ESOD : Pourquoi la France s’obstine à détruire sa faune sauvage

Et pourquoi c’est scientifiquement absurde !

Le 21 août 2026, un arrêté ministériel triennal (2026-2029) vient de tomber, qui fixe la liste des ESOD (Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts). Derrière le jargon de l’administration se cache une révoltante nouvelle pour les amis de la nature : le feu vert donné pour piéger et abattre toute l’année des millions d’animaux sauvages !

Ce statut juridique remplace l’ancienne notion de « nuisible ». D’un côté, le monde agricole et les fédérations de chasse réclament ces battues pour défendre leurs intérêts et leurs loisirs. De l’autre, la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) et les biologistes s’appuient sur la recherche pour prouver l’inutilité de ces destructions systématiques, d’autant que nos pays voisins appliquent déjà avec succès des solutions modernes de cohabitation, comme le démontre le bilan comparatif présenté en fin d’article.

I.     LES 4 MAMMIFÈRES

1. Le Renard roux

• Arguments du monde rural : Les éleveurs de volailles et les particuliers redoutent ses intrusions dans les basses-cours. Les chasseurs le considèrent comme un concurrent direct qui prélève le petit gibier (faisans, perdrix). L’argument sanitaire est également mis en avant : il est un vecteur potentiel de l’échinococcose alvéolaire, une maladie parasitaire grave pour l’homme.

• Réalité scientifique : Le renard est un auxiliaire agricole majeur. Un seul individu consomme environ 6 000 micro-rongeurs (campagnols) par an. Sans lui, les cultures subissent de lourdes pertes ou se retrouvent saturées de bromadiolone, un rongeuricide chimique particulièrement toxique pour les sols. Sur le plan sanitaire, sa destruction perturbe la structure sociale des clans, ce qui pousse les survivants à se déplacer davantage et accélère la propagation des maladies.

• Solution alternative : L’étude scientifique française CARELI a prouvé définitivement que la destruction des renards ne diminue pas les intrusions dans les fermes. Le seul outil infaillible validé réside dans la pose d’une clôture périphérique semi-enterrée associée à un verrouillage automatique nocturne des portes.

• Gestion des pays voisins :
Contrairement à la France qui utilise le prétexte de l’échinococcose alvéolaire pour éliminer l’animal, l’Allemagne et la Suisse règlent ce problème par une approche purement vétérinaire. Ces pays distribuent dans la nature des appâts contenant un vermifuge (le Praziquantel), sur le même modèle que les vaccins contre la rage dans les années 1990. Cette méthode fait chuter le taux d’infection des renards de 35 % à moins de 5 % sans verser une goutte de sang. De plus, les vétérinaires suisses et belges ciblent le véritable pont sanitaire en incitant à la vermifugation régulière des chiens et chats de campagne.

→Lien pour mieux comprendre pourquoi le classement ESOD du renard n’est pas une solution


2. La Fouine

• Arguments du monde rural : Opportuniste, elle commet des dégâts dans les petits élevages familiaux ou les greniers. Les propriétaires lui reprochent de détruire l’isolation des combles, de souiller les faux-plafonds avec ses déjections et de détériorer les câbles électriques sous le capot des véhicules.

• Réalité scientifique : La fouine joue un rôle de régulateur biologique indispensable aux abords des structures humaines. Sa présence permet de limiter naturellement et efficacement les populations de rats bruns et de souris domestiques. La détruire crée un vide écologique qui favorise l’infestation des bâtiments par ces rongeurs.

• Solution alternative : Pour les habitations, la solution définitive repose sur l’étanchéité des combles. Cela consiste à repérer les points d’entrée en hauteur (chatières, rives de toiture) et à les obstruer à l’aide de grillage rigide à mailles étroites (inférieures à 3 cm). L’installation de manchons lisses autour des gouttières extérieures empêche également l’escalade de l’animal.

• Gestion des pays voisins :
En Europe du Nord et en Allemagne, la destruction des petits carnivores est interdite.
Face aux dégradations de véhicules, les automobilistes allemands installent sous leur capot des boîtiers électroniques d’effarouchement qui diffusent des ultrasons à fréquences modulées et de légères impulsions électriques sans danger. L’animal quitte les lieux instantanément sans être blessé.

→Lien : Fiche officielle de l’Office Français de la Biodiversité (OFB)


3. La Martre des pins

• Arguments du monde rural : Les chasseurs l’accusent de prélever du petit gibier en forêt (faisans, perdrix) et de commettre de rares intrusions dans les élevages de volailles isolés. Sous la pression des piégeurs, l’État l’a réintroduite dans la liste ESOD de plusieurs départements.

