Insertion ?

 

Pour Yann*, sa période de salarié en insertion a été plutôt enrichissante.

A la recherche d’un emploi, il trouve beaucoup d’offres de postes aux JMV. Il remplit alors les critères pour souscrire à un poste en insertion, postule et est embauché en février 2016, pour travailler sur des terrains à Vendenheim. Les conditions sont spartiates : températures très basses, locaux exigus pour se changer, équipement de travail rudimentaire, pas de vêtements de travail sous la pluie et dans la boue. Mais Yann y trouve en compensation une entrée dans le monde du maraîchage, passion qui ne l’a plus quittée depuis.

« Au fur et à mesure, j’ai commencé à prendre mes marques, à aimer le boulot, à capter le truc, donc ça allait de plus en plus en plus vite.  (…) (Le chef de culture) m’a vite mis chef d’équipe officieux et moi je l’aidais sur les marchés, je prenais quelques personnes avec moi et puis voilà. De fil en aiguille, j’ai apprécié bosser là-bas. Tout le côté « ça manque de moyens », ça pourrait être mieux au niveau du matos, des conditions de travail qui pourraient être meilleur, j’en suis persuadé. Mais tout le côté humain, moi j’ai beaucoup aimé, parce que les gens étaient vraiment sympa. Avec les gens en insertion j’étais vraiment à l’aise, il y avait des gens d’un peu partout et moi j’aime bien discuter, donc on rigolait bien ».

D’après son expérience, il trouve qu’on constate une grande différence de ressenti entre deux catégories de salarié.es en insertion : une partie d’entre elleux sont des primo-arrivants, provenant de pays en guerre ou dans une situation économique catastrophique  ; pour ces personnes, malgré une difficulté supplémentaire liée à la non-maîtrise de la langue, ils sont plutôt content.es de leur condition de travail aux JMV, et en tirent une expérience enrichissante, par comparaison. « Ils viennent souvent de trucs super difficiles. Pour eux tout est beau. Alors que pour des gens qui sont en insertion et qui sont issus de la société française, c’est horrible, on se dit « c’est quoi ces conditions ? » ».

 

Camille* était au RSA, et cherchait à travailler en milieu agricole. C’est alors qu’elle entend parler des JMV : elle envoie un CV, en passant par la plate-forme « L’inclusion » via Pôle Emploi. Six mois plus tard, c’est le printemps et la reprise des embauches de saison, elle est recontactée pour un entretien collectif. « On était plein de personnes à venir en même temps, et ils nous ont fait ce qu’ils appelaient une simulation, ils nous ont fait faire du désherbage et de la plantation, pour qu’on puisse voir les serres, et qu’on puisse voir si rien que là on se sentait à l’aise de travailler. On a fait ça une matinée. C’était fin mars 2024″.

« Je me souviens qu’il y a une personne qui a entendu une estimation du salaire qu’on aurait, qui est partie direct. Il y a au moins une autre personne qui n’est pas restée. On était quand même 5-6 à avoir été pris et à rester après ».

Elle est alors plutôt enthousiaste : « Je me disais que ça avait l’air d’être vraiment le travail parfait pour moi » . Elle se réjouit d’apprendre le maraîchage, de travailler au grand air, et se sent rassurée par ce statut de salariée en insertion : elle manque de confiance en elle, et apprécie le fait de prendre place dans « une structure qui serait tolérante avec (s)on manque de connaissances ».

« C’était un contrat de 6 mois renouvelable, pour une période maximum de deux ans, et un peu avec un truc où en tout cas officieusement tout le monde disait « c’est sûr que t’es renouvelé », voilà. On a rejoint une équipe de… je ne sais pas, en tout on doit quand même être entre vingt et trente dans la team production, en maraîchage ».

Le travail lui plaît. Il est très fatiguant, très physique, mais assez condensé dans la semaine, et elle peut alors profiter d’un week-end de quatre jours. « Je commence à connaître mes collègues autour de moi et à me sentir intégrée ».

