De l’émerveillement à la protection
Lorsqu’en 2024, j’ai croisé le regard de ma première chouette aux yeux d’or j’ai tout de suite craqué devant sa bouille adorable et ses petits cris qui rappellent des miaulements de chaton. Comment ne pas s’attacher à un tel oiseau ?

Cette rencontre m’a donné envie d’en savoir plus. J’ai lu les ouvrages qui lui sont consacrés et me suis rapprochée de spécialistes, jusqu’à devenir bénévole pour le Groupe 67 Chevêche. Notre équipe a pour mission de faire découvrir ce petit rapace nocturne, de sensibiliser le public à ses difficultés et de le protéger.
Un rapace nocturne vulnérable : les raisons du déclin
Autrefois très familière dans nos campagnes, la petite chouette a vu ses effectifs s’effondrer au cours du XXe siècle.
Ce déclin est lié à plusieurs facteurs, provoquées par les activités humaines :
- La perte d’habitat : l’arrachage des haies et le déclin des vergers traditionnels à hautes tiges (ses terrains de chasse favoris) la privent des cavités naturelles indispensables pour nicher.
- Pesticides et disparition des proies : l’utilisation intensive d’insecticides et de rodenticides (mort aux rats) dans l’agriculture élimine les gros insectes et empoisonne les petits rongeurs qui constituent la base de son alimentation, ce qui affecte forcément la chouette et peut la tuer à son tour.
- La disparition des prairies et vergers: le passage à une agriculture intensive de monoculture détruit la diversité des paysages et les herbes rases où elle aime chasser.elles deviennent rares …
- Les pièges du quotidien :
| – La rénovation des bâtiments anciens : elle condamne l’accès aux granges et aux combles où la chouette aimait s’abriter. – Le trafic routier : sa faible hauteur de vol lorsqu’elle chasse la rend extrêmement vulnérable aux collisions avec les voitures. – Les poteaux creux : les piquets métalliques ou les poteaux de lignes téléphoniques non coiffés se transforment en véritables pièges mortels où elle se retrouve coincée. – Les points d’eau non sécurisés : les bacs à eau ou les abreuvoirs à bétail aux parois lisses provoquent de nombreuses noyades, car l’oiseau ne peut pas s’en extirper s’il y tombe en voulant boire ou se baigner. |
Des nichoirs pour inverser la tendance
La bonne nouvelle, c’est que la chevêche réagit très bien aux efforts de protection. Les actions menées sur le terrain portent leurs fruits :
- Un coup de pouce en 2025 : les bénévoles de notre groupe ont installé environ 500 nichoirs adaptés pour sécuriser sa reproduction.
- Une population en hausse : grâce à ce travail de longue haleine, la tendance s’est inversée en une vingtaine d’années.
- Un bilan positif : en 2025, on comptait entre 500 et 700 couples reproducteurs dans le Bas-Rhin. Une belle victoire pour la biodiversité locale.

Comment l’accueillir et l’aider chez vous ?
La chevêche d’Athéna est une alliée précieuse pour les agriculteurs et les jardiniers, notamment parce qu’elle régule les populations de campagnols.
Pour lui donner un coup de main, quelques réflexes simples suffisent :
- Préserver les vieux arbres : gardez les vieux arbres creux qui offrent des cavités naturelles indispensables pour sa nidification.
- Planter des arbres fruitiers : les vergers traditionnels sont ses milieux de vie préférés ! Ils profitent à la chevêche ainsi qu’à de nombreuses autres espèces en recherche de lieux propices pour nicher.
- Éviter les produits chimiques : renoncer aux pesticides et aux poisons anti-rongeurs garantit à la chouette et à tant d’autres oiseaux, une nourriture saine et abondante.
- Sécuriser les bacs d’eau : placez une petite rampe de sortie (planche de bois ou grillage) dans vos abreuvoirs ou récupérateurs d’eau pour que les oiseaux et les autres êtres vivants puissent s’en extirper s’ils y tombent.
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Pour en savoir plus, voici la fiche complète d’identité de la LPO 😉