• Réalité scientifique : Ce choix marque un recul biologique majeur. Le Conseil d’État avait annulé son classement par le passé, soulignant l’absence totale de preuves quant aux dégâts imputés. C’est une espèce forestière discrète qui régule les rongeurs des bois et participe activement à la régénération des forêts en dispersant les graines des fruits qu’elle consomme.

• Solution alternative :
Comme pour la fouine, les intrusions dans les bâtiments forestiers se règlent par une étanchéité mécanique des toitures. Concernant la faune sauvage, la science prouve que le maintien de forêts anciennes et diversifiées offre suffisamment de caches naturelles au petit gibier pour échapper à la prédation.

• Gestion des pays voisins :
La Belgique et les Pays-Bas protègent intégralement la martre et l’ont retirée de leurs listes de nuisibles.
Chez nos voisins, les biologistes rappellent que cet animal évite naturellement le voisinage des hommes. Pour cohabiter en paix, il suffit de la laisser vivre au cœur des massifs boisés où elle trouve ses proies naturelles en abondance, rendant ses intrusions à découvert exceptionnelles.

→Lien : Fiche officielle Cohabiter avec la Martre des pins de la LPO.


4. La Belette d’Europe

• Arguments du monde rural : C’est le plus petit carnivore d’Europe. On l’accuse parfois au village de s’en prendre aux poussins dans les basses-cours ou de piller les nids des oiseaux qui nichent au sol.

• Réalité scientifique : Son impact sur les élevages est presque invisible. Sa finesse unique lui permet de se faufiler directement au fond des galeries souterraines pour chasser les campagnols. C’est une alliée précieuse pour nettoyer naturellement les champs des rongeurs qui ravagent les cultures.

• Solution alternative : Pour protéger les cultures sans tuer l’animal, la solution consiste à aménager des tas de pierres, de souches ou des bandes enherbées en bordure de parcelle. Ces micro-habitats offrent un refuge aux belettes, leur permettant de s’installer durablement au plus près des champs pour détruire naturellement les populations de campagnols.

• Gestion des pays voisins :
Aux Pays-Bas, la belette est entièrement protégée. Pour éviter tout conflit, l’État conseille simplement aux éleveurs de bien fermer les bas de grillages avec des mailles très fines.
Les Néerlandais préfèrent laisser la belette travailler gratuitement dans les champs plutôt que de dépenser de l’argent dans des produits chimiques contre les rongeurs.

 

→Lien : Cohabiter avec la Belette d’Europe – LPO

 

II.    LES 5 OISEAUX

5. La Corneille noire & le Corbeau freux

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Arguments du monde rural : Les cultivateurs de céréales les détestent au printemps. On leur reproche de déterrer les graines de maïs et de tournesol tout juste semées, ce qui fait perdre de l’argent aux agriculteurs.

• Réalité scientifique : On en tue pratiquement 1 million, par an, en France, mais les dégâts ne baissent pas. Pourtant, ces oiseaux sont des nettoyeurs indispensables : ils mangent les cadavres d’animaux dans la nature, ce qui évite la prolifération des microbes et des maladies.

• Solution alternative : La solution la plus efficace est l’effarouchement ciblé au moment des semis ou l’utilisation de répulsifs appliqués directement sur les graines. Une fois que l’oiseau y goûte, il associe la parcelle à une expérience désagréable et délaisse le champ.

• Gestion des pays voisins :
En Suisse, en Belgique et aux Pays-Bas,, les instituts agricoles et les semenciers développent et testent à grande échelle de nouveaux traitements de semences à effet répulsif. L’objectif est d’utiliser des composants végétaux (comme des extraits de poivre noir ou d’épices) pour rendre la graine inappétissante afin de forcer les corvidés, qui apprennent très vite, à changer de zone de nourrissage sans avoir à les détruire.


→
Autre lien: Dégâts d’oiseaux : quelles solutions ? – Perspectives Agricoles

 

6. La Pie bavarde

• Arguments du monde rural : Les chasseurs l’accusent fréquemment de piller les nids des petits oiseaux chanteurs et du gibier de plaine (œufs et oisillons), impactant ainsi la biodiversité locale.

• Réalité scientifique : La pie est un prédateur opportuniste, mais la science démontre que le déclin des oiseaux des campagnes est lié à la disparition des haies et à l’usage intensif des pesticides, non à sa présence. En revanche, elle rend un fier service en dévorant une quantité impressionnante de tiques, de chenilles processionnaires et d’insectes ravageurs.