Elle est plutôt contente de son salaire : « Je touche 929,45€ net. Au RSA je touchais plutôt 745€ avec RSA et APL. (…) Je ne sais pas si ça va changer par la suite, mais j’ai 500€ de la CAF, donc j’avoue que clairement moi mon niveau de vie il a quand même vraiment augmenté considérablement par rapport à d’où je partais, quoi. Je sais que la plupart de mes collègues on gagne la même chose parce qu’on a déjà comparé nos fiches de paye et tout « .  » Après peut-être que savoir combien gagnent toutes les personnes qui sont dans la hiérarchie ça pourrait aussi peut-être remettre les pendules à l’heure », s’amuse-t-elle. 

Elle relève également des initiatives sympathiques : « il y a une personne qui était venue proposer des vélos gratuits, offerts par le travail. Je crois que les cours de musique auxquels moi je n’ai pas eu accès étaient organisés par une autre asso. (…) Je sais qu’il y a pas mal de gens qui sont inscrits à des cours de français via les JMV ». On informe régulièrement les salariés qu’ils peuvent avoir accès à des stages.

« Mais j’ai quand même l’impression que l’été ils veulent bien surtout nous garder pour qu’on bosse. (…) J’avais un collègue qui voulait beaucoup être plutôt dans les plantes, mais je ne me souviens plus de ce qu’ils lui ont dit, mais c’était genre « ah pas maintenant, mais peut-être après ». Moi je sais qu’on m’a dit que c’était plus possible ».

 

Elle éprouve parfois un certain malaise lié au fait qu’en maraîchage, les équipes sont de fait constituées d’une très forte majorité masculine. « Il y a certains moments où ça m’a quand même pesé, récemment. Mais après pour moi, je me dis quand même qu’il faut quand même essayer de garder une certaine forme de solidarité entre collègues, et voir au-delà de ça ».

 

D’autres sujets de préoccupation touchent davantage les conditions de travail.

L’équipement de protection individuelle mis à disposition est réduit à sa plus stricte expression : une paire de gants et un gros manteau d’hiver, alors que les aléas de la météo confrontent les salariés à un éventail allant du soleil de plomb à la pluie diluvienne, à la boue, aux moustiques… Il faut parfois insister fortement pour obtenir des bouteilles d’eau le matin avant de se rendre sur des sites dépourvus d’eau potable. Aucune formation « gestes et postures » n’est dispensée de manière sérieuse : « ils expliquent vite fait les positions pour faire attention, et tout, mais je trouve qu’en vrai, (…) plus insister sur la sécurité, sur les positions pour faire gaffe à ça, ce serait pas de refus ».

Louis* se souvient de conditions plus que spartiates, en plein hiver par -12 degrés dans un hangar ouvert à tous vents, à laver des légumes de garde sortant de la chambre froide un par un avec une brosse pendant des journées entières, vêtus d’habits rigides de glace. « Dans le règlement intérieur, il est stipulé qu’on doit avoir des habits de protection et notamment des chaussures de sécurité puisqu’on manipule des outils qui parfois sont lourds et qu’il peut y avoir des accidents. Mais elle ne sont pas fournies, pas plus que les gants, les vêtements chauds et imperméables. On propose à des gens qui sont pour la grande majorité dans des situations financières précaires voire catastrophiques, de se fournir eux mêmes. Mais c’est cher. On leur indique gentiment qu’ils peuvent avoir une réduction de 15 % je crois, auprès de deux fournisseurs de vêtements professionnels qui se trouvent Grand Rue ». A son départ, la situation s’améliore : le vestiaire est chauffé.

 

Delikatess*, encadrante, est plus inquiète quant aux conditions sanitaires subies par les salariés. Elle témoigne avoir été choquée lors de l’aménagement des serres entre la rue du Cimetière et la rue de l’Abbé Lemire, et notamment le processus de désamiantage :  « Je connais bien l’amiante parce que mon compagnon a travaillé là-dedans. Quand je voyais comment ils faisaient, péter de la dalle au milieu de la serre, tout le monde en prenait plein la poire… Qui a décidé que ce serait fait comme ça, l’entreprise ou les responsables, je ne sais pas. Il n’y avait pas de benne confinée pour les déchets amiantés. Aucune précaution n’était prise. On travaillait à côté et on respirait ça, alors que normalement personne ne rentre sur un chantier de désamiantage. (…) Ce n’était pas les salariés en insertion qui travaillait sur ce chantier, mais ce sont eux qui ont nettoyé les serres avant leur destruction. Ils ont quand même été exposés à de l’amiante friable ».

