Le grand défilé de la vie sauvage

De petits pas, à tire d’aile, mon plan d’eau a fait des adeptes !

Après un mois et demi de patience et d’observations discrètes grâce à ma « Caméra Mouv », les visites dépassent toutes mes espérances. Ce simple bac d’eau fraîche, installé à la lisière des arbres, est devenu un point de ralliement vital.

Pour lancer cette toute nouvelle série « Wild Story« , je vous invite à vous installer tranquillement. Sur une douce mélodie de piano, découvrez le premier panorama de cette vie cachée, où se croisent petits passereaux, grands oiseaux et mammifères farouches. Ce n’est que le début de leurs histoires…

 

Comme je l’écris à la fin de cette séquence :
Merci à ces merveilleuses créatures de venir m’honorer de leurs passages.
Et un immense merci à toutes celles et ceux qui leur réserveront, chez eux, un petit coin d’eau fraîche.💕  

Point d’eau pour la faune sauvage

Ma modeste contribution à la biodiversité

Depuis toute petite, je suis fascinée par les animaux. Leur beauté, leur liberté naturelle quand on leur en laisse le choix, leurs comportements complexes et la diversité de leurs capacités cognitives m’émerveillent.

Mon admiration pour eux a pris une dimension encore plus profonde lorsque j’ai étudié l’éthologie équine, un domaine qui m’a ouvert les portes de la psychologie animale. Plus j’en apprenais, plus je devenais sensible à leurs émotions… jusqu’à en devenir végétarienne il y a dix ans. Un choix que je ne regrette pas un seul instant : il a non seulement diversifié mes aliments et mes saveurs, mais aussi renforcé mon lien avec le vivant.

Ma curiosité m’a poussée à élargir mes centres d’intérêt. J’ai approfondi mes recherches pour m’intéresser à toutes ces petites vies qui nous entourent et qui, souvent, passent inaperçues. Mon objectif est simple : les aider du mieux possible, ne serait-ce que par une modeste contribution à la préservation de la biodiversité.

Un coin de paradis partagé

C’est ce que j’essaie de mettre en pratique dans le pré que je loue pour ma jument, Dame Betty, son compagnon Henjo, et les deux ânesses qui animent ce lieu : Capucine et Violette.

J’y ai réservé un espace pour créer un potager bio, non seulement pour mieux me nourrir, mais aussi pour attirer toute une petite faune bénéfique : insectes pollinisateurs, passereaux, petits mammifères… et, par ricochet, des rapaces diurnes et nocturnes !

J’ai également installé plusieurs points d’eau pour abreuver les oiseaux locaux, et cette année, j’y vois plein d’abeilles : un essaim de ces petites créatures bénéfiques a élu domicile dans le noyer qui jouxte la caravane-abri du pré. Quel plaisir d’entendre ce bourdonnement plein de vie !

 

L’installation de la « Caméra Mouv* »

Pour découvrir les différentes espèces de mammifères qui évoluent discrètement autour du lieu, j’ai récemment installé un point d’eau dans un bac à maçon, équipé d’une « Caméra Mouv* » (je change volontairement le terme usuel « piège », qui ne correspond pas à mon utilisation et surtout à mon éthique).

Pour l’instant, il est encore trop tôt pour attirer les grands animaux farouches, méfiants face à la nouveauté. Pourtant, les premiers résultats semblent déjà « ravir » certains oiseaux…


En attendant, voici à quoi ressemble l’espace dédié à l’abreuvement des mammifères sauvages. J’ai choisi un emplacement discret, à l’ombre et à la lisière d’un bosquet, pour faciliter les allées et venues.

J’ai hâte de partager avec vous les premières vidéos de ces rencontres nocturnes et discrètes au cœur du pré.

À très bientôt pour les premières images !

 

Wild Story #2: Face-à-face surprise avec le « petit ours » des campagnes

Quelle immense joie lorsque j’ai capturé, en mai 2025, les images de l’un de mes chouchous sauvages : le blaireau !