• Solution alternative : Pour protéger les nichées de passereaux, la solution consiste à replanter des haies composites denses et épineuses (aubépine, prunellier, ronce). Ces buissons forment des forteresses naturelles où seuls les petits oiseaux peuvent se faufiler, mettant leurs nids hors de portée des grands prédateurs.

• Gestion des pays voisins :
En Belgique, la Wallonie protège intégralement la pie bavarde. Plutôt que de détruire l’oiseau, les autorités subventionnent la plantation de ces haies denses pour offrir des zones de refuge à la petite faune. On y privilégie la restauration des habitats naturels plutôt que la régulation par les armes.

 

→ Lien : Protection globale des corvidés dont la pie fait partie – (LRBRO]

 

7. Le Geai des chênes

• Arguments du monde rural : Classé de façon très rare en France, il lui est reproché de consommer les fruits dans les vergers professionnels et de s’attaquer occasionnellement aux couvées d’autres oiseaux sauvages.

• Réalité scientifique : Le geai est reconnu par les botanistes et l’ONF comme le premier reboiseur naturel de France. Il enterre des milliers de glands chaque automne en prévision de l’hiver et en oublie une grande partie, permettant ainsi la naissance gratuite et spontanée de nouvelles forêts de chênes. Son maintien sur la liste ESOD est une aberration écologique.

• Solution alternative : Pour protéger les récoltes des vergers sensibles, la prévention repose sur l’effarouchement visuel et sonore. L’utilisation de silhouettes de rapaces mobiles ou de dispositifs réfléchissants suspendus et déplacés régulièrement suffit à éloigner cet oiseau naturellement craintif, sans aucun aménagement physique dangereux pour la faune.

• Gestion des pays voisins :
En Belgique (Wallonie) et en Suisse, le geai est une espèce protégée. Les arboriculteurs acceptent sa présence et se contentent d’installer ces systèmes d’éloignement visuel mobiles durant les quelques semaines où les fruits arrivent à maturité.
Ces pays préfèrent protéger gratuitement leurs forêts grâce au travail de plantation du geai plutôt que de l’abattre.

 

→ Lien : Cohabiter avec le Geai des chênes – LPO.

 

8. L’Étourneau sansonnet

• Arguments du monde rural : Évoluant en nuées de milliers d’individus, cet oiseau grégaire cause des pertes importantes dans les vergers et les vignobles. Dans les fermes, il consomme et souille l’ensilage ainsi que la nourriture destinée au bétail directement dans les auges.

• Réalité scientifique : Les tirs de destruction dispersent temporairement les groupes mais ne règlent pas la dynamique des populations. L’éradication de masse est inefficace et obsolète face à des oiseaux aussi mobiles.

• Solution alternative : Pour protéger la nourriture du bétail, la parade efficace consiste à installer des rideaux à lanières plastiques ou des toiles brise-vent rigides à mailles ultra-fines aux entrées des étables : les vaches passent sans problème, mais les étourneaux sont totalement bloqués, sans aucun risque de capture. Côté cultures, la pose d’effaroucheurs visuels mobiles combinés à des systèmes sonores aléatoires protège les récoltes sans aucun aménagement dangereux pour la petite faune.

• Gestion des pays voisins :
De plus, en Autriche et en Allemagne, les lois sur la protection de la nature et le bien-être animal imposent le retrait des filets souples low-cost (vrais pièges mortels pour la faune) au profit de structures fixes anti-grêle ou anti-insectes à mailles carrées rigides et très serrées (inférieures à 4 mm). Comme ces oiseaux attaquent en groupes compacts et se posent sur le sommet des arbres, cette installation forme un toit protecteur infranchissable sur lequel ils glissent sans s’accrocher, comme le rappellent les directives de la Station Ornithologique Suisse.

→ Lien : Cohabiter avec les étourneaux – LPO

 

III.   LES TRAQUES HORS-LISTE

9. Le Blaireau européen :

• Statut légal : En France, le blaireau est classé comme gibier chassable, ce qui permet de le tuer par tir en période d’ouverture mais aussi de le déterrer l’été et au printemps grâce à des périodes complémentaires de chasse.

• Arguments du monde rural : Accusé de creuser des galeries imposantes susceptibles d’affaiblir les talus ou les voies ferrées. Il consomme du maïs et peut transmettre la tuberculose bovine aux élevages de vaches, ce qui impose parfois l’abattage complet des troupeaux contaminés.

