Le vent tourne enfin pour nos protégés !
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Nous sommes nombreux à agir à notre échelle pour protéger le vivant. Sécuriser un abreuvoir, installer un nichoir ou offrir des graines ou un coin de fraîcheur aux oiseaux : ces petits gestes sont essentiels. Mais pour que la nature respire enfin, la loi doit aussi faire son travail. Aujourd’hui, de grandes victoires prouvent que les mentalités évoluent et que l’impunité recule. |
Les bonnes nouvelles récentes qui redonnent de l’espoir :
- Quand l’argent ne fait plus sa loi !
Ce vendredi 23 octobre 2026, le Tribunal correctionnel d’Orléans a condamné le milliardaire Olivier Bouygues à deux ans de prison avec sursis, 750 000 euros d’amende (le maximum légal) et trois ans de retrait de permis de chasse pour destruction d’espèces protégées en bande organisée. Il devra également payer solidairement 360 000 euros de préjudice écologique aux associations de protection animale.Sur son domaine en Sologne, les enquêteurs avaient découvert un massacre nauséabond de centaine d’animaux protégés comme des rapaces, des cormorans, des grandes aigrettes, des hérons, des hérissons et des chats sauvages. Chose tout aussi infecte, les gardes n’avaient eu aucun scrupule à tuer de nombreux chats domestiques ! Au-delà de la cruauté aveugle des pièges, cela prouvait le mépris et l’absence totale d’empathie de cet odieux individu et ses sbires. Ce système avait forcément fait des victimes collatérales : des familles avaient souffert de la perte de leur compagnon, éliminé pour protéger des lâchers de perdreaux, afin d’en tuer un maximum, puisque, le comble de cette sordide affaire, les gardes touchaient une prime de 100 euros par animal exécuté !
Heureusement, ce procès historique montre qu’avoir des milliards ne donne pas le droit de détruire le vivant.
→ Lien de l’article de La République: Braconnage en Sologne : le milliardaire Olivier Bouygues condamné par le tribunal d’Orléans pour destruction d’espèces protégées en bande organisée Bien entendu, l’affaire ne s’arrête malheureusement pas là : l’avocat de l’homme d’affaires a annoncé son intention de faire appel…
- Le répit des survivants après l’enfer des flammes
Suite aux incendies et à la sécheresse extrême de cet été, les animaux survivants vivent un calvaire invisible. Le pire, ce sont les images de ces chevreuils qui, incapables de bouger sous la douleur, attendent la mort cachés dans un fourré. Recueillis par des associations, ils doivent malheureusement souvent être euthanasiés, pour leur épargner une longue suite de souffrances. Pour préserver le peu d’animaux encore en vie, la loi a fini par s’imposer localement. En s’appuyant sur le Code de l’environnement, une vingtaine de préfectures ont activé des arrêtés d’urgence pour suspendre ou limiter la chasse. Les préfets concernés ont ainsi dû accorder une trêve obligatoire pour laisser souffler la faune sauvage.
Attention, ce sursis n’est pas national : il s’applique uniquement au cas par cas dans les départements touchés.
→Lien vers les textes de loi officiels : Articles L. 424-7 et R. 424-1 du Code de l’environnement – Légifrance.
- Le cas du renardeau « mordeur »
Le 21 août 2026, la préfecture du Rhône a annulé l’arrêté de tir qui condamnait à mort un jeune renard égaré en ville. Il était accusé d’avoir mordu une automobiliste – pur réflexe de défense d’un animal sauvage – , qui cherchait à le secourir et qui s’était rapproché de trop près, pour le prendre dans ses bras ! Face à cette sentence absurde pour un animal terrifié, la solidarité a formé un bouclier. Suite à une pétition, lancée par le Centre de soins L’Hirondelle, des milliers de citoyens avaient uni leurs voix pour faire plier le préfet. La mise à mort avait alors été annulée au profit d’une prise en charge bienveillante. Quelle belle victoire solidaire !
Si tout comme moi, vous souhaitez leur témoigner votre reconnaissance, n’hésitez pas à leur faire un don via leur site internet : https://hirondelle.ovh/nous-soutenir/
- Le Grand Tétras et le Lagopède alpin reprennent de la hauteur !
Le 6 octobre 2026 , un décret ministériel est venu sceller définitivement la fin de la chasse au Grand Tétras en France, complétant les deux arrêtés historiques publiés au Journal Officiel le 8 septembre 2026 qui accordaient au Grand Tétras et au Lagopède alpin le statut d’espèces protégées.
