Que les choses soient claires.
1) De nombreux témoignages publiés ou inédits font reposer la responsabilité du mauvais esprit qui anime les JMV sur leur directrice Fatima Riahi : cela ressort clairement de notre enquête. Pour autant il est essentiel de le proclamer sans ambiguïté : nous ne souhaitons pas attaquer madame Riahi sur sa personne. Et encore moins servir la soupe à des discours haineux, basés sur le racisme ou le sexisme, par exemple. Nous nous désolidarisons entièrement par avance de tous les commentaires xénophobes ou misogynes qui pourraient croire trouver une validation de leurs idéologies dans nos publications.
Pour nous, madame Riahi est simplement une cheffe d’entreprise déguisée en militante associative ; elle est une femme puissante, riche, ayant pignon sur rue et tribune dans les médias, nommée Chevalier de l’Ordre du Mérite ; elle doit ce prestige au fait que sous couvert d’ « insertion », elle administre l’exploitation d’un public fragile, qui lui ne bénéficie d’aucune considération, aucune écoute, aucune reconnaissance.
Et nous pensons que cette situation totalement asymétrique mérite d’être remise en question.
2) Nous souhaitons entretenir une pensée critique, pas nous délecter du scandale.
Il est très contemporain de chercher le scandale pour le scandale, de faire flèche de tout bois, en espérant faire le buzz sur des attaques aussi nombreuses que possible. Mais l’abondance et la volonté de nuire n’aident pas forcément à l’élaboration d’une pensée critique. Tel n’est donc pas notre but.
3) Nous sommes et avons été en contact avec des salariéEs des JMV, à différents postes. Ces personnes ont chacune à leur manière exprimé une grande déception face à ce qu’elles percevaient comme des dérives, dévoyant un modèle qui aurait peut-être pu être amélioré, afin de renouer avec ce qui était censé être à la base du projet : aider, et pas exploiter.
Nous ne souhaitons pas ici trahir leur ressenti, et condamner en bloc toutes les associations d’insertion, ni l’ESS en général, en les mettant toutes dans le même sac. Certains projets d’insertion réussissent à être sincèrement du côté des personnes qu’ils accompagnent, malgré les compromissions et exercices d’équilibriste que représente la volonté de faire primer l’humain dans un monde de marchandises.
Quoi qu’il en soit, pour pousser à cette remise en question, il est nécessaire que toutes les personnes et institutions qui aujourd’hui apportent leur soutien de manière béate à un projet parce qu’il leur semble pertinent et joli sur le papier cessent de le faire de façon aussi inconditionnelle, et se posent la question de ce que vivent vraiment les personnes concernées.
A bon entendeureuse.