Derrière sa bouille attachante se cache pourtant un animal dont on se méfie souvent. Son mode de vie et son goût pour certains végétaux le placent régulièrement au cœur des débats sur la faune dite « nuisible » (ESOD). Loin de ces préjugés, ce grand mustélidé est un incroyable artisan de nos forêts. En creusant ses galeries, il aère la terre et peut même nous débarrasser de quelques limaces lorsqu’on a la chance qu’il passe au potager ! Plus surprenant encore, c’est un adepte de la colocation : il partage volontiers son grand réseau souterrain avec des renards ou des lapins ! 

Je préparerai d’ailleurs très bientôt un article complet pour explorer sa vie, son réseau souterrain à faire pâlir Internet, son incroyable sens de la colocation, mais aussi pour faire le point sur son statut juridique et la réalité de sa protection

 

La vidéo en quelques mots :
Intrigué par ma caméra mouv*, ce blaireau a décidé de venir inspecter l’objectif de très, très près… ce qui va provoquer une réaction totalement inattendue ! 

 

Wild Story #1 : Ouverture de la piscine pour moineaux friquets !

C’est en juillet 2025 que j’ai installé l’une de mes toutes premières caméras pièges. La qualité et l’angle de vue n’étaient pas  parfaits, mais cette séquence montre à quel point un geste tout simple peut être utile à la faune sauvage  

Un vieux plat récupéré, quelques cailloux pour leur servir de perchoirs sécurisés, et le point d’eau de mon jardin s’était transformé en une véritable attraction.

L’intrigue en quelques mots :

  • Les figurants: Une joyeuse bande de  moineaux friquets.
  • le contexte  : En plein cœur de l’été, l’accès à l’eau est vital. Les moineaux n’ont pas attendu bien longtemps pour s’approprier ce coin de fraîcheur et se lancer dans une séance de baignade collective !

 

 

Rencontre avec la Chouette chevêche

De l’émerveillement à la protection

Lorsqu’en 2024, j’ai croisé le regard de ma première chouette aux yeux d’or j’ai tout de suite craqué devant sa bouille adorable et ses petits cris qui rappellent des miaulements de chaton. Comment ne pas s’attacher à un tel oiseau ?

Cette rencontre m’a donné envie d’en savoir plus. J’ai lu les ouvrages qui lui sont consacrés et me suis rapprochée de spécialistes, jusqu’à devenir bénévole pour le Groupe 67 Chevêche. Notre équipe a pour mission de faire découvrir ce petit rapace nocturne, de sensibiliser le public à ses difficultés et de le protéger.

 

Un rapace nocturne vulnérable : les raisons du déclin

Autrefois très familière dans nos campagnes, la petite chouette a vu ses effectifs s’effondrer au cours du XXe siècle.
Ce déclin est lié à plusieurs facteurs, provoqués par les activités humaines :

  • La perte d’habitat : l’arrachage des haies et le déclin des vergers traditionnels à hautes tiges (ses terrains de chasse favoris) la privent des cavités naturelles indispensables pour nicher.
  • Pesticides et disparition des proies : l’utilisation intensive d’insecticides et de rodenticides (mort aux rats) dans l’agriculture élimine les gros insectes et empoisonne les petits rongeurs qui constituent la base de son alimentation, ce qui affecte forcément la chouette et peut la tuer à son tour.
  • La disparition des prairies et vergers: le passage à une agriculture intensive de monoculture détruit la diversité des paysages et les herbes rases où elle aime chasser deviennent rares …
  • Les pièges du quotidien :
– La rénovation des bâtiments anciens : elle condamne l’accès aux granges et aux combles où la chouette aimait s’abriter.
– Le trafic routier : sa faible hauteur de vol lorsqu’elle chasse la rend extrêmement vulnérable aux collisions avec les voitures.
– Les poteaux creux : les piquets métalliques ou les poteaux de lignes téléphoniques non coiffés se transforment en véritables pièges mortels où elle se retrouve coincée.
– Les points d’eau non sécurisés : les bacs à eau ou les abreuvoirs à bétail aux parois lisses provoquent de nombreuses noyades, car l’oiseau ne peut pas s’en extirper s’il y tombe en voulant boire ou se baigner.

