Pertes socialisées, profits privatisés.

Les JMV sont une association.

Ses bilans financiers paraissent rarement excédentaires.

Elle doit faire face à nombre de dépenses.

Il arrive fréquemment que des subventions exceptionnelles viennent combler les années déficitaires de l’association.

Rien de scandaleux, les pouvoirs publics font de même avec nombre d’associations d’utilité publique.

On appelle cela la socialisation des pertes.

 

Mais il se trouve que Fatima Riahi, en compagnie de son époux Luc de Gardelle, ont su pousser l’esprit d’entreprendre beaucoup plus loin.

Florilège des structures créées par le couple (chiffres Groupe Altaïr) :

En 2006, création de l’entreprise d’insertion Presta’Terre / secteur : agricole, paysagisme, bâtiment / 946 000 euros de chiffre d’affaire en 2023 / sous-traite aujourd’hui  l’ASP à GENIUS / détenteur actuel de l’intégralité du Capital : ALFA Développement.

En 2008, création de l’entreprise adaptée PRODEA / secteur : logistique / 4,8 millions d’euros de chiffres d’affaire en 2024 / sous-traite aujourd’hui l’ASP à GENIUS / détenteur actuel (2020) de l’intégralité du capital : Groupe Altaïr.

En 2010, création de l’entreprise d’insertion des Jardins d’Altaïr / secteur : maraîchage, bois de chauffage, prestation de services / chiffre d’affaire inconnu, semble être fusionné avec Presta’Terre.

En 2010, création du Groupement d’Intérêt Economique GENIUS, qui mutualise l’accompagnement Ressources Humaines et l’Accompagnement Socio-Professionnel des JMV, de Presta’Terre et de PRODEA, puis de toutes les autres filiales / détenteurs de l’intégralité des parts en indivision en 2010 : JMV, PRODEA et Presta’Terre.

En 2015, création de l’entreprise adaptée Réseau Origami / secteur : recyclage des déchets / 350 000 euros de chiffre d’affaire en 2024 / sous-traite l’ASP à GENIUS / détenteur actuel (2022) de l’intégralité des parts du capital : Groupe Altaïr.

En 2017, création du Groupe Altaïr, structure de consolidation de toutes les activités des filiales, et de la société civile Alfa Développement économique et solidaire, ayant pour objet « la souscription, l’achat, la vente et la gestion de titres ou de droits sociaux de sociétés », l’acquisition ou la vente de valeurs immobilières, « la gestion administrative, juridique, comptable, immobilière et financière de toutes sociétés dont elle détient des titres ou des droits sociaux », etc. Ces deux structures semblent être confondues. Les deux sociétaires sont Luc de Gardelle et son épouse, Fatima Riahi.

En 2020, création de l’entreprise d’insertion Au fil d’Altaïr / secteur : confection, textile / 159 000 euros de chiffre d’affaire en 2024 / sous-traite l’ASP à GENIUS / détenteur de l’intégralité des parts du capital : Luc de Gardelle.

En 2020, reprise de l’entreprise adaptée Eipisea, rebaptisée AQUILEA / secteur : sous-traitance industrielle, préparation de commande, conditionnement / 1,1 million d’euros de Chiffre d’affaire en 2023 / sous-traite l’ASP à GENIUS / détenteur de l’intégralité des parts du capital : Groupe Altaïr.

En 2021, création de l’Entreprise de Travail Temporaire d’Insertion Altaïr Intérim / secteur : agence de travail intérimaire / 500 000 euros de chiffre d’affaire en 2024 / sous-traite l’ASP à GENIUS / Détenteur de l’intégralité des parts du capital : Groupe Altaïr.

 

N’en doutons pas, la création et la gestion de toutes ces entités économiques sont exemptes de toute illégalité.

Toujours est-il qu’une part certainement très significative des dépenses de toutes ces structures part dans le financement de l’Accompagnement Socio-Professionnel. C’est un des piliers de l’insertion dans le modèle d’ESS vendu par le couple Riahi / De Gardelle. Toutes ces dépenses constituent le profit du GIE GENIUS, qui encaisse année après année les paiements de toutes ces associations et entreprises d’insertion.

Le GIE GENIUS se présente lui-même comme une  » organisation à but non lucratif « . En effet, un GIE ne peut pas réaliser de profits pour lui-même. Toutefois, il peut bien évidemment générer des bénéfices : le cas échéant, ils peuvent être temporairement laissés à la disposition du GIE pour développer son activité, ou purement et simplement partagés entre ses membres, c’est-à-dire les entreprises PRODEA et Presta’Terre, et l’association des Jardins de la Montagne Verte. L’article 17 des Statuts du GIE GENIUS (en tout cas leur version de 2010 disponible en ligne) désignent comme coadministrateurs, bénéficiant de rémunérations et d’avantages, les dénommés Fatima Riahi et Luc De Gardelle.

On appelle cela la privatisation des profits.

 

Qu’est-ce que tout cela vous inspire ?

Pour aller plus loin : l’ESS, kézako?

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Appel à témoignage

Ce que nous voulons, ce que nous ne voulons pas

 



One Response to Pertes socialisées, profits privatisés.

  1. Une grosse douche glacée. Mais ne restons pas pantois!
    Merci pour cette enquête minutieuse et finement documentée