Pour expliquer la situation, les données du Groupe Tétras Vosges illustrent l’effondrement de la population,: dans les années 30-40, on comptait encore environ 2 200 adultes sauvages. Vingt-cinq ans plus tard, la population était tombée à 500 oiseaux. Aujourd’hui, la population d’origine a pratiquement disparu, et ce en 50 ans ! D’après le Groupe Tétras Vosges, il ne restait, en 2025, plus que 1 à 3 femelles autochtones en vie dans tout le massif. Certes, des plans de réintroduction ont été tentés par l’État avec des oiseaux venus de Norvège, mais à chaque fois, ils se soldent par une grande mortalité. Néanmoins cet été, l’annonce d’une naissance a circulé, un message d’espoir, peut-être ? Dans tous les cas, comme le montre la disparition du Grand Tétras et d’autres espèces, l’homme n’a nul besoin de réguler la faune sauvage, le changement climatique s’en charge très bien ! Comme le rappelait avec tant de poésie le naturaliste Michel Munier dans le film de son fils Vincent, Le Chant des forêts, ces oiseaux légendaires luttent déjà chaque seconde pour leur survie à cause du manque de neige.
Bref, continuer à les fusiller était d’une injustice totale !
→ Lien vers le Décret officiel du 6 octobre 2026 – Légifrance.
→Lien officiel de l’annonce de protection : Arrêtés de protection oiseaux de montagne – Banque des Territoires.
- Deux méthodes de chasses barbares en moins !

Grive musicienne, cible de la chasse à la glu
Le 28 juin 2021, le Conseil d’État a définitivement interdit la chasse à la glu. C’est la fin d’une pratique digne du Moyen Âge, bien qu’elle lui soit antérieure, où les oiseaux mouraient d’épuisement, incapables de se décoller de la branche où ils s’étaient posés. Nul besoin de préciser qu’avec un dispositif de ce type, le choix de l’espèce ciblée était impossible…
→Lien de la décision glu : Décision d’interdiction de la chasse à la glu – Conseil d’État.L’usage des « pantes« , ces grands filets horizontaux posés au sol dans le but de capturer des alouettes,vient lui aussi d’être banni par une décision d’annulation du Conseil d’État du 6 mai 2024. Ces pièges attrapaient également n’importe quel oiseau sans distinction, blessant de nombreuses vies innocentes. Quand on sait que près de 60 % des oiseaux des milieux agricoles ont disparu en France depuis les années 1980, il était temps que la justice s’impose ! Voir ces méthodes enfin abolies apporte donc un immense soulagement et l’espoir de revoir un jour plus de merveilles voler!
→Lien de la décision pantes : Décision d’annulation filets alouettes – Légifrance.
Alouette, victime de la chasse aux pantes
→ Références supplémentaires: Évolution des populations d’oiseaux communs en France, par l’Observatoire des forêts– Données MNHN
On voit bien dans la courbe du bas, l’effondrement des espèces qui vivent à la campagne.

Un sursis pour nos « mal-aimés »
L’administration a trop longtemps qualifié de « nuisible » des animaux pourtant essentiels. Aujourd’hui, elle utilise le terme encore plus hypocrite d’ESOD (Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts). Et non, me direz-vous, l’Homme n’y figure pourtant pas !
Le 10 août 2026, le gouvernement a tenté de forcer le passage avec un nouvel arrêté fixant une liste de « destruction massive » pour trois ans ; ne soyons pas avares d’adjectifs face à la réalité !
Cet arrêté vise précisément neuf espèces : la martre des pins, le renard, la fouine, la belette, la pie bavarde, le geai des chênes, le corbeau freux, la corneille noire et l‘étourneau sansonnet.
| Panorama de ce qui est possible de tuer avec l’accord de l’État | ||
![]() Martre des pins |
![]() Pie bavarde |
![]() Corbeau freux |
![]() Étourneau sansonnet |
![]() Geai des Chênes |
![]() Belette |
Heureusement, le retard de l’administration pour publier ce texte a offert une trêve estivale inattendue à ces animaux. Pendant tout l’été, ils ont pu s’occuper de leur reproduction, de leur nidification et de leur « babysitting » à l’abri des pièges. Les associations en ont immédiatement profité pour attaquer ce décret abusif devant le Conseil d’État .