 

Des nichoirs pour inverser la tendance
La bonne nouvelle, c’est que la chevêche réagit très bien aux efforts de protection. Les actions menées sur le terrain portent leurs fruits :

  • Un coup de pouce en 2025 : les bénévoles de notre groupe ont installé environ 500 nichoirs adaptés pour sécuriser sa reproduction.
  • Une population en hausse : grâce à ce travail de longue haleine, la tendance s’est inversée en une vingtaine d’années.
  • Un bilan positif : en 2025, on comptait entre 500 et 700 couples reproducteurs dans le Bas-Rhin. Une belle victoire pour la biodiversité locale.

 

Comment l’accueillir et l’aider chez vous ?

La chevêche d’Athéna est une alliée précieuse pour les agriculteurs et les jardiniers, notamment parce qu’elle régule les populations de campagnols.
Pour lui donner un coup de main, quelques réflexes simples suffisent :

  • Préserver les vieux arbres : gardez les vieux arbres creux qui offrent des cavités naturelles indispensables pour sa nidification.
  • Planter des arbres fruitiers : les vergers traditionnels sont ses milieux de vie préférés ! Ils profitent à la chevêche ainsi qu’à de nombreuses autres espèces en recherche de lieux propices pour nicher.
  • Éviter les produits chimiques : renoncer aux pesticides et aux poisons anti-rongeurs garantit à la chouette et à tant d’autres oiseaux, une nourriture saine et abondante.
  • Sécuriser les bacs d’eau : placez une petite rampe de sortie (planche de bois ou grillage) dans vos abreuvoirs ou récupérateurs d’eau pour que les oiseaux et les autres êtres vivants puissent s’en extirper s’ils y tombent.

 

★★★

 

Pour en savoir plus, voici la fiche complète d’identité de la LPO

Sur un arbre perché ☆ série 3

Photographies d’oiseaux 

Découvrir la faune sauvage demande surtout de prendre son temps, de savoir écouter et d’avoir une bonne dose de patience. Cette troisième série de photos est dédiée aux oiseaux saisis dans l’intimité de leur environnement, tout simplement perchés au cœur des branches. Du discret Rouge-gorge à l’intrigante Buse, chaque observation est un moment de pur bonheur.

Les espèces observées dans cette série :

  • Mésanges : Charbonnière, Bleue.
  • Rapaces & Grands oiseaux : Buse variable, Cigognes blanches, Chevêche d’Athena.
  • Oiseaux des jardins et des bois : Moineaux friquets, Le Rouge-gorge familier, Pic épeiche, Orite à queue blanche nordique.

    ★★★

     

    Zoom sur la faune : L’Orite à queue blanche nordique

    J’ai eu la chance d’apercevoir un groupe de cette espèce virevoltant entre les branches d’un noyer. Ce sont leurs chants légers, légèrement électriques et mélodieux, qui ont attiré mon attention

    Un visiteur venu du froid :
    Cet oiseau vit habituellement sur un vaste territoire s’étendant de l’Europe du Nord jusqu’en Chine. Cependant, lors d’hivers rigoureux, certains spécimens traversent nos frontières pour trouver refuge chez nous.

 


Une solidarité exemplaire :

Les orites possèdent deux comportements fascinants qui renforcent leur survie dans des conditions difficiles :

         – Le dortoir collectif : Pour lutter contre le gel et se tenir chaud la nuit, elles se rassemblent et se collent les unes contre les autres, alignées sur une branche.

      – L’entraide familiale : Elles forment des groupes très unis où les adultes et les jeunes nés l’année précédente s’associent pour nourrir et élever la nouvelle génération.