Des regards féministes sur la gestion du Coronavirus

Une sélection d’articles afin d’ouvrir les œillères, et pour nourrir les propositions et réflexions collectives, plutôt que les injonctions ou interdictions.

Parce qu’en tant que féministes, le #RestesàlaMaison ne peut nous satisfaire pour traverser sereinement la période actuelle, et que les réflexions de chacun.e enrichiront celles collectives pour de meilleurs lendemains, toujours plus solidaires et débarrassés du patriarcapitalisme !

Nous relayons ici le texte du Collectif Le PA.F ( parents féministes ) publié le 13/03/20 parce qu’il pose de très bonnes questions concernant le soin et la garde des enfants au quotidien :

 » Dîtes, on se pose 2 sec pour réfléchir ensemble à une gestion féministe du #coronavirus svp ?

Parce que ce serait bien que ce ne soit pas les mêmes qui gardent les enfants, s’occupent des grands-parents, achètent du gel désinfectant pour toute la famille, etc.

Déjà, comment on décide (vraiment) à 2 qui s’occupe des enfants ? Ne vous méprenez pas : le télétravail avec des enfants en dessous de 3 ans, c’est illusoire (cf. le dernier thread de Béatrice Kammerer – journaliste sur Twitter).

Donc si l’un‧e des parents opte pour le #télétravail, il faut se mettre d’accord : quand est-ce que tu prends le relais ? Comment est-ce que tu m’aides à rattraper mon temps de travail perdu ? Comment est-ce que tu m’aides à gagner du temps ?

Une idée pour le parent qui pourra vraiment travailler : ce week-end, faire les courses pour toute la semaine à venir et cuisiner le plus de plats possibles en avance.
Attention : on fait ça en autonomie, sans demander de l’aide à parent #1. Merci d’avance.

Bien sûr, on ne fait pas de présentéisme. On rentre tôt et on prend le relais fissa. En arrivant, (on se lave les mains,) on remercie parent #1 pour sa journée de travail *gratuit* (parce que s’occuper des enfants, c’est du travail) et on ne fait pas de remarque sur l’état du domicile.

Autre rappel : gérer la garde des enfants, ce n’est pas forcément sous-traiter auprès d’un‧e nounou (qui a certainement des enfants dont l’école a aussi fermé) ou de la grand-mère (qui a assez donné et qu’il ne s’agit pas de contaminer).

Nos parents et grands-parents justement. On s’organise *ensemble* pour faire tourner : l’appel quotidien à l’aîné‧e dont l’Ehpad est maintenant fermé aux visites ; les courses pour l’aîné‧e qui habite encore à domicile mais doit se protéger ; etc.

En dehors de nos familles, soyons solidaires : aidons les soignant‧e‧s, les mères [ et pères ] célibataires, les vulnérables. Soyons aussi responsables : il ne s’agit pas de les contaminer. Mais on peut, par exemple, faire les courses pour eux.

Au passage, on ouvre les yeux : ce virus met à nu tout ce qui dysfonctionne. Pour que notre économie continue à produire, il faut du *care* (soins à l’hôpital, à la maison, etc.), soit du travail majoritairement féminisé, souvent racisé, largement sous-payé.

Nous allons collectivement (re)découvrir l’utilité et la vertu du travail de care en ce temps de crise. Il est temps de visibiliser ceux‧lles qui le font, de leur offrir des conditions de travail dignes et un salaire juste ✊🏿

Et ceux‧lles qui promeuvent le #télétravail et la garde d’enfants, on vous voit.
Ça en dit long sur 1. votre expérience de la garde d’enfants ; 2. le fait que la garde d’enfants n’est pas considéré comme un travail en soi.

C’est tout pour nous. Nous avons forcément oublié des enjeux et des solutions, à vous de jouer. Balancez les idées !  »

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« La romantisation de la quarantaine est un privilège de classe » Quarantaine à deux vitesses : repos et loisir pour les uns, précarité et risque sanitaire pour les autres.

D’autres questions se posent, comme celles du maintien des salaires pour tousTes, de l’accès au logement et aux soins. Des rapports de force restent à mener à différentes échelles au sein des boites et en dehors pour exercer le droit de retrait, ou d’entre-aide, y compris contre la généralisation de tout l’arsenal de technologies visant au maximum de contrôle de la population. Nous resterons solidaires, aux côtés et avec les exclu.e.s ou récalcitrant.e.s des [ illusoires ] zones de confort en système patriarcapitaliste. Aux côté de celleux qui détesteront toujours les frontières et les systèmes d’enfermements, et mettent en pratique la vie autonome et collective du quotidien.

Il faut aussi réfléchir aux problématiques liées aux violences conjugales, parce qu’il ne faudrait pas oublier que le foyer n’est pas forcément ni en permanence un lieu de protection pour tousTes… :

« Etre confiné.e chez soi avec une personne violente est dangereuse. Même s’il est déconseillé de sortir, il n’est pas interdit de fuir, [ou de demander de l’aide ] ! ( Message traduit d’associations féministes italiennes ) « 

Restons attentif.VE.s à notre voisinage/entourage. C’est aussi ça l’union et la solidarité. Ne restes pas seule face au danger, n’hésite pas à demander de l’aide, ou à fuir si besoin !