• Réalité scientifique : Le blaireau subit le déterrage (la vénerie sous terre), une chasse d’une grande violence où l’animal est acculé pendant des heures avant d’être extirpé de son terrier à l’aide de pinces métalliques. La science prouve que la destruction et le stress répété des blaireaux dispersent les survivants (effet rebond), ce qui risque de propager la tuberculose bovine au lieu de l’enrayer. De surcroît, le déterrage pratiqué au printemps décime des portées de jeunes non sevrés, ce qui conduit régulièrement la justice à annuler ces autorisations de chasse.

• Solution alternative : La consolidation des talus sensibles par la pose de grillages métalliques robustes enterrés empêche le blaireau de creuser aux endroits dangereux. Côté cultures, de simples clôtures électriques basses suffisent à l’éloigner des champs de maïs.
→ Lien:  Références sur le site de la LPO

• Gestion des pays voisins :

Le Royaume-Uni et l’Irlande ont déployé des programmes de vaccination des blaireaux par injection (et développent des appâts oraux) pour freiner la tuberculose bovine. En Belgique, le blaireau est strictement protégé : les conflits se règlent par des aménagements physiques et la biosécurité des fermes, prouvant qu’une cohabitation apaisée réussit sans passer par le déterrage.

→ Lien : Mesures de protection en faveur du blaireau d’Europe – LPO

 

10. Le Grand Cormoran 

• Statut légal : Bien que classé comme espèce protégée en Europe, la France contourne cette protection en accordant chaque année des dérogations préfectorales pour en abattre des dizaines de milliers par tir. Un sommet d’hypocrisie administrative où un texte officiel protège l’animal sur le papier, pendant que l’État distribue les cartouches sur le terrain.

Et à qui profite ce crime ?
Si l’administration cède si facilement, c’est aussi pour satisfaire les exigences des propriétaires de grands domaines privés, notamment en Sologne. L’actualité récente de septembre 2026 l’a cruellement mis en lumière lors du procès au tribunal d’Orléans impliquant l’homme d’affaires Olivier Bouygues : les enquêteurs de l’OFB ont découvert sur son domaine de chasse un charnier de centaines d’oiseaux protégés, dont de nombreux cormorans, abattus illégalement pour « nettoyer » le territoire et garantir le succès des parties de chasse entre notables.
→ Lien : Destructions d’espèces protégées en bande organisée

• Arguments du monde rural : Les pêcheurs de loisir et les pisciculteurs l’accusent de prélever jusqu’à 500 grammes de poisson par jour, appauvrissant ainsi les cours d’eau et menaçant l’économie des étangs d’élevage.

• Réalité scientifique : L’État abuse du régime d’exception européen pour autoriser des quotas de tirs massifs. Pourtant, la Justice et le Conseil d’État ont infligé un coup d’arrêt à cette pratique en maintenant l’interdiction de la régulation du cormoran en « eaux libres » (rivières sauvages). Les données scientifiques prouvent en effet que l’oiseau n’est pas responsable de la baisse des poissons sauvages, laquelle découle de la pollution et des barrages. Les tirs ne sont désormais tolérés qu’autour des piscicultures commerciales closes.

• Solution alternative : Pour protéger les poissons dans les bassins commerciaux fermés, l’installation de réseaux de cordages tendus au-dessus des étangs ou de structures subaquatiques artificielles (caches en bois pour les poissons) empêche le cormoran de plonger ou de capturer ses proies facilement. Ces aménagements prouvent qu’on peut protéger la pisciculture sans sortir les fusils.
→ Lien : LFDA — Le Grand Cormoran : entre protection et destruction

• Gestion des pays voisins :
En Allemagne et aux Pays-Bas, l’accent est mis sur l’aménagement des étangs commerciaux (filets, cordages, effaroucheurs visuels). L’État indemnise les pertes uniquement si l’exploitant apporte la preuve qu’il avait correctement mis en place ces barrières mécaniques, responsabilisant l’humain plutôt que de détruire l’oiseau.

 

→ Lien Rapport UE / FAO — Cadre de gestion européen des cormorans et indemnisation (en anglais)

 

IV.   APRÈS LA CHASSE : L’ASSIETTE OU LA BENNE ?

Avec 87 espèces de gibier chassables, la France détient le record absolu d’Europe. Mais pourquoi prélève-t-on réellement ces animaux sauvages ? Une analyse des chiffres officiels montre que pour la majorité des animaux abattus, la quête de nourriture n’est qu’un lointain prétexte !
Notre pays a transformé une partie de sa faune en objets de divertissement ou en déchets jetables.