 

Louis a assisté à des scènes comparables : « à l’arrière des serres, sur le site de l’avenue du cimetière, côté chemin du Marais St Gall, un panneau annonçait quelque chose comme « Déposez vos vieux meubles ici, ils seront recyclés ». Il y avait une benne, à côté du panneau. En fait de recyclage, la plupart des meubles étaient brûlés. Les JMV avaient un partenariat avec la maison d’arrêt de l’Elsau. On faisait venir des détenus pour « recycler » les meubles. Je les ai vus extrêmement souvent, même sous un soleil de plomb, dans la cour devant l’atelier bois, une masse à la main, cassant en gros morceaux des meubles en panneaux d’aggloméré avant de les jeter dans une ancienne cuve à fioul qui faisait office de brasero. Comme on ne leur fournissait aucune protection, ils respiraient des journées entières les fumées toxiques et cancérigènes produites par la combustion des résines synthétiques contenues dans les panneaux de particules. J’évitais de croiser leur regard, quand je passais par là, tellement j’avais honte ».

 

Autre sujet d’inquiétude pour Camille : « les véhicules sont vraiment dans des états déplorables. Il y a un des véhicules, les glaces du rétro tiennent avec du scotch, un autre véhicule je me souviens qu’un moment on était sur un champ à Neuhof, et en fait le véhicule n’a pas démarré parce que le démarreur a lâché ». Ils tentent alors d’appeler au secours l’administration, alors en pleine pause déjeuner, mais personne ne leur répond. Ils se retrouvent sans nourriture, sans argent, sans carte CTS.  « En plus il se met à y avoir un orage par-dessus, et comme tout avait lâché on ne pouvait même pas remonter les fenêtres du camion ! », se souvient-elle.

A ses yeux, l’encadrement est insuffisant : « On est souvent livrés à nous-mêmes ». Cette formulation peut étonner, si on la compare mot pour mot avec une déclaration de la directrice Fatima Riahi, alors qu’elle postule et remporte le concours « Femme formidable », organisé par le magazine Femme actuelle en 2008 : « J’ai créé un jardin d’insertion de 5 hectares, destiné à aider les personnes en difficulté à trouver un emploi. (…) Mais surtout, ils suivent en parallèle une formation professionnelle pour réintégrer le monde du travail. Avec l’équipe d’encadrement composée de jardiniers, nous veillons à ce qu’ils ne soient jamais livrés à eux-mêmes ». Pour voter pour elle, tapez 6.

Le matin, les salariés sont rassemblés. Un encadrant sort avec une feuille et constitue les équipes, en leur attribuant une tâche définie, accompagnée d’un bref briefing technique. « Quand il y a des nouveaux, les encadrants viennent un peu au début, ils expliquent un peu, et de temps en temps ils repassent mais plus en mode pour checker qu’on travaille bien, surtout ». Camille est persuadée que pour la plupart, les encadrants sont de bonne volonté, mais leur nombre insuffisant peut conduire à les submerger de tâches impératives, ce qui peut expliquer leur difficulté à appliquer un encadrement bienveillant et pédagogique, et à focaliser sur le rendement des salariés, afin de tenir des cadences imposées.

« C’est pour ça que d’un autre côté je ne suis pas non plus là pour baver sur eux, parce que je me dis que même eux ils sont pris dans ce truc-là, et que si ça se trouve peut-être même dans la direction, eux-mêmes doivent être persuadés d’être pris dans des trucs et de devoir faire comme ci comme ça. Après je pense que ça n’empêche quand même pas de demander à ce qu’il y ait des choses qui changent au niveau de la structure et donc tout ce que je dis, c’est jamais des reproches individuels sur les personnes qui seraient bonnes ou mauvaises mais juste, voilà, s’il y avait moyen de mettre un coup de pression pour que les choses se recadrent, ça vaudrait le coup de le faire, quoi ».

De fait, cette organisation repose donc en grande partie sur l’autogestion des équipes, les plus anciens servant de tuteurs aux nouveaux. Cette relation d’aide pourrait être ressentie comme une démarche permettant de valoriser l’autonomie de chacun. Mais pour Camille, ce tutorat obligatoire ne va pas de soi. Il n’entraîne aucune prime, aucune titularisation, aucune gratification quelle qu’elle soit. Il n’entraîne qu’une pression supplémentaire, une prise de responsabilité imposée, ajoutée au travail physique lui-même.