→Lien vers l’arrêté ministériel triennal fixant une nouvelle liste de destruction
Je développe longuement le sujet des ESOD dans cet article sourcé qui explique, notamment ce que les agriculteurs leur reprochent, les solutions existantes, en particulier à l’étranger : https://azqs.com/mime/2026/09/24/esod-pourquoi-la-france-sobstine-a-detruire-sa-faune-sauvage/
- En parallèle, la justice fait aussi reculer d’autres cruautés.
Les tribunaux interdisent de plus en plus souvent le déterrage des blaireaux, également appelé vénerie sous terre. Cette pratique, d’une violence inouïe, consiste à bloquer l’animal au fond de sa galerie à l’aide de chiens de déterrage. Les chasseurs creusent ensuite le sol, pendant des heures, pour l’attraper directement dans son refuge à l’aide de lourdes pinces métalliques, avant de le mettre à mort au fusil ou à la dague.
Pas plus tard que le 4 septembre 2026, le tribunal de Caen a suspendu en urgence ce mode de chasse dans l’Orne, rejoignant les victoires obtenues en Bretagne, où le Tribunal administratif de Rennes vient tout juste d’annuler définitivement la période complémentaire de déterrage dans le Morbihan.
→Lien officiel de la décision : La justice suspend le déterrage des blaireaux dans l’Orne – ASPAS.
→Lien vers la décision dans le Morbihan (ASPAS)
Avancée également pour la Perdrix grise des Pyrénées ! Alors que l’arrêté préfectoral autorisait le tir de 670 oiseaux pour la saison, le Tribunal administratif de Toulouse a suspendu en urgence cette autorisation, encore une bonne victoire pour la faune sauvage !→ Lien officiel de l’action : One Voice s’oppose à la mise à mort de 12 000 tourterelles des bois devant le Conseil d’État – Savoir Animal
On lâche rien, car ils le valent bien !
Peut-être doutez-vous de l’intérêt de faire quelque chose à votre niveau et me trouvez-vous trop optimiste ? Pourtant, cette bascule positive, cet élan de la population pour la faune sauvage, est bien réelle. Elle s’est fortement accélérée cette année, mais le déclic a eu lieu en 2023, lorsque les tribunaux ont commencé à suspendre massivement les arrêtés locaux pour défaut de preuves scientifiques.

Mais qu’est-ce qui a changé cette année pour que la nature l’emporte enfin ? En réalité, plusieurs forces se croisent.
D’un côté, le réchauffement climatique et les incendies ont rendu l’idée de « réguler » une faune déjà à bout de souffle totalement absurde et révoltante pour le grand public. De l’autre, les mentalités ont profondément évolué : le mépris du vivant est de moins en moins accepté. Les œuvres comme le film de Vincent et Michel Munier, Le Chant des forêts, ainsi que les informations et images relayées par les associations, ont éveillé les consciences. Le climat montre l’urgence, la culture ouvre les yeux, et les défenseurs de la nature, tels que la LPO, ont plus de facilité et de soutien pour ouvrir les portes des tribunaux, avec leurs dossiers remplis d’arguments scientifiques.
De plus, la mobilisation populaire est d’une grande force. Lors des consultations publiques sur Internet, les ministères reçoivent désormais des dizaines de milliers de contributions citoyennes d’opposition. Les pétitions massives donnent aux défenseurs de la nature le poids politique nécessaire pour faire plier l’administration . Les tribunaux tranchent, mais c’est notre voix qui crée le rapport de force et il faut absolument saisir cette brèche ! Chacun de nous peut ajouter son millième de poussière à l’édifice . Et tous ensemble, on peut construire une vie meilleure pour les générations futures ! J’ose ce smiley: ♥
- Des actions concrètes, là, tout de suite !
Signer et partager ces mobilisations prennent juste quelques secondes, mais maintient la pression là où elle doit être :
Pour les renards : Signez la pétition officielle pour ouvrir un débat à l’Assemblée nationale et les exclure définitivement des espèces nuisibles :
→ Lien : Donnons une deuxième chance aux renards.
Pour une trêve environnementale lié à la chasse : Le gouvernement refuse pour l’instant un moratoire national. Soutenez la demande d’une suspension complète d’une saison pour laisser enfin nos écosystèmes souffler.
→ Lien : Demande d’instauration d’une année blanche de chasse
Comme je viens de vous le démonter dans cet article, l’action collective n’est pas un vain mot, c’est le moteur indispensable du changement, pour toute cette faune discrète qui nous entoure.
Merci à vous !
Les visuels illustrant cet article proviennent de sites offrants des photos libres de droit.