• 1,7 million de victimes qui finissent jetés !
Le renard, la fouine, la martre, la belette, la pie, le geai, le corbeau et la corneille partagent un triste point commun : ils ne sont pas comestibles. Pourtant, selon les rapports officiels du Muséum national d’Histoire naturelle, la France fait abattre 1,7 million de ces animaux chaque année sous le prétexte réglementaire des ESOD.

▪Le cas du renard : À lui seul, il représente entre 600 000 et 1 million de tirs et de piégeages par an. Sans aucun quota, par tir de nuit, déterrage ou cage, ces animaux sont tués et jetés directement à la benne. C’est une destruction de pur loisir, alors même que la science prouve que ces massifs prélèvements sont inefficaces pour réduire les dégâts et coûtent cher à la collectivité.

 

• 19 millions d’animaux au goût de triche !
Pour le petit gibier à plumes (faisans, perdrix), l’argument de la « chasse traditionnelle au cœur de la nature » s’effondre face à la réalité industrielle de la chasse.
La France est le leader européen de l’élevage de gibier de chasse … cocorico !!!

Lâcher de gibier avant l’ouverture de la chasse

▪Des proies livrées en cage : Chaque année, 19 millions d’animaux sont élevés en cage uniquement pour être libérés dans la nature quelques jours ou voire quelques heures, avant le passage des chasseurs.
Le nombre de futures victimes participant à ce « sport » est de 14 millions de faisans et 5 millions de perdrix.

▪Un tir sur cible vivante : Les données de l’Office Français de la Biodiversité (OFB) montrent que 46 % des prélèvements de petit gibier proviennent directement de ces cages. Ces oiseaux, totalement habitués à l’homme et incapables de fuir ou de se nourrir seuls dans la nature, servent de cibles vivantes le week-end. Environ la moitié de ceux qui ne sont pas tirés meurent de faim, de soif ou sous les roues des voitures.
On ne parle plus ici de gestion de la faune sauvage, mais d’un pur business de divertissement avec armes et cartouches réelles ! 

→Lien : Industrie de la chasse : enquête chez le leader de l’élevage de gibier – L214

 

V.    LA FRANCE, ENNEMIE PUBLIQUE DE LA FAUNE SAUVAGE ?

• Comparaison avec nos voisins
Pendant que la France s’entête à multiplier les dérogations et les abattages de masse, nos voisins de l’Europe de l’Ouest prouvent qu’il existe enfin des modèles de gestion modernes, pacifiques et respectueux du vivant.

Pays / Région Espèces chassables Restrictions majeures et abolitions Méthodes alternatives de gestion des conflits
France
🇫🇷
87 Maintien réglementaire du piégeage et du déterrage. Destruction : Tirs individuels, piégeage continu et battues administratives.
Suisse
🇨🇭
20 à 25
(selon les cantons)
La chasse sous terre (déterrage) est interdite de manière autonome dans la majorité des cantons. Régulation naturelle : Implantation de perchoirs à rapaces pour les rongeurs, préservation des prédateurs.
Allemagne
🇩🇪
49 Chasse strictement encadrée par la loi fédérale forestière. Déterrage interdit presque partout. Indemnisation publique : Fonds d’État compensant directement les pertes agricoles si des protections étaient présentes.
Italie
🇮🇹
33 Interdiction totale de la chasse au printemps pour laisser les migrateurs nicher en paix. Suivi sanitaire : Gestion des maladies par campagnes de vaccination orale de terrain.
Belgique (Wallonie)
🇧🇪
12 Abolition complète de la chasse de tous les oiseaux migrateurs et des petits carnivores (martres, fouines). Régulation restreinte : Concentration exclusive sur le grand gibier et méthodes d’effarouchement.
Pays-Bas
🇳🇱
5 Abolition quasi totale de la chasse de loisir. Le piégeage et le déterrage sont interdits. Obligation de biosécurité : Filets de protection et lasers subventionnés. Aucune indemnité n’est versée si l’agriculteur n’a pas protégé ses parcelles.