Quelques liens utiles pour le département 68 :

➡️ 3919 : le numéro de téléphone pour les femmes victimes de violences conjugales

➡️ 0800 08 11 11 : Ecoute, information, orientation « Contraception, sexualités, IVG »

➡️ Le Planning Familial 68 :
– les lundis et jeudis de 14h à 19h30
– les mardis de 14h à 16h30
– les mercredis de 14h à 16h
au 03.89.42.42.12

➡️ Solidarité Femmes 68, 1 Avenue de Bâle à Saint-Louis :
assoc@solidaritefemme68.fr, 03.89.70.02.21

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Un autre article qu’on vous conseille : Le validisme en période d’épidémie

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Enfin, on vous partage un lien vers un petit texte trouvé sur la page facebook du CLAQ – Comité de Libération et d’Autonomie Queer intitulé –> 🔴Réduction des risques communautaire à l’ère du coronavirus.  Ce petit texte ouvre des pistes de réflexions qui nous semblent intéressantes à réfléchir ( publié avant les mesures de confinement en fRance ) Quelques extraits ci-dessous :

(…) On va être d’accord sur un point et on ne transigera pas : pas d’injonction à l’abstinence, c’est contre-productif et dangereux. On a déjà donné au temps du sida et il est inutile de reproduire les erreurs du passé (…) Des camarades chemsexeurs ont mis en place de la réduction des risques (basée sur le nombre de partenaires à un moment donné) en limitant les sex party à 3 partenaires. C’est une idée pas idiote du tout car éventuellement, en réduisant le nombre de partenaires, on ne s’interdit pas d’avoir une sexualité et en même temps, on réduit le nombre de personnes qui pourraient être en contact avec le virus au même moment. C’est une proposition. (…) -ce n’est pas parce qu’on est jeune et en bonne santé qu’il faut se désintéresser de la prévention. C’est le collectif et la solidarité qui doivent prendre le pas sur l’individualisme-

Bon, et puisque le temps n’est pas à celui de la perte productiviste entrepreneuriale inutile, autant en profiter pour prendre soin de soi et des autres… On vous propose quelques titres de lectures en rapport avec le sujet, en espérant que les bibliothèques rouvriront vite leurs portes ( en attendant, si tu possèdes quelques livres cool en trop, penses à les mettre en partage d’une manière ou d’une autre ) :

  • Enfin insécurisée – Vivre libre malgré le totalitarisme sécuritaire, Eve Ensler, Denoël & d’ailleurs, 2015. Interpellée par l’obsession sécuritaire de nos sociétés contemporaines post-11 septembre, Eve Ensler évoque avec elles ce sentiment partagé d’insécurité et de vulnérabilité dans un environnement dangereux et menaçant pour les unes, ou au contraire ultra-vigilant et protégé pour les autres.
  • Notre corps, nous-mêmes, Collectif NCNM, Nouvelles édition : Hors d’atteinte, 2020
  • Insoumission à l’école obligatoire, Catherine Baker, Tahin Party, 2006. (  Texte intégral (2.6 Mo – format PDF) )
  • Rengainez on arrive ! Mogniss Abdallah, éditions Libertalia ( en accès libre PDF sur ce lien ) Chroniques des luttes contre les crimes racistes ou sécuritaires,
    contre la hagra policière et judiciaire (des années 1970 à aujourd’hui)
  • LE SEXISME, UNE AFFAIRE D’HOMMES, Valérie Rey-Robert, Libertalia, 2020. « Les violences patriarcales sont le produit d’un système de croyances dans lequel les hommes doivent dominer. La masculinité est partout liée au pouvoir et au contrôle ; les garçons l’apprennent dans leurs familles, par les médias, leurs copains, les jeux, le sport. Et tout en apprenant qu’il faut être fort et puissant, ils apprennent aussi que ce qui est féminin vaut moins que ce qui est masculin. »
  • Les livres des éditions ZONES sont tous en accès libre sur ce lien !!!

Des Bandes Dessinées :

  • BD : La Ligue des supers féministesMirion Malle, éditions La Ville Brûle.
  • BD : Septième étage, Åsa Grennvall, éditions L’AgrumeUne histoire de violence conjugale, racontée avec beaucoup de justesse et de simplicité. Sorte de journal intime en bande dessinée, le récit nous fait ressentir de l’intérieur le mécanisme de déconstruction de soi et d’asservissement au sein du couple.

Et pour les + jeunes :

 

  • +++ Une emission féministe de RadioRageuse réalisée par Dégenré-e  en date du 11/02/20 avec pleins de conseils de lectures, entrecoupées de supers musiques  –> Mardi, on lit

#SorroritéInternationale
#YouAreNotAlone

PS : La Secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a annoncé pour dès aujourd’hui et jusqu’au 31 mai, la possibilité de renouveler sa pilule contraceptive avec une ancienne ordonnance. Une mesure prise pour que les personnes prenant la pilule puissent continuer à disposer de leur corps même en cette période exceptionnelle.

Cette annonce s’applique également à tous les médicaments prescrits sur ordonnance.⁣

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