« Après je comprends parce qu’aussi vu que moi je sais lire le français etc., je capte aussi pourquoi parfois les encadrants me disent des trucs à moi spécifiquement, et qu’ils me responsabilisent, mais j’ai quand même le recul de me dire que je ne vais pas me mettre la pression de ça ». Elle observe régulièrement d’autres collègues pris dans ces injonctions, sans trouver la force de refuser ces situations abusives. « J’ai même un collègue qui m’a dit « si c’est pas bien fait, après l’encadrant il va venir me voir moi » ! » Cette pression joue sur les conditions de travail : « ça ramène des divisions non nécessaires entre salariés, ça fait qu’il y en a qui se mettent un peu à stresser, à parler mal à d’autres, et les autres ne sont pas contents, ce qui est clairement compréhensible ».

 

Ces situations vécues comme des abus n’auraient peut-être pas cours si les travailleurs étaient au fait de leurs droits. L’affichage légal obligatoire semble avoir réussi à se faire suffisamment discret pour que Camille n’en ai pas vu la couleur : « apparemment quand on bosse dans une asso, on est censé avoir un document unique, qui récapitule tous les risques auxquels on s’expose, etc., franchement j’en ai jamais entendu parler… »

Il ne serait également pas du luxe que les travailleurs puissent bénéficier de l’accompagnement d’un représentant des salariés : « A un moment il y avait un employé qui était le représentant des salariés, je crois pour un truc qui s’appelle le Comité Social et Economique (CSE) et depuis qu’il est parti il n’y a pas eu d’élections qui ont été faites, donc on a pas de représentant alors qu’en termes d’employés on est clairement plus de onze ».

Camille essaye d’encourager ses collègues à trouver une personne-ressource qui puisse à la fois parler leur langue et qui maîtrise le droit du travail, mais les réponses témoignent fréquemment d’une certaine candeur : « « ben t’inquiète, de toute façon, il y a des gens dans la direction qui le font », mais moi je trouve que c’est pas pareil »

Elle observe également la récurrence d’une gestion des congés payés clairement en la défaveur des salariés :  « en gros on a 2,5 jours de congé par mois, mais si jamais on prend un jour de congé qui touche notre fin de semaine à nous, ben en gros si je prends un congé mercredi, c’est comme si je prenais un congé mercredi jeudi vendredi, je trouve que c’est pas ouf, mais bon. Et aussi tout le monde préfère poser des congés que prendre des arrêts maladie ». En effet, de nombreux collègues témoignent que le recours à des arrêts maladie les a placés en situation de litige involontaire, entraînant un retard dans le versement de leur paye, parfois de plusieurs mois. « Après c’était peut-être en rapport avec la MSA et tout, mais c’est chaud ! »

Yann relève également ce problème de retard dans le versement des salaires : « le salaire était toujours viré à une date aléatoire : des fois le 5 du mois, des fois le 15. Ça les foutait dans la merde. L’un m’avait ramené sa fiche d’agios, comme il était à découvert il avait dû payer presque la moitié de son salaire en frais bancaires. Il touchait peut-être 600 euros et il devait payer quelque chose comme 300 euros parce qu’il n’avait pas été payé au bon moment. Ça j’avais fait remonter, en disant que c’était illégal ».

Le témoignage de Louis concorde en tout point : « La paye arrivait à des dates variables et surtout au-delà du 10 du mois. A titre personnel, j’avais ce problème-là : le propriétaire de mon appartement était très regardant sur la date de paiement du loyer. (…)Je suis allé réclamer une fois mon salaire, deux fois. J’ai demandé s’il était possible d’être payé le 5 du mois par exemple. On m’a répondu que c’était difficile parce qu’on était nombreux et qu’on avait du mal à rassembler les heures de travail des uns et des autres et qu’il était difficile de faire les fiches de paye à temps. Il est arrivé que le 15 du mois on ne soit toujours pas payé, et ça a fini par m’énerver singulièrement. J’étais dans une situation difficile et je voyais des salariés qui étaient dans des situations encore plus complexes avec des enfants, et que je voyais être dans les problèmes d’argent « . Il décide alors de lancer une pétition à ce sujet parmi le personnel pourexiger un versement des salaires à date fixe, signée par l’intégralité des salariés et même par certains encadrants techniques qui se retrouvaient eux aussi avec une famille à charge dans des problèmes de paiements de loyer.  » La directrice m’a convoqué dans son bureau puisque c’était moi qui était à l’origine de la pétition et elle m’a dit qu’effectivement c’était problématique et que ça ne se reproduirait plus. Elle est venue un matin parler à toute l’équipe des salariés et leur a promis que ça ne se reproduirait plus, qu’elle avait résolu le problème ».