Sources pour le tableau:

– France: Arrêté du 26 juin 1987 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée — Légifrance

– Suisse: Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP) — Fedlex (Portail juridique fédéral suisse)

– Allemagne: Article 2 du Bundesjagdgesetz (BJagdG) — Gesetze im Internet (Portail législatif fédéral allemand)

-Italie: Article 18 de la Loi n. 157 du 11 février 1992 — Normattiva (Portail législatif officiel italien)

– Wallonie(Belgique) : Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux- Liste des gibiers

– Pays-Bas: Réglementation et licences de chasse — Gouvernement des Pays-Bas (Version traduite en français)

 

 

 

VI .    QUAND L’ÉTAT JOUE À L’AUTRUCHE FACE AUX DONNÉES SCIENTIFIQUES

Le cadre législatif stipule pourtant que le classement d’une espèce doit s’appuyer sur des critères scientifiques rigoureux et des dommages économiques avérés. Pourtant, les décisions politiques s’écartent fréquemment de ces principes.

• Des experts publics systématiquement ignorés !
L’État finance des organismes officiels pour l’éclairer, avant d’écarter leurs conclusions.

Avant chaque révision de l’arrêté, le Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) et l’Office Français de la Biodiversité (OFB) transmettent des avis techniques (souvent rendus publics via les consultations publiques du Ministère de la Transition écologique).
A titre d’exemple, ces experts alertent régulièrement sur le fait que le classement de la martre ou du geai ne repose sur aucune donnée scientifique sérieuse (contradiction régulièrement sanctionnée par le juge administratif, le Conseil d’État invalidant périodiquement des arrêtés ministériels pour absence de justification démographique ou de réalité des dégâts, comme le rappelle le portail Légifrance). Pourtant, sous la pression des fédérations de chasse et des syndicats agricoles majoritaires, le ministère valide les demandes de destruction …

• Les tribunaux comme dernier rempart réglementaire
Ce manque de rigueur administrative explique pourquoi la France traverse une guérilla juridique permanente.
La LPO attaque systématiquement ces arrêtés devant le Conseil d’État et obtient régulièrement leur annulation et à défaut, permet d’installer des trêves à la faune sauvage !
Les juges sanctionnent le fait que les préfectures s’avèrent incapables de présenter des données quantitatives fiables, s’appuyant uniquement sur des déclarations de dégâts sur l’honneur, sans constat indépendant ni vérification.

 

VII. Protéger l’émerveillement : le choix d’une nature intacte

Alors que la Stratégie Nationale Biodiversité 2030 fixe des objectifs pour tenter d’enrayer l’effondrement du vivant, la France demeure l’un des rares pays européens à maintenir une politique de destruction aussi lourde. Pourtant, les dernières recherches en écologie démontrent qu’une restauration artificielle, après des décennies de massacres, n’est jamais qu’une ombre du système naturel d’origine. Le meilleur choix économique et environnemental reste de préserver la nature tant qu’elle est encore saine, riche et connectée.

Mais au-delà des chiffres et des lois, maintenir ces listes de destruction revient à nous priver d’un droit fondamental : celui de nous émerveiller. Observer un renard traverser un champ au crépuscule, admirer les figures en 3D ( appelées murmures) que font les nuées d’étourneaux en vol ou surprendre la silhouette discrète d’une martre au cœur des bois ne sont pas des détails insignifiants. Cette nature intacte et sauvage est indispensable à notre propre équilibre, à notre bien-être et à notre besoin profond de reconnexion avec le vivant.

 

Spectaculaire murmures d’étourneaux

La véritable approche d’avenir ne réside plus dans la gestion par les armes, mais dans notre capacité à accepter de partager le territoire. Protéger ces animaux, c’est refuser de transformer nos campagnes en espaces vides et silencieux, pour garantir aux générations futures une terre où la vie sauvage a encore le droit d’exister.

 


Les  visuels illustrant cet article proviennent de sites offrants des photos libres de droit.

Le grand défilé de la vie sauvage

De petits pas, à tire d’aile, mon plan d’eau a fait des adeptes !

Après un mois et demi de patience et d’observations discrètes grâce à ma « Caméra Mouv », les visites dépassent toutes mes espérances. Ce simple bac d’eau fraîche, installé à la lisière des arbres, est devenu un point de ralliement vital.

Pour lancer cette toute nouvelle série « Wild Story« , je vous invite à vous installer tranquillement. Sur une douce mélodie de piano, découvrez le premier panorama de cette vie cachée, où se croisent petits passereaux, grands oiseaux et mammifères farouches. Ce n’est que le début de leurs histoires…

 

Comme je l’écris à la fin de cette séquence :
Merci à ces merveilleuses créatures de venir m’honorer de leurs passages.
Et un immense merci à toutes celles et ceux qui leur réserveront, chez eux, un petit coin d’eau fraîche.💕  

Point d’eau pour la faune sauvage

Ma modeste contribution à la biodiversité

Depuis toute petite, je suis fascinée par les animaux. Leur beauté, leur liberté naturelle quand on leur en laisse le choix, leurs comportements complexes et la diversité de leurs capacités cognitives m’émerveillent.

