Strasbourg devrait pourtant être sensible à cette question vu le succès de l’opération « sport santé sur Ordonnance, qui concerne, entre autres, la natation, le water-polo, la gym aquatique et qui gagnerait à s’appuyer sur des structures municipales historiquement engagées dans le domaine. Il faudrait évidemment inclure ces activités dans un projet de réhabilitation qui prendrait en compte toute idée renforçant la cohésion et l’offre des Bains : une clinique de kinésithérapie en annexe ?

Quant aux activités complémentaires, pourquoi la bière, spécificité strasbourgeoise, ne trouverait-elle pas sa place dans un projet où l’eau est à l’honneur : production locale en micro-brasserie, ou création d’un label Bière des Bains ? En son temps, la reconstruction de l’Ancienne Douane ne s’est-elle pas réalisée avec l’appui d’une brasserie-mécène ?

 Une preuve de faiblesse face aux Allemands

Une logique prétendument « patrimoniale », usant de l’ancien pour l’associer au luxe et le réserver à des happy few susceptibles d’en financer le fonctionnement – avec quelques créneaux horaires d’ouverture au public pour adoucir la pilule – serait non seulement une trahison de l’idéal qui a présidé à la construction des Bains, mais une preuve de faiblesse dans le contexte rhénan, où nos voisins allemands ont su dans bien des cas, face au même patrimoine, veiller au maintien de sa vocation publique.

Valoriser le patrimoine, ce n’est plus, comme au XIXème siècle, se limiter à imposer des contraintes au renouvellement des infrastructures ; c’est tirer parti de leur caractère unique, impliquant non seulement le cadre bâti, mais aussi la fonction des lieux. Si la Ville veut faire valoir ses atouts dans le cadre d’un rayonnement européen, elle n’y parviendra pas en confisquant ce lieu aux Strasbourgeois pour en faire bénéficier quelques privilégiés, comme cela s’est produit à la Piscine Molitor à Paris. Il faudra, au contraire, ouvrir les Bains à un public non seulement attiré par le cadre exceptionnel mais par une offre élargie d’activités concernant l’eau et le corps.

100 ans de bons et loyaux services

Contrairement aux piscines plus récentes, les Bains n’ont jamais fait l’objet de rénovation. Or, rares sont les bâtiments qui, après cent ans de bons et loyaux services, peuvent se targuer d’une telle « durabilité » : ceci devrait parler aux élus attachés au développement durable et concernés par une gestion à long terme de notre patrimoine.

Didier Laroche et Liane Zoppas
Architectes

Lien vers l’article : Rue89 Strasbourg – Bains Municipaux 16/02/2015

 

 

DNA : Trente mois de travaux.

Si tout se déroule comme prévu, les travaux de réhabilitation de l’établissement de bains du boulevard de la Victoire, à Strasbourg, pourraient être engagés en juillet 2013. Le chantier devrait s’étaler sur 30 mois.
La réhabilitation des bains est chiffrée à 30 millions d’euros. (Photo archives DNA)
En janvier 2010, en présentant le « Plan piscines », Jacques Bigot et Robert Herrmann se jetaient à l’eau en évoquant un recours à l’investissement privé pour la réhabilitation du Grand établissement municipal de bains de Strasbourg, joyau décrépit du patrimoine local.

Délégation de service public
Les remous suscités par la hantise d’une privatisation ont entraîné un processus de concertation nourri notamment par les travaux d’un « atelier de projet ».
La démarche a été close l’autre soir par une ultime réunion présidée par Robert Herrmann. À l’école des arts décoratifs, questions et réponses (les unes et les autres pointues) sur le périmètre du service public, les priorités politiques, l’équation financière, le partenariat public privé. À ceux qui sont définitivement opposés à une gestion privée des lieux, le premier adjoint au maire de Strasbourg a opposé l’équilibre budgétaire et les limites d’un service public qui ne saurait être étendu aux soins du corps et au bien-être : « Point trop n’en faut… » La messe était dite. En mai dernier a été annoncé le choix du mode de gestion. Pour préserver et valoriser un patrimoine unique, conserver l’accès à la piscine du boulevard de la Victoire dans les mêmes conditions que dans les autres établissements de la collectivité et optimiser l’édifice en proposant des services complémentaires (solarium, massages, bains romains et autres, bassin extérieur, activités paramédicales, restauration…) tout en résolvant l’équation financière en question (l’investissement est évalué à 30 millions d’euros), la collectivité entend recourir à la délégation de service public.

La piscine fermée pendant près de trois ans
Il s’agit de confier la rénovation de l’ensemble à un « partenaire du service public » via un contrat de longue durée (30 ans) qui garantit les conditions d’accès à la partie piscine (horaires, créneaux, tarifs). Le délégataire privé se rémunère à travers l’exploitation de l’établissement, des indemnités étant versées par la collectivité au titre des missions de service public.
La concrétisation du projet suppose encore de nombreuses brassées et le calendrier de l’opération reste à consolider. D’ici à la fin de l’année devraient être prises les délibérations du conseil municipal et du conseil de communauté, détaillés le cahier des charges fonctionnel et les prescriptions patrimoniales, lancées la consultation d’opérateurs et les études de diagnostic complémentaires.
De janvier 2012 à juin 2013 est prévu le « dialogue compétitif » avec les équipes retenues.
Le projet lauréat pourrait être choisi en juillet 2013. Et c’est là qu’interviendrait un événement majeur : la fermeture des bains du boulevard de la Victoire pour cause de travaux, et cela durant 30 mois, soit près de trois ans : l’équipement à rénover est complexe, protégé au titre des monuments historiques et situé dans le secteur nouvellement sauvegardé.
J.-J. B.

http://www.dna.fr/fr/strasbourg/info/5386107-Strasbourg-Bains-municipaux-Trente-mois-de-travaux#formcommentaires

DNA : Deux architectes se jettent à l’eau – 04/05/2010

DNA Deux architectes se jettent a l'eauLe 4 mai 2010, suite à la lettre ouverte adressée par les architectes Didier Laroche et Liane Zoppas à Robert Herrmann, adjoint au maire et « pilote en charge » du dossier de privatisation, les DNA publiaient une page concernant ce document et le devenir des Bains Municipaux.

 

Pour lire l’article, cliquez sur le lien : DNA Bains Municipaux 4 mai 2010