On consent alors à Louis une avance systématique de salaire tous les mois. Mais il comprend plus tard que cet avantage ne lui était octroyé qu’à titre personnel, et que le problème se reproduit pour tous les autres un mois plus tard à peine. Il apprend également à son départ que la responsable des fiches de paye a subi une sanction professionnelle à la suite de son action : « Elle était au bord des larmes en me voyant, je lui ai demandé ce qui se passait. Elle m’a dit qu’à cause de moi, on lui avait retiré la responsabilité d’établir les fiches de paye. Elle m’a dit qu’effectivement, elle se retrouvait à faire les fiches de paie le 10 du mois, parce qu’on ne lui faisait pas remonter les informations nécessaires et qu’elle n’avait jamais les heures à temps et donc qu’elle ne pouvait mathématiquement pas faire les fiches de paye en temps et en heure. Il semblerait qu’on lui ai fait cette humiliation de lui retirer ce travail. Pour rien, puisqu’on a pu constater les mois suivants que ce n’était pas elle qui était en cause ».

 

Camille relève un sentiment ambiant d’amertume : « je le dis avec mes mots « on est vraiment pressés comme des citrons, jusqu’à la dernière goutte ». Force lui est de constater qu’en fait de réinsertion, l’horizon qui se dessine pour la plupart des salariés en fin de contrat, c’est de retrouver un autre travail en insertion, aux mêmes conditions. « J’ai l’impression que l’exploitation prend le pas sur l’insertion », regrette-t-elle.

Elle se défend toutefois de céder au rejet total : « en fait, pour des gens, même si c’est pas complètement bien, ça pourrait vraiment les mettre dans la merde qu’il n’y ait plus du tout ça », et préfère donc mêler son constat critique d’une perspective d’amélioration : « Ça vaudrait d’autant plus le coup d’essayer que ça pourrait aussi être vraiment très très chouette ! »

Elle dessine quelques pistes issues de son expérience : 

1) employer davantage d’encadrants, afin qu’ils aient le temps de se consacrer à l’aspect pédagogique de leur mission, et non plus seulement l’aspect « récolte-récolte à tout prix ».

2) « avoir un représentant des salariés, un représentant syndical, genre au moins respecter le code du travail ».

3) favoriser une plus grande mixité de genres, encourager l’embauche de « plus de femmes ou plus de personnes queer ». 

4) laisser plus de place à l’épanouissement des personnes en insertion, leur donner envie de jardiner eux-mêmes, « faire venir plus d’associations comme les trucs des cours de chant, des cours de sport… », encourager des moments de convivialité entre collègues, et pourquoi pas des espaces de débat citoyens : « là je trouve que pour tout le truc depuis le 9 juin avec les résultats des élections, je trouve que quand on a une majorité de collègues qui vont être directement impactés par ça, (…)  je trouve qu’avoir des moments de discussion là-dessus et tout, ça serait quand même important… »

 

 

* Les prénoms ont été changés.

 

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Pour aller plus loin : l’ESS, kézako?

 

 

 



One Response to Insertion ?

  1. Si je comprends bien : des travailleurs précaires exposés à des déchets d’amiante + 2,5 jours de congé par mois + salaire de misère + retard de payements + des ouvriers qui doivent acheter eux-mêmes des vêtement de sécurité + pas d’eau fournie pour boire + management punitif = rendement plus important au bénéfice de la patronne et de son sbire qui ont encore le culot de nous dépeindre une œuvre éthique et charitable !!! Ces gens sont sans cœur. Ce sont des bourgeois hypocrites qui profitent de la misère locale !!!!! Honte à eux !!!!!!

    Et la mairie qui réagit pas sous prétexte que personne n’a porté plainte alors que les ouvriers sont corvéables à souhait et ont peur de perdre leur travail !!! C’est tellement lâche…

    Evidement, je boycotte. Hors de question que je profite de ce business malsain !