Mon admiration pour eux a pris une dimension encore plus profonde lorsque j’ai étudié l’éthologie équine, un domaine qui m’a ouvert les portes de la psychologie animale. Plus j’en apprenais, plus je devenais sensible à leurs émotions… jusqu’à en devenir végétarienne il y a dix ans. Un choix que je ne regrette pas un seul instant : il a non seulement diversifié mes aliments et mes saveurs, mais aussi renforcé mon lien avec le vivant.

Ma curiosité m’a poussée à élargir mes centres d’intérêt. J’ai approfondi mes recherches pour m’intéresser à toutes ces petites vies qui nous entourent et qui, souvent, passent inaperçues. Mon objectif est simple : les aider du mieux possible, ne serait-ce que par une modeste contribution à la préservation de la biodiversité.

Un coin de paradis partagé

C’est ce que j’essaie de mettre en pratique dans le pré que je loue pour ma jument, Dame Betty, son compagnon Henjo, et les deux ânesses qui animent ce lieu : Capucine et Violette.

J’y ai réservé un espace pour créer un potager bio, non seulement pour mieux me nourrir, mais aussi pour attirer toute une petite faune bénéfique : insectes pollinisateurs, passereaux, petits mammifères… et, par ricochet, des rapaces diurnes et nocturnes !

J’ai également installé plusieurs points d’eau pour abreuver les oiseaux locaux, et cette année, j’y vois plein d’abeilles : un essaim de ces petites créatures bénéfiques a élu domicile dans le noyer qui jouxte la caravane-abri du pré. Quel plaisir d’entendre ce bourdonnement plein de vie !

 

L’installation de la « Caméra Mouv* »

Pour découvrir les différentes espèces de mammifères qui évoluent discrètement autour du lieu, j’ai récemment installé un point d’eau dans un bac à maçon, équipé d’une « Caméra Mouv* » (je change volontairement le terme usuel « piège », qui ne correspond pas à mon utilisation et surtout à mon éthique).

Pour l’instant, il est encore trop tôt pour attirer les grands animaux farouches, méfiants face à la nouveauté. Pourtant, les premiers résultats semblent déjà « ravir » certains oiseaux…


En attendant, voici à quoi ressemble l’espace dédié à l’abreuvement des mammifères sauvages. J’ai choisi un emplacement discret, à l’ombre et à la lisière d’un bosquet, pour faciliter les allées et venues.

J’ai hâte de partager avec vous les premières vidéos de ces rencontres nocturnes et discrètes au cœur du pré.

À très bientôt pour les premières images !

 

Wild Story #2: Face-à-face surprise avec le « petit ours » des campagnes

Quelle immense joie lorsque j’ai capturé, en mai 2025, les images de l’un de mes chouchous sauvages : le blaireau !

Derrière sa bouille attachante se cache pourtant un animal dont on se méfie souvent. Son mode de vie et son goût pour certains végétaux le placent régulièrement au cœur des débats sur la faune dite « nuisible » (ESOD). Loin de ces préjugés, ce grand mustélidé est un incroyable artisan de nos forêts. En creusant ses galeries, il aère la terre et peut même nous débarrasser de quelques limaces lorsqu’on a la chance qu’il passe au potager ! Plus surprenant encore, c’est un adepte de la colocation : il partage volontiers son grand réseau souterrain avec des renards ou des lapins ! 

Je préparerai d’ailleurs très bientôt un article complet pour explorer sa vie, son réseau souterrain à faire pâlir Internet, son incroyable sens de la colocation, mais aussi pour faire le point sur son statut juridique et la réalité de sa protection. 

 

La vidéo en quelques mots :
Intrigué par ma caméra mouv*, ce blaireau a décidé de venir inspecter l’objectif de très, très près… ce qui va provoquer une réaction totalement inattendue ! 

 

Wild Story #1 : Ouverture de la piscine pour moineaux friquets !

C’est en juillet 2025 que j’ai installé l’une de mes toutes premières caméras pièges. La qualité et l’angle de vue n’étaient pas  parfaits, mais cette séquence montre à quel point un geste tout simple peut être utile à la faune sauvage  

Un vieux plat récupéré, quelques cailloux pour leur servir de perchoirs sécurisés, et le point d’eau de mon jardin s’était transformé en une véritable attraction.

