Le sauna et les bains romains : une culture et une tradition très populaires

Usagers des bains romains et du sauna, des membres du collectif La Victoire pour tous ont réalisé une série de sondages sur la fréquentation du sauna et des bains romains.  En voici quelques résultats anonymisés.

Sauna bassinAu sauna Femmes des Bains municipaux,  un mardi après-midi comme un autre…

 

 

Un mardi du mois de mars :

A.B.: 57 ans, vient depuis 16 ans 1 à 2 fois par semaine, infirmière
C.D.: 63 ans, vient depuis 40 ans 1 fois par semaine, éducatrice spécialisée
E.F.: 53 ans, vient depuis 10 ans 1 fois par semaine, sans profession
G.H.: 75 ans, vient depuis 50 ans 1 fois par semaine, agent d’entretien
I.J.: 67 ans, vient depuis 30 ans 1 fois par semaine, responsable administrative à l’université
K.L.: 45 ans, vient depuis 2 ans 1 fois par semaine, agent immobilier
M.N.: 69 ans, vient depuis 38 ans 2 fois par semaine, commis de cuisine
O.P.: 65 ans, vient depuis 30 ans 2 fois par semaine, lingère de crèche
R.S.: 69 ans, vient depuis 30 ans 2 fois par semaine, conseillère d’orientation
T.U.: 64 ans, vient depuis 20 ans 1 fois par semaine, agent immobilier
V.W.: 38 ans, vient depuis 1 an 1 à 2 fois par semaine, serveuse
X.Y:: 36 ans, vient pour la première fois, en recherche de travail à Pôle Emploi
Z.A.: 22 ans, vient depuis 4 ans 1 à 2 fois par semaine, étudiante
A.C.: 25 ans, vient depuis 1 an 1 fois par semaine, en recherche d’emploi
B.C.: 19 ans, vient pour la première fois, étudiante
D.E.: 66 ans, vient depuis 10 ans 1 fois par semaine, universitaire

                                                    Un mardi d’avril…

C.F.: 62 ans, vient depuis 35 ans, 1 à 2 fois par semaine, relations publiques
F.H.: 37 ans, vient pour la première fois, rédactrice en chef de magazine
H.I.: 33 ans, vient pour la première fois, fleuriste
G.J.: 57 ans, vient pour la première fois, chef de projet
J.K.: 24 ans, vient pour la première fois, étudiante
K.N.: 67 ans, vient depuis 20 ans, 2 fois par semaine, négociatrice
P.R.: 54 ans, vient depuis 25 ans, 1 fois par semaine, professeur
U.W.: 38 ans, vient 1 fois par mois, enseignante
Y.V.: 72 ans, vient depuis 40 ans 2 fois par semaine, artiste
B.E.: 62 ans, vient depuis 40 ans, 2 fois par semaine, professeur
N.T.: 59 ans, vient depuis 40 ans 1 à 2 fois par semaine, anesthésiste
T.A.: 55 ans, vient depuis 37 ans 1 fois par semaine, employée
B.T.: 44 ans, vient depuis 24 ans 2 fois par mois, assistante médicale
B.H.: 52 ans, vient depuis 10 ans 2 fois par mois, technicienne administrative
F.Z : 62 ans, vient depuis 10 ans 1 fois par mois, femme de ménage

Toutes ces personnes ont accepté sans réticence de fournir ces renseignements pour défendre le service public du sauna. Depuis, d’autres anciennes et d’autres nouvelles sont venues mais le sondage n’a pas besoin d’être élargi, il est significatif en soi.

Il ressort de cette courte enquête que tous les âges sont représentés, de 20 ans à 72 ans, que la fidélité au sauna est massive : parfois 40 ans, c’est-à-dire dès la prime jeunesse ! Sur 30 personnes interrogées, on trouve 24 professions différentes : de l’étudiante au médecin, en passant par la lingère, la cuisinière, l’employée, l’artiste ou l’enseignante.

La régularité de la présence hebdomadaire semble sans failles l’hiver. Toutes viennent une à deux fois par semaine, pour une durée de quelques heures.

Les habituées de longue date qui viennent de banlieue en tram disent ne pas avoir compris pourquoi le sauna de Schiltigheim a été fermé et reste inutilisé. Elles regrettent le gaspillage engendré par les robinets qui fuient, les peintures qui s’écaillent le long des tuyaux d’eau chaude. Elles apprécient les efforts du personnel pour maintenir à tout prix l’agrément des lieux. Toutes s’accordent à dire qu’elles ne pourront plus se payer un sauna à 40 euros et qu’elles tiennent à ce que soient préservées les séances femmes et la nudité.

Si le sauna de la Victoire est privatisé, il n’y aura plus d’établissement public à Strasbourg. Leur faudra-t-il aller à Colmar, à Ribeauvillé ou encore à Mulhouse pour trouver l’équivalent?

 

Bains Romains bassin chaudUn dimanche matin d’avril au bain romain mixte…

 

Usager habituel des Bains Romains, un membre du Collectif a discuté ce jour-là avec :

– un architecte, retraité
– une enseignante, retraitée
– une intermittente du spectacle, en activité
– une maquilleuse, en activité
– un fonctionnaire CUS (culture), retraité
– un fonctionnaire CUS (finances), retraité
– un fonctionnaire CUS, en activité
– un ouvrier dans une entreprise de transport, retraité
– un ouvrier, en activité
– une jeune femme, en stage de formation
– un ouvrier, de Schiltigheim
– un ouvrier, d’Entzheim, en activité
– un électricien, chef d’équipe, en activité
– un architecte, au chômage
– un cadre de la fonction publique territoriale, retraité

Souvent, en fin de matinée, arrivent des groupes de jeunes gens qui semblent être des étudiants. Ce ne sont pas des utilisateurs réguliers mais ils sont nombreux. Les habitués font remarquer que 15 euros, prix d’entrée du sauna ou du bain romain de Strasbourg, est un tarif relativement élevé, comparé aux 18 euros de Caracalla (6 saunas différents, des massages par jets sous l’eau, différentes piscines, des infrarouges, des salles de repos, une promenade extérieure…)

Au bain  romain comme au sauna, on constate que ce ne sont pas des bobos qui fréquentent les bains. Il y a là un lieu de non-ségrégation sociale, de vivre ensemble. Ce sont des personnes qui apprécient les bienfaits de l’eau, qu’elles y aient été amenées par leur culture alsacienne ou qu’elles aient été séduites par les équipements strasbourgeois. Pour toutes, le patrimoine a un sens concret quand elles franchissent le seuil de l’établissement de la Victoire.

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