L’intrigue en quelques mots :

  • Les figurants: Une joyeuse bande de  moineaux friquets.
  • le contexte  : En plein cœur de l’été, l’accès à l’eau est vital. Les moineaux n’ont pas attendu bien longtemps pour s’approprier ce coin de fraîcheur et se lancer dans une séance de baignade collective !

 

 

Rencontre avec la Chouette chevêche

De l’émerveillement à la protection

Lorsqu’en 2024, j’ai croisé le regard de ma première chouette aux yeux d’or j’ai tout de suite craqué devant sa bouille adorable et ses petits cris qui rappellent des miaulements de chaton. Comment ne pas s’attacher à un tel oiseau ?

Cette rencontre m’a donné envie d’en savoir plus. J’ai lu les ouvrages qui lui sont consacrés et me suis rapprochée de spécialistes, jusqu’à devenir bénévole pour le Groupe 67 Chevêche. Notre équipe a pour mission de faire découvrir ce petit rapace nocturne, de sensibiliser le public à ses difficultés et de le protéger.

 

Un rapace nocturne vulnérable : les raisons du déclin

Autrefois très familière dans nos campagnes, la petite chouette a vu ses effectifs s’effondrer au cours du XXe siècle.
Ce déclin est lié à plusieurs facteurs, provoqués par les activités humaines :

  • La perte d’habitat : l’arrachage des haies et le déclin des vergers traditionnels à hautes tiges (ses terrains de chasse favoris) la privent des cavités naturelles indispensables pour nicher.
  • Pesticides et disparition des proies : l’utilisation intensive d’insecticides et de rodenticides (mort aux rats) dans l’agriculture élimine les gros insectes et empoisonne les petits rongeurs qui constituent la base de son alimentation, ce qui affecte forcément la chouette et peut la tuer à son tour.
  • La disparition des prairies et vergers: le passage à une agriculture intensive de monoculture détruit la diversité des paysages et les herbes rases où elle aime chasser deviennent rares …
  • Les pièges du quotidien :
– La rénovation des bâtiments anciens : elle condamne l’accès aux granges et aux combles où la chouette aimait s’abriter.
– Le trafic routier : sa faible hauteur de vol lorsqu’elle chasse la rend extrêmement vulnérable aux collisions avec les voitures.
– Les poteaux creux : les piquets métalliques ou les poteaux de lignes téléphoniques non coiffés se transforment en véritables pièges mortels où elle se retrouve coincée.
– Les points d’eau non sécurisés : les bacs à eau ou les abreuvoirs à bétail aux parois lisses provoquent de nombreuses noyades, car l’oiseau ne peut pas s’en extirper s’il y tombe en voulant boire ou se baigner.

 

Des nichoirs pour inverser la tendance
La bonne nouvelle, c’est que la chevêche réagit très bien aux efforts de protection. Les actions menées sur le terrain portent leurs fruits :

  • Un coup de pouce en 2025 : les bénévoles de notre groupe ont installé environ 500 nichoirs adaptés pour sécuriser sa reproduction.
  • Une population en hausse : grâce à ce travail de longue haleine, la tendance s’est inversée en une vingtaine d’années.
  • Un bilan positif : en 2025, on comptait entre 500 et 700 couples reproducteurs dans le Bas-Rhin. Une belle victoire pour la biodiversité locale.

 

Comment l’accueillir et l’aider chez vous ?

La chevêche d’Athéna est une alliée précieuse pour les agriculteurs et les jardiniers, notamment parce qu’elle régule les populations de campagnols.
Pour lui donner un coup de main, quelques réflexes simples suffisent :

  • Préserver les vieux arbres : gardez les vieux arbres creux qui offrent des cavités naturelles indispensables pour sa nidification.
  • Planter des arbres fruitiers : les vergers traditionnels sont ses milieux de vie préférés ! Ils profitent à la chevêche ainsi qu’à de nombreuses autres espèces en recherche de lieux propices pour nicher.
  • Éviter les produits chimiques : renoncer aux pesticides et aux poisons anti-rongeurs garantit à la chouette et à tant d’autres oiseaux, une nourriture saine et abondante.
  • Sécuriser les bacs d’eau : placez une petite rampe de sortie (planche de bois ou grillage) dans vos abreuvoirs ou récupérateurs d’eau pour que les oiseaux et les autres êtres vivants puissent s’en extirper s’ils y tombent.

 

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Pour en savoir plus, voici la fiche complète d’